Le moteur 1.2 PureTech : quels modèles bénéficient du soutien de Stellantis ?

Depuis la fin de l’année dernière, Stellantis s’est engagé à accompagner ses clients affectés par des défauts notoires sur le moteur trois cylindres 1,2 litre PureTech. La mise en place récente d’une plateforme d’indemnisation marque une étape concrète dans la résolution de ce dossier épineux, qui touche un parc conséquent d’automobiles des marques Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel, et même Toyota, au sein d’un groupe désormais incontournable. Ce dispositif répond notamment à des dysfonctionnements liés à la surconsommation d’huile et à la fragilité des courroies de distribution, problématiques récurrentes qui ont assombri l’image technique de ce bloc moteur populaire. En s’attardant sur les modèles concernés, il devient clair que l’héritage industriel de ce moteur traverse une décennie, avec des nuances importantes en fonction des variantes et des périodes d’équipement.

Moteur 1.2 PureTech : quels sont les problèmes à l’origine de l’indemnisation par Stellantis ?

Au-delà d’une simple mécanique, le 1.2 PureTech a longtemps séduit par sa compacité et ses performances adaptées à une conduite urbaine et péri-urbaine. Cependant, ces qualités techniques ont été ternies par deux reproches majeurs adressés par les automobilistes et les ateliers : une consommation d’huile excessive et une usure prématurée de la courroie de distribution. Dans les détails, ces problèmes affectent deux périodes techniques distinctes, chacune introduisant un lot de fragilités spécifiques.

  • Surconsommation d’huile : cela concerne d’abord les moteurs équipés avant la norme Euro 6.2, produits d’avril 2014 à juillet 2018, souffrant d’une segmentation défectueuse des pistons. Ensuite, les blocs plus récents, respectant Euro 6.2 et produits jusqu’en février 2023, présentent des soucis liés au séparateur d’huile.
  • Courroie de distribution : ce composant fait défaut sur des moteurs atmosphériques de 1,0 et 1,2 litre PowerTech produits de juin 2012 à juin 2022, ainsi que sur des versions turbocompressées (100 ch à 155 ch) assemblées entre avril 2014 et juin 2022.
Problème Période de production Type de moteur
Surconsommation d’huile (segmentation) Avril 2014 – Juillet 2018 1.2 PureTech pré-Euro 6.2
Surconsommation d’huile (séparateur d’huile) Février 2018 – Février 2023 1.2 PureTech Euro 6.2 et plus
Usure prématurée de la courroie de distribution Juin 2012 – Juin 2022 1.0 & 1.2 PureTech atmosphérique et turbo

Un soutien étendu, mais encore sélectif

Si cette initiative de Stellantis facilite l’indemnisation des réparations déjà engagées par les propriétaires, elle ne concerne pas encore certains moteurs récents BlueHDi frappés par des défaillances sur la chaîne de distribution. Ce choix souligne un contrôle rigoureux des cas à traiter, évitant une prise en charge généralisée qui pourrait diluer la qualité du suivi. En somme, une vérité technique complexe que le groupe doit traiter avec parcimonie pour maintenir un équilibre entre assistance client et rigueur industrielle.

Parcours des modèles concernés : une cartographie précise des véhicules équipés

La liste des modèles équipés de ce moteur rend compte non seulement de la diversité des applications de la motorisation 1.2 PureTech, mais également de sa pénétration transversale dans les différents univers du groupe Stellantis et des partenaires alliés, comme Toyota avec son Proace City. Ce rappel s’impose pour que chaque propriétaire sache si son véhicule figure parmi les bénéficiaires de ce dispositif d’indemnisation.

  • Citroën : C1 II (82 ch 2014-2018), C3 II & III (68-110 ch 2014-2022), C3 Picasso, C3 Aircross, C4 II & III, C4 Picasso/SpaceTourer, C4 Cactus, C5 Aircross, Berlingo II et III.
  • DS Automobiles : DS 3, DS 3 Crossback, DS4 I & II, DS7 Crossback entre 2014 et 2022, avec des puissances de 82 à 155 chevaux.
  • Peugeot : De la 108 à la 508 II, en passant par les 208 I & II, 308 II & III, 2008 I & II, 3008 I & II, 5008 I & II, Partner II & III, ainsi que la Rifter, produites entre 2014 et 2022.
  • Opel : Corsa 6, Crossland X, Mokka, Grandland X, tous évoluant entre 2017 et 2022 avec des motorisations entre 75 et 155 chevaux.
  • Toyota : Proace City, produit également dans la même fourchette temporelle avec les motorisations de 110 et 130 chevaux.
Marque Modèle Période Motorisations 1.2 PureTech concernées (ch)
Citroën C3 III 2017 – 06/2022 68, 82, 110
DS Automobiles DS 3 Crossback 2019 – 06/2022 100, 130, 155
Peugeot 208 II 2019 – 06/2022 75, 100, 130
Opel Corsa 6 2019 – 06/2022 75, 100, 130
Toyota Proace City 2019 – 06/2022 110, 130

Un réseau large mais des nuances essentielles

L’ampleur du déploiement de ce moteur dans les gammes des différentes marques impose une vigilance sur les spécificités de chaque déclinaison. Certaines versions plus anciennes des PureTech, notamment les moteurs atmosphériques en 68 et 72 chevaux, sont souvent moins concernées par des pannes graves que leurs homologues turbocompressés. À l’inverse, les modèles les plus puissants de 155 chevaux restent parmi les plus exposés aux défaillances techniques, d’où l’importance d’un suivi précis et régulier.

De la technique à la prise en charge : comprendre la mécanique des indemnisations

Au-delà des aspects purement mécaniques, ce dossier témoigne d’un rapport subtil entre constructeur et usager. L’indemnisation proposée par Stellantis vise à souligner un engagement nouveau, traduit par une plateforme dédiée et des procédures claires, offrant à chacun la possibilité de faire valoir ses droits. Cette démarche revêt une dimension aussi juridique qu’éthique dans un contexte d’attente légitime.

  • Période d’éligibilité : réparations engagées entre le 1er janvier 2022 et le 18 mars 2024.
  • Conditions : motorisations purement 1.2 PureTech concernées par les défauts techniques identifiés, notamment sur la courroie ou le système de lubrification.
  • Démarche : dépôt des demandes sur la plateforme officielle de Stellantis, accompagnée de justificatifs de dépenses.

L’entretien, un rempart mais pas un remède absolu

Si le soin apporté à la maintenance régulière est le premier rempart contre l’usure prématurée, il ne peut nier l’existence de défauts structurels qui dépassent le simple entretien. Cela pose la question du rôle du constructeur dans la gestion post-vente et de sa responsabilité face à des mécaniques parfois fragiles, surtout dans un contexte où la réduction des émissions impose des concessions techniques.

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