The Social Reckoning : Sorkin défend ses reshoots et écarte Trump

Trois jours de tournage supplémentaires, mais pas de volte-face : Aaron Sorkin défend ses choix créatifs et politiques.

Aaron Sorkin refuse de présenter les reshoots de The Social Reckoning comme une réponse aux réactions mitigées à la bande-annonce. Le cinéaste défend des retouches créatives, pas une opération de sauvetage dictée par le bruit ambiant.

Sommaire3 sections
  1. 01Trois jours de rab, pas un mea culpa
  2. 02Soixante-dix spectateurs, tous de la maison
  3. 03Le 6 janvier, sans le nom de Trump

Présenté comme la suite de The Social Network, sorti en 2010, le film met en scène Frances Haugen, ancienne ingénieure de Facebook, et le journaliste Jeff Horwitz autour de la révélation des pratiques de l’entreprise. Sorkin place cette fois au centre du récit le rôle de Facebook dans la division, l’extrémisme et l’hyper-partisanerie. C’est son intention déclarée, pas encore un verdict sur ce que le long métrage accomplit à l’écran.

Le débat porte donc sur deux choix distincts : ce que Sorkin a voulu retourner, et ce qu’il a décidé de ne pas nommer.

Trois jours de rab, pas un mea culpa

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Les prises supplémentaires ont eu lieu après la diffusion de la bande-annonce. Cette chronologie est bien celle que Sorkin commente, mais il conteste le lien de cause à effet avec son accueil mitigé. Son explication est plus simple : il voulait améliorer le film. On peut constater la succession des événements sans faire du trailer le coupable automatique. Le calendrier ne fait pas tout le boulot.

Le cinéaste détaille aussi l’intervention de Tom Rothman. À la demande du dirigeant de Sony, Sorkin a proposé de réécrire et de retourner des scènes; Rothman a financé trois jours de tournage supplémentaires. Le récit distingue donc une proposition de travail sur le film, son financement par le studio et la réaction publique à sa promotion. Sorkin rattache les reshoots aux deux premières étapes, pas à la troisième.

Soixante-dix spectateurs, tous de la maison

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Les projections tests offrent un autre éclairage sur les conditions de fabrication. Selon Sorkin, chaque séance réunissait 70 personnes, toutes employées de Sony. Le studio cherchait à préserver le secret autour du film. Ce n’était donc pas un panel recruté hors de l’entreprise, mais un public interne, dans un cadre délibérément fermé.

Cette précision compte lorsqu’on parle de réception : les réactions à une bande-annonce et celles recueillies pendant ces séances ne proviennent pas du même dispositif. Les confondre reviendrait à mélanger promotion publique et travail en salle de montage. Une projection à huis clos n’est pas un référendum sur Internet.

Le 6 janvier, sans le nom de Trump

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Le choix politique le plus net concerne la reconstitution des événements du 6 janvier. Le film ne nomme pas Donald Trump et Sorkin explique avoir également écarté toute signalétique MAGA. Il ne retire donc pas cet épisode du récit; il choisit de le représenter sans ces marqueurs. Une absence volontaire, pas un oubli.

Sorkin présente son film comme une histoire de polarisation alimentée par Facebook, plutôt que comme un affrontement entre camps politiques. C’est là que se situe son parti pris : déplacer l’attention vers le rôle de la plateforme dans la division, l’extrémisme et l’hyper-partisanerie. Son intention ne permet pas, à elle seule, de juger l’effet de ce choix de mise en scène. La sortie de The Social Reckoning est annoncée pour le 9 octobre.

Bande-annonce VF de The Social Reckoning

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