Google mise sur six sites nucléaires pour sécuriser son électricité

ValentinTech7 octobre 2026

Vingt ans de contrat, onze réacteurs à moderniser : Google muscle son alimentation, mais le réseau électrique reste sous pression.

Google a signé avec Constellation un accord d’achat d’électricité de vingt ans lié à la modernisation de six sites nucléaires américains. Pour alimenter son expansion, le géant du numérique revient à une réalité nettement moins virtuelle : il faut des mégawatts.

Sommaire3 sections
  1. 01Du neuf avec les réacteurs d’hier
  2. 02Deux contrats, pas le même courant
  3. 03Le cloud tire, la facture suit

Les travaux doivent porter sur onze réacteurs répartis dans l’Illinois, en Pennsylvanie et au New Jersey. Tous sont reliés à PJM, un réseau confronté à la demande croissante des centres de données dédiés à l’IA. L’enjeu dépasse donc le tête-à-tête entre Google et son fournisseur : cette consommation supplémentaire s’inscrit dans un système où la protection des autres clients contre la hausse des factures fait déjà débat.

Acheter de l’électricité sur vingt ans et ajouter de la puissance au réseau sont deux étapes différentes. Le contrat est signé; les capacités supplémentaires, elles, dépendent encore des équipements à installer.

Du neuf avec les réacteurs d’hier

Google et Constellation prévoient que les améliorations réalisées au cours des cinq prochaines années ajouteront au total 890 MW de capacité nucléaire. Il s’agit de moderniser des installations existantes, pas d’annoncer six nouvelles centrales. La distinction compte : le chiffre décrit un gain de puissance attendu sur le parc, et non une capacité déjà disponible.

Constellation présente les investissements associés à ces améliorations comme représentant plus de 4,3 milliards de dollars. Ce montant correspond aux travaux annoncés, pas à un chèque de cette valeur dont Google serait nécessairement l’unique signataire. L’accord d’achat sur vingt ans constitue le volet commercial de l’opération; on ne peut pas en déduire le prix de l’électricité achetée.

La durée du contrat et le calendrier des travaux racontent deux temporalités : Google s’engage à long terme, tandis que l’augmentation de capacité doit se matérialiser progressivement dans les cinq prochaines années. Les 890 MW sont donc un objectif industriel annoncé par les entreprises, pas une réserve que les centres de données peuvent mobiliser dès maintenant.

Deux contrats, pas le même courant

Google a également conclu avec Constellation un accord distinct de fourniture d’énergie sur quinze ans. Celui-ci porte sur 2 700 MW de capacités exploitées au sein de PJM, sans restriction de source d’énergie. Autrement dit, cette seconde opération ne se limite pas au nucléaire.

Les 890 MW et les 2 700 MW ne racontent pas la même chose. Le premier chiffre désigne la capacité supplémentaire attendue des modernisations; le second, les capacités couvertes par un autre accord de fourniture. Les additionner pour présenter un grand total de nouvelles capacités nucléaires serait séduisant. Ce serait aussi faux.

Cette différence éclaire la démarche de Google : l’entreprise associe un engagement lié à l’augmentation de la puissance nucléaire à un contrat d’approvisionnement plus large. Sécuriser son alimentation électrique et soutenir de nouvelles capacités sont des objectifs liés, mais ils ne se confondent pas avec une alimentation exclusivement nucléaire.

Le cloud tire, la facture suit

Sur PJM, la pression des centres de données dédiés à l’IA a déjà une traduction réglementaire. Un projet d’enchère énergétique a été reporté après une directive de la FERC demandant de renforcer les protections contre une hausse des factures des autres clients. La question n’est donc plus seulement de trouver du courant : elle porte aussi sur la répartition des coûts.

Au New Jersey, les prix de l’électricité ont augmenté de 54 % en cinq ans. Ce chiffre ne permet pas d’attribuer la hausse à Google, ni à ce nouvel accord. Il situe en revanche le contexte dans lequel les besoins des centres de données viennent peser sur le réseau. Le consommateur, lui, ne paie pas sa facture en promesses de capacité future.

Le rapport de durabilité de Google fait apparaître une autre tension : sur l’année précédente, sa demande d’électricité a progressé de 37 %, tandis que ses émissions ont augmenté de 18 %. L’entreprise contractualise aujourd’hui des améliorations nucléaires attendues sur cinq ans; sa consommation, elle, a déjà accéléré.

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