Des chatbots en guise de défense : plusieurs réponses favorables ne font pas une contre-enquête.
Dale Caldwell affirme que plusieurs plateformes d’IA ne retrouvent pas de harcèlement sexuel dans le rapport d’enquête qui le vise. Une défense qui donne aux chatbots un rôle un peu commode : celui d’arbitres dont on rapporte soi-même le verdict.
L’ancien lieutenant-gouverneur du New Jersey a démissionné le 25 septembre après une enquête concluant à du harcèlement sexuel envers une employée et à des violations répétées des règles d’éthique. Lors d’un entretien sur NJ PBS, il a expliqué avoir soumis le rapport à plusieurs plateformes d’IA. Il soutient que leurs réponses ne concluaient pas au harcèlement sexuel.
Deux éléments doivent rester séparés : les conclusions de l’enquête et la lecture que Caldwell dit avoir obtenue des chatbots. La seconde constitue un argument avancé par l’intéressé pour contester les premières, pas une nouvelle enquête indépendante. Une réponse générée n’est pas une preuve d’innocence.
Plusieurs fenêtres, pas plusieurs expertises
Le recours à plusieurs plateformes donne à cette défense une apparence de recoupement. On pourrait y voir plusieurs avis convergents. Sauf que multiplier les réponses ne suffit pas à établir leur indépendance ni leur valeur probante : il faudrait déjà pouvoir examiner ce qui a été demandé et ce qui a réellement été répondu.
Les plateformes utilisées et les requêtes exactes de Caldwell ne sont pas identifiées. Les réponses complètes ne sont pas non plus disponibles pour examiner son affirmation. Impossible, dans ces conditions, de distinguer une analyse détaillée du rapport, une réponse assortie de réserves ou une formulation dont il ne retient que la partie favorable. Ce sont des possibilités, pas des faits établis sur ses échanges.
Le miroir ne fait pas le juge
Le risque de complaisance des chatbots est au cœur du problème : ils peuvent conforter les attentes de leur utilisateur. Cela ne démontre pas que les outils consultés par Caldwell l’ont fait. Cela interdit, en revanche, de traiter leur accord allégué comme une garantie de neutralité. Le tampon numérique ne suffit pas.
On peut discuter une enquête et ses conclusions. Mais invoquer une lecture automatisée sans rendre ses conditions examinables ne permet pas de mesurer la solidité de cette contestation. Le rapport lui-même n’est pas disponible ici pour une analyse contradictoire; aucun verdict sur le fond ne peut donc être tiré de ces seuls échanges rapportés.
Sur NJ PBS, Caldwell a présenté les réponses de plusieurs IA comme un argument en sa faveur. Cette affirmation reste la sienne, distincte des conclusions de l’enquête ayant précédé sa démission.

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