“Son seul ami était son arme !”
Le Samouraï retrace les derniers jours de Jef Costello, un tueur à gages parisien méthodique et solitaire, dont la vie ritualisée bascule après un contrat exécuté dans une boîte de jazz. Confronté à la police et à la trahison de ses employeurs, il navigue dans un univers clos où chaque geste compte. Réalisé par Jean-Pierre Melville, ce film noir franco-italien de 1967 met en scène un héros impassible inspiré des mythes samouraïs et du polar américain.
Synopsis
Jef Costello prépare avec précision un assassinat commandité dans le club Martey's. Malgré des témoins oculaires, dont la pianiste Valérie, il échappe aux soupçons initiaux grâce à un alibi solide fourni par sa compagne Jane et des joueurs de poker clandestins. Le commissaire en charge de l'enquête, incarné par François Périer, le surveille de près, tandis que les commanditaires tentent de l'éliminer pour couvrir leurs traces (Source : Wikipédia, 2024 ).
Revenue chez lui, Jef découvre un micro posé par la police, signalé par l'agitation de son bouvreuil. Il confronte les intermédiaires et remonte jusqu'à Olivier Rey, le véritable donneur d'ordre. La traque culmine dans une confrontation finale au club, où les destins s'entrecroisent sans retour possible.
Fiche technique et production
Jean-Pierre Melville réalise et co-écrit Le Samouraï avec Georges Pellegrin, sur une musique minimaliste de François de Roubaix. La photographie est signée Henri Decaë, le montage par Monique Bonnot. Produit par CICC et Fida Cinematografica, le film sort le 25 octobre 1967 en France, en couleur Eastmancolor, pour une durée de 105 minutes (Source : IMDb; Wikipédia ).
Le tournage débute en avril 1967 aux studios Jenner de Melville à Paris. Le 29 juin, un incendie ravage ces derniers, détruisant les décors ; le décorateur François de Lamothe les reconstruit en deux semaines à Saint-Maurice. Melville qualifie l'événement de « suspect » ; seul l'oiseau de Jef périt dans les flammes (Source : The Beverly Theater, 2026 ).
Les lieux de tournage incluent Paris : le garage clandestin à Montreuil (118 rue de Saint-Antoine), la filature dans le métro aux stations Télégraphe et Jourdain, la passerelle sur voies ferrées à Ivry. L'appartement de Jef évoque une ascèse japonaise, renforcée par une citation apocryphe du Bushido en ouverture.
Distribution
Alain Delon incarne Jef Costello, tueur taciturne au trench-coat et fedora iconiques. François Périer joue le commissaire obstiné ; Nathalie Delon, épouse du comédien à l'époque, est Jane Lagrange. Cathy Rosier (créditée Caty Rosier) tient le rôle de Valérie, la pianiste témoin clé (Source : Wikipédia ).
- Jacques Leroy : l'homme de la passerelle
- Michel Boisrond : Wiener
- Jean-Pierre Posier : Olivier Rey
- Robert Favart : barman du Martey's
- Catherine Jourdan : fille du vestiaire
Delon, rencontré par Melville fin des années 1950, est le héros écrit sur mesure. Nathalie Delon divorce peu après le tournage, obtenant la garde de leur fils Anthony.
Contexte et style
Melville puise dans le roman The Ronin de Joan MacLeod et Tueur à gages de Frank Tuttle (1942), mêlant polar américain des années 1940, culture pop française des 1960 et mythes samouraïs. Le style épuré évoque les estampes japonaises : gestes ritualisés, plans fixes, espaces vides. Les scènes d'action privilégient la précision professionnelle sur le spectacle (Source : Criterion Collection; Cineclub de Caen ).
La séquence d'ouverture fixe sur Jef et son oiseau pose un comportementalisme pur : entrées-sorties cadrées, absence de superflu. Melville, indépendant après refus de certification, contrôle tout via ses studios. Ce film suit Le Deuxième souffle (1966), consolidant son esthétique minimaliste.
Réception critique et box-office
Sorti le 25 octobre 1967, Le Samouraï attire 1,9 million de spectateurs en France, renforçant l'attrait commercial de Melville. La presse mainstream salue la maîtrise du genre policier ; en revanche, Positif et Cahiers du cinéma le critiquent comme escapisme distant des préoccupations sociales (Source : The Beverly Theater, 2026; Wikipédia ).
Nommé aux SIYAD Awards 1969 (Turquie) pour meilleur film étranger (2e place). Sélectionné en Cannes Classics 2024. Nomé référence pour le cinéma mondial, il divise initialement mais s'impose comme classique du film noir.
Héritage et influences
Jef Costello inspire Léon dans Léon de Luc Besson, Travis Bickle dans Taxi Driver de Scorsese, ou le tueur de The Killer de Fincher. John Woo (The Killer), Jim Jarmusch (Ghost Dog), Michael Mann (Heat) citent Melville et Delon. Ryan Gosling dans Drive évoque le charisme solitaire de Delon (Source : Wikipédia ).
- Quentin Tarantino : influence sur Reservoir Dogs
- Johnnie To : hommages récurrents
- Chad Stahelski : John Wick
- Antoine Fuqua : The Equalizer
De la Nouvelle Hollywood à Hong Kong et Hollywood contemporain, le film façonne l'archétype du tueur solitaire. Sa projection en festivals perpétue son statut culte.
Critique sur Le Samouraï
Où regarder en streaming Le Samouraï
Le Samouraï est disponible en streaming par abonnement sur MUBI et MUBI Amazon Channel, à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek, ARTE VOD et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek, ARTE VOD et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Le Samouraï figurent Jef Costello, interprété par Alain Delon, Superintendant, interprété par François Périer et Jane Lagrange, interprété par Nathalie Delon. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.































