“Quand je te réveillerai... tu seras mort.”
Deux yeux maléfiques naît à la fin des années 1980 comme projet d’anthologie consacré à Edgar Allan Poe, initialement pensé avec quatre segments réalisés par George A. Romero, Dario Argento, Stephen King et John Carpenter, avant de se réduire à deux épisodes signés par Romero et Argento seuls (Source : Wikipédia italien, 2007). Cette orientation témoigne de la volonté de proposer un hommage collectif au corpus fantastique de Poe, dans la lignée d’autres films à sketches de la période, même si la configuration finale recentre le projet sur la rencontre entre deux cinéastes déjà identifiés par leur travail dans l’horreur moderne. Coproduction italo-américaine, le film rassemble des sociétés telles qu’ADC Films et Gruppo Bema, associées à Heron Communications pour la partie américaine, ce qui permet un financement croisé et une diffusion internationale sous différents titres, dont Due occhi diabolici en italien et Dos ojos diabólicos dans certains territoires hispanophones (Source : Wikipédia, 2007 ; IMDb, 2021). Le tournage s’effectue principalement aux États-Unis, notamment à Pittsburgh, en Pennsylvanie, dans une demeure située au 1250 Fox Chapel Road pour le segment « The Facts in the Case of Mr. Valdemar », consolidant l’ancrage géographique du film dans un environnement associé de longue date à l’œuvre de Romero (Source : IMDb, 2021). Par ailleurs, la durée globale du programme avoisine 115 à 120 minutes selon les sources et les montages, ce qui en fait un long métrage structuré en deux récits de longueur comparable (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017).
Structure anthologique et sources littéraires
Le film adopte une structure anthologique très nette en se divisant en deux segments autonomes, chacun directement inspiré d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, même si les scénarios s’autorisent des transpositions contemporaines et des ajustements narratifs (Source : Wikipédia, 2007 ; AlloCiné, 2009). Le premier épisode, réalisé par George A. Romero, reprend « The Facts in the Case of M. Valdemar » et met en scène un mourant placé en état d’hypnose par son épouse et son amant, qui cherchent à manipuler son testament, introduisant ainsi un motif de complot financier et de contrôle mental qui débouche sur une forme d’horreur à la fois surnaturelle et morale (Source : AlloCiné, 2009 ; MYmovies, 2017). Le second segment, signé Dario Argento, revisite « The Black Cat » en la centrant sur un photographe spécialisé dans les scènes criminelles, dont la vie domestique est bouleversée par sa relation avec un chat noir et avec sa compagne, construisant une trajectoire de dérive psychologique nourrie par la culpabilité et la violence (Source : MYmovies, 2017 ; Wikipédia, 2007). Les deux récits exploitent des éléments récurrents chez Poe – l’hypnose, le rapport au cadavre, l’animal comme révélateur de la culpabilité – mais les inscrivent dans des univers visuels et dramaturgiques distincts, correspondant aux sensibilités respectives de Romero et Argento (Source : MYmovies, 2017). Cette même année de sortie, l’ancrage dans Poe s’inscrit dans un contexte où l’adaptation de la littérature fantastique du XIXe siècle demeure un vecteur important pour le cinéma d’horreur international (Source : MYmovies, 2017).
Intrigue du segment « The Facts in the Case of Mr. Valdemar »
Dans le segment réalisé par George A. Romero, Jessica Valdemar, épouse d’un homme fortuné en fin de vie, et son amant, le docteur Robert Hoffman, utilisent l’hypnose pour contraindre M. Valdemar à modifier son testament en leur faveur, ce qui installe d’emblée un cadre de manipulation et de calcul financier (Source : AlloCiné, 2009 ; IMDb, 2021). Lorsque Valdemar meurt alors qu’il est encore sous hypnose, les deux protagonistes décident de dissimuler le décès afin de préserver leurs intérêts, plaçant le corps dans une chambre froide en attendant de finaliser les démarches nécessaires, ce qui introduit un décor clos propice à l’angoisse (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017). Progressivement, la situation se dégrade à mesure que la voix de Valdemar, perçue comme provenant d’un entre-deux entre la vie et la mort, intervient pour évoquer la présence d’« autres » entités et menace de faire échouer le plan de Jessica et Robert, superposant ainsi l’élément surnaturel à la trame criminelle (Source : Wikipédia, 2007). Le récit suit la montée de la tension psychologique et l’effritement du duo d’amants, confrontés à la fois à leur propre culpabilité et à une forme de retour du mort, avant de basculer dans une résolution marquée par la violence et l’effondrement du projet initial (Source : MYmovies, 2017). En parallèle, le segment exploite un environnement quasi huis clos, renforçant l’impression de claustrophobie relevée par certains commentateurs italiens qui décrivent un ton proche de la télévision, mais toujours ancré dans la logique narrative de Romero (Source : MYmovies, 2017).
Intrigue du segment « The Black Cat »
Le second épisode, dirigé par Dario Argento, suit Rod Usher, photographe spécialisé dans les images de crime et de violence, dont le quotidien est partagé avec Annabel, une musicienne, et un chat noir qui devient progressivement l’objet d’une fixation hostile (Source : IMDb, 2021 ; MYmovies, 2017). Au fil des jours, une antipathie croissante s’installe entre Rod et l’animal, tandis que la protection affichée d’Annabel à l’égard du chat accentue les tensions au sein du couple, faisant du foyer un espace de conflit latent (Source : Wikipédia, 2007). Poussé à bout, Rod finit par tuer le chat lors d’une séance de prises de vue qu’il organise autour de l’animal, geste qui conjugue sa pratique professionnelle et sa violence privée, puis il tente de dissimuler son acte, enclenchant une spirale de mensonges et de dissimulation (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017). Lorsque la situation dégénère davantage, le personnage se retrouve impliqué dans des actes criminels plus graves, notamment la disparition d’Annabel, et choisit de dissimuler ses traces derrière un mur, dans un dispositif qui renvoie au motif de l’ensevelissement cher à Poe (Source : MYmovies, 2017). Le retour du chat ou de sa trace, dans ce contexte, intervient comme élément déclencheur de la révélation de la vérité, prolongeant le thème de la culpabilité matérialisée par l’animal et soulignant la dimension psychologique du récit (Source : MYmovies, 2017 ; Wikipédia, 2007).
Réalisateurs, mise en scène et esthétique
George A. Romero et Dario Argento abordent chacun leur segment avec une approche formelle qui reflète leurs univers respectifs, tout en restant articulée autour du matériau littéraire de Poe (Source : MYmovies, 2017). Le segment de Romero adopte une mise en scène décrite comme plus « claustrophobique » et proche de certains codes de la télévision, selon des analyses italiennes, en privilégiant des décors restreints, l’importance des dialogues et une progression dramatique centrée sur la psychologie des personnages et les conséquences de leurs choix (Source : MYmovies, 2017). À l’inverse, le segment d’Argento se distingue par un traitement plus visuel, avec une attention marquée aux compositions, à la couleur et à la dimension iconographique de la violence, ce qui est souligné par des critiques qui évoquent des « suggestioni di taglio visionario » pour qualifier son travail (Source : MYmovies, 2017). Par ailleurs, la présence d’effets gore et de scènes graphiques s’inscrit dans la continuité des recherches formelles des deux cinéastes à la fin des années 1980, tout en restant au service d’un récit inspiré de la littérature fantastique du XIXe siècle (Source : MYmovies, 2017 ; Wikipédia, 2007). Le film, dans son ensemble, articule ainsi une esthétique hybride, entre horreur psychologique, imagerie macabre et ancrage contemporain, en s’appuyant sur une photographie et des décors qui situent l’action dans un environnement urbain et domestique identifiable, plutôt que dans un cadre gothique intemporel (Source : MYmovies, 2017).
Distribution, personnages et interprétations
La distribution de Deux yeux maléfiques réunit des acteurs américains et britanniques reconnus, parmi lesquels Adrienne Barbeau, Harvey Keitel, Ramy Zada, Madeleine Potter, John Amos, Sally Kirkland, Kim Hunter, Martin Balsam et E. G. Marshall, qui incarnent les protagonistes des deux segments (Source : IMDb, 2021 ; Wikipédia, 2007). Dans « The Facts in the Case of Mr. Valdemar », Adrienne Barbeau interprète Jessica Valdemar, épouse impliquée dans le complot, tandis que Ramy Zada joue le docteur Robert Hoffman, son complice, et E. G. Marshall incarne Valdemar lui-même, figure centrale dont la présence se prolonge au-delà de la mort (Source : IMDb, 2021). Le segment « The Black Cat » met au premier plan Harvey Keitel dans le rôle de Rod Usher, photographe au comportement de plus en plus instable, entouré notamment de Madeleine Potter dans le rôle d’Annabel, de John Amos en détective LeGrand et de Kim Hunter dans le rôle de Mrs. Pym, figures qui contribuent à dessiner un environnement social autour du personnage principal (Source : IMDb, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2024). Plusieurs seconds rôles, parmi lesquels Martin Balsam, Holter Graham et Tom Atkins, complètent ce casting, illustrant la volonté de s’appuyer sur un ensemble d’interprètes déjà familiers au public du cinéma de genre américain (Source : IMDb, 2021; Wikipédia, 2007). La présence de ces comédiens contribue à ancrer le film dans la production anglo-saxonne du début des années 1990, malgré son origine de coproduction italo-américaine, la langue de tournage principale étant l’anglais (Source : IMDb, 2021 ; Wikipédia, 2007).
Diffusion, réception critique et place dans l’œuvre des auteurs
Sorti en 1990, Deux yeux maléfiques bénéficie d’une exploitation internationale, avec une sortie française répertoriée le 8 juillet 1992, et circulant sous différentes versions, parfois légèrement écourtées, selon les marchés (Source : IMDb, 2021 ; Wikipédia, 2007). Le film reçoit un accueil critique contrasté : sur IMDb, la note des utilisateurs se situe autour de 6,1/10, tandis que la plateforme italienne MYmovies affiche une moyenne d’environ 2,9/5, et AlloCiné mentionne une appréciation d’environ 2,5/5, signalant une réception mitigée du grand public et d’une partie de la critique (Source : IMDb, 2021 ; MYmovies, 2017 ; AlloCiné, 2009). Certains commentaires italiens relèvent toutefois la dimension de « dignitoso tributo » à Poe, estimant que Romero excelle davantage dans la narration horrifique alors qu’Argento se distingue par la puissance de son imaginaire visuel, proposant ainsi deux approches complémentaires du matériau littéraire (Source : FilmTV.it, 2024 ; MYmovies, 2017). Dans la filmographie de Romero, le segment « Mr. Valdemar » s’inscrit en marge de ses œuvres zombies les plus connues, mais poursuit l’exploration des thèmes de la mort, du corps et de la responsabilité morale, tandis que, pour Argento, « The Black Cat » prolonge son intérêt pour les récits de culpabilité et de violence inscrits dans des contextes urbains modernes (Source : MYmovies, 2017 ; Wikipédia, 2007). En parallèle, le film est régulièrement mentionné dans les synthèses consacrées aux adaptations de Poe au cinéma, en tant qu’exemple de collaboration entre deux auteurs de l’horreur contemporaine autour d’un patrimoine littéraire canonique (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017).
Fiche technique et principales données de production
La fiche technique de Deux yeux maléfiques indique une réalisation conjointe de Dario Argento et George A. Romero, avec un scénario signé par Romero et Peter Koper pour « The Facts in the Case of Mr. Valdemar », et par Argento et Franco Ferrini pour « The Black Cat », tous deux s’inspirant des nouvelles homonymes d’Edgar Allan Poe (Source : Wikipédia, 2007 ; IMDb, 2021). Le film est produit par des sociétés telles qu’ADC Films, Gruppo Bema et Heron Communications, pour une durée signalée de 115 à 120 minutes selon les sources, et un genre répertorié comme horreur ou fantastique, avec des éléments de thriller psychologique (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017). La production a recours à une équipe technique issue à la fois de l’Italie et des États-Unis, en cohérence avec la nature de coproduction du projet, même si la langue de tournage principale reste l’anglais, et que la version française est diffusée sous le titre Deux yeux maléfiques (Source : IMDb, 2021 ; AlloCiné, 2009). La photographie, le montage et la musique, bien qu’essentiels à l’atmosphère du film, sont moins fréquemment mis en avant dans les synthèses disponibles que la double signature de mise en scène et l’origine littéraire des récits, ce qui confirme la place centrale accordée au binôme Romero–Argento dans la communication autour de l’œuvre (Source : Wikipédia, 2007 ; MYmovies, 2017). En définitive, ces données techniques situent le film à la croisée des circuits de production italiens et américains du début des années 1990, dans un contexte où le cinéma d’horreur cherche de nouveaux formats, notamment anthologiques, pour revisiter des classiques de la littérature fantastique (Source : MYmovies, 2017).
Critique sur Deux yeux maléfiques
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Deux yeux maléfiques figurent Jessica Valdemar, interprété par Adrienne Barbeau, Roderick Usher, interprété par Harvey Keitel et Dr. Robert Hoffman, interprété par Ramy Zada. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

















