Michel Gondry: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Michel Gondry en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
67
œuvres recensées
63 films · 4 séries
- Première année recensée
- 1986
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1993, le clip «Human Behaviour» ouvre à Michel Gondry une circulation nouvelle entre la musique et l’image. Réalisé pour Björk après la diffusion de «La Ville» sur MTV, il lance une suite de collaborations qui vont de «Army of Me» à «Crystalline», en passant par «Joga» et «Bachelorette». Le cinéaste né à Versailles en 1963 y impose déjà un goût pour les dispositifs visibles, les images fabriquées à la main et les détours techniques qui deviendront sa marque.
Michel Gondry, de Versailles aux clips
Michel Gondry naît le 8 mai 1963 à Versailles. Son grand-père, Constant Martin, a inventé le clavioline en 1947, l’un des premiers synthétiseurs, et son père travaille dans les télécommunications tout en restant musicien amateur. Cette proximité familiale avec les machines et la musique pèse tôt sur son imaginaire, d’autant que deux frères évoluent eux aussi dans ces milieux.
Après un BTS Dessin option tapisserie au lycée de Sèvres, il rejoint l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art à Paris. Au début des années 1980, il y participe à la formation du groupe Oui Oui avec Étienne Charry, rencontré au lycée en 1978. Il y tient la batterie et réalise les clips de plusieurs titres du groupe, dont «La Ville», «Les Cailloux» et «Ma maison».
Le clip «Les Voyages immobiles», signé pour Étienne Daho en 1991, le place plus nettement dans le paysage musical français. Il travaille alors avec RoBERT et Jean-François Coen, pendant que Oui Oui se sépare en 1992. À la même époque, il signe aussi la décoration et le dessin de Les Triplés en 1986 puis de Rahan, fils des âges farouches en 1987.
Bjork, Daft Punk, les images fabriquées
Björk le sollicite après avoir vu «La Ville» sur MTV. Gondry lui répond avec «Human Behaviour», puis avec une série de clips qui dessinent une collaboration régulière sur plus d’une décennie. «Army of Me», «Isobel», «Hyperballad», «Joga», «Bachelorette», «Declare Independence» et «Crystalline» composent cet ensemble.
Cette même période le voit signer des vidéos pour les Rolling Stones, IAM, Daft Punk et Kylie Minogue. «Around the World» pour Daft Punk, en 1997, attire particulièrement l’attention sur son usage du morphing, qu’il détourne pour des trajectoires de caméra, des objets abstraits ou des effets de transformation par images fixes. Les procédés restent lisibles, presque artisanaux, et donnent à ses clips une identité immédiatement reconnaissable.
En 2003 paraît The Work of Director Michel Gondry, DVD anthologique qui rassemble une large partie de ses travaux. Un second volume suit en 2009, Michel Gondry 2: More Videos Before and After DVD 1. Ces éditions fixent aussi un moment où son nom circule déjà comme celui d’un réalisateur identifié par le travail sur la forme plus que par une esthétique de studio.
Du premier long métrage à l’Oscar
En 1998, Gondry réalise deux courts métrages, dont La Lettre. Trois ans plus tard, il passe au long métrage avec Human Nature, sorti en 2001, avec Patricia Arquette, Rhys Ifans et Tim Robbins. Le scénario de Charlie Kaufman prolonge une attirance commune pour les situations décalées et les récits de dédoublement, dans une fable sur la sexualité et la condition humaine.
L’échec du film au box-office l’amène à une autocritique complète. Il revient en 2004 avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind, porté par Jim Carrey et Kate Winslet sur une idée de Pierre Bismuth et un scénario de Charlie Kaufman. Le film obtient l’Oscar du meilleur scénario original lors de la 77e cérémonie des Oscars, récompense attribuée à Kaufman, Gondry et Bismuth.
La relation avec Kaufman change alors de portée. Gondry ne se contente plus d’appliquer un style venu du clip, il cherche une forme de cinéma où l’invention visuelle sert une mécanique mentale précise. Le film devient le point où son nom passe du territoire musical à celui du cinéma américain de prestige, sans abandonner l’économie manuelle qui traverse ses images.
«La Science des rêves» et le retour en France
En août 2006 sort La Science des rêves. Gondry y revient du côté de la France avec un film tourné en français et en anglais, porté par Gael García Bernal et par Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou et Emma de Caunes. Le scénario porte seulement sa signature, sans médiation d’un autre auteur.
Le film prolonge son goût pour les fabrications visibles, les glissements de matières et les enchaînements de formes. Il inscrit aussi son travail dans un espace de production plus hybride, où les acteurs français côtoient une distribution internationale, sans que le projet abandonne un ancrage francophone net.
Dans la foulée, Soyez sympas, rembobinez sort en mars 2008 avec Jack Black et Mos Def. Gondry y rejoue, avec les moyens du bord, des scènes de SOS Fantômes, RoboCop, Carrie au bal du diable et Men in Black. La même année, il participe à Tokyo! et y signe le segment Interior Design, d’après Cecil and Jordan in New York de Gabrielle Bell, qui participe à l’écriture du court métrage.
Du téléfilm au blockbuster
En 2011, Michel Gondry réalise The Green Hornet, adaptation de la série télévisée des années 1960 Le Frelon vert. Seth Rogen tient le rôle principal aux côtés de Jay Chou, Cameron Diaz et Christoph Waltz. Le cinéaste avait déjà tenté d’adapter la série au milieu des années 1990 avec Edward Neumeier.
Le projet l’installe dans un cadre de production plus lourd, où il ne peut pas développer ses idées avec la même latitude qu’auparavant. L’expérience tranche avec les clips et les films précédents, souvent bâtis sur des formes plus souples, des budgets moindres et une marge d’invention plus immédiate. Gondry y rencontre une logique de commande qui ne correspond pas aux espaces de bricolage qu’il avait privilégiés jusqu’alors.
En 2012, il réalise Square, puis en 2013, il apparaît dans Clique comme lui-même, invité de l’émission. Ces présences rappellent qu’il circule aussi dans des formats plus courts, plus télévisuels ou plus frontaux, sans que cela déplace le centre de gravité de son activité vers un seul terrain.
«Kidding» et les années récentes
En 2014, Michel Gondry siège au jury de la Berlinale. La même période prolonge une reconnaissance institutionnelle qui accompagne déjà ses films et ses clips, sans le conduire à abandonner le travail de réalisation. Son activité continue de croiser cinéma, télévision et musique.
En 2018, il réalise Kidding et y occupe aussi une fonction de producteur exécutif. La série lui permet de revenir à une forme sérielle plus ample, tout en gardant la main sur la mise en scène. Cette même année, il apparaît dans le projet comme une présence de plateau qui reste liée à la direction d’ensemble.
En 2026, À pied d’œuvre figure parmi ses crédits, avec une participation indiquée comme Customer in the sock. Le titre prolonge une filmographie qui n’a jamais cessé de circuler entre cinéma, télévision, clips et projets hybrides, avec une fidélité rare à des formes de fabrication visibles et à des récits où l’invention matérielle garde le premier plan.
Films et séries réalisés par Michel Gondry
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Michel Gondry
2 photos affichées.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.






























































