Stephen Colbert: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Stephen Colbert en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
86
œuvres recensées
54 films · 32 séries
- Première année recensée
- 1989
- Dernière année recensée
- 2026
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1997, dans la deuxième saison de « The Daily Show », Stephen Colbert apparaît comme l’un des correspondants filmés hors plateau. Le public le voit d’abord sous l’étiquette du « nouveau », puis Jon Stewart reprend l’émission en 1999 et le dispositif se durcit vers la satire politique. Colbert y construit un personnage homonyme, arrogant et mal informé, qui devient le moteur de ses interventions.
Washington, Charleston, Northwestern
Stephen Tyrone Colbert naît le 13 mai 1964 à Washington, D.C. et grandit à Charleston, en Caroline du Sud. Il est le benjamin d’une fratrie de 11 enfants et appartient à une famille catholique d’origine irlandaise.
Son père occupe un poste de vice-président chargé des affaires académiques à la Medical University of South Carolina. Sa mère reste au foyer, dans une maison où les croyances religieuses cohabitent avec une forte attention portée aux études.
L’adolescent tente très tôt d’effacer son accent du Sud. Il s’exerce à adopter la diction des présentateurs de télévision, persuadé que cette manière de parler lui donnera une place plus sûre dans le paysage médiatique.
Un accident d’avion en 1974 tue son père et deux de ses frères. La famille quitte ensuite le quartier d’East Bay Street pour le centre-ville de Charleston, changement qui pèse sur ses années d’enfance.
Au lycée Episcopal Porter-Gaud School, il joue dans plusieurs pièces et écrit pour le journal de l’école. Son intérêt pour la biologie marine s’interrompt après une opération de l’oreille qui le laisse sourd de l’oreille droite et l’écarte de la plongée sous-marine.
Il passe ensuite par le Hampden–Sydney College en Virginie, où il suit des cours de philosophie et continue le théâtre. Deux années plus tard, il rejoint l’université Northwestern pour étudier l’interprétation, après avoir obtenu une maîtrise en théâtre.
Chicago, l’improvisation et les premiers écrans
À Northwestern, Colbert commence par des cours d’art dramatique et s’éloigne vite du cadre scolaire classique. Il rejoint No Fun Mud Piranhas puis l’Annoyance Theater de Chicago dans les épreuves d’improvisation d’ImprovOlympic, fondé par Del Close.
Diplôme en poche, il travaille d’abord au guichet de Second City comme standardiste et vendeur en boutique. L’accès gratuit aux cours le pousse à s’inscrire à l’improvisation, puis la troupe en tournée l’engage peu après comme acteur, d’abord en doublure de Steve Carell.
C’est à cette période qu’il rencontre Amy Sedaris et Paul Dinello. Leur relation démarre avec heurts, puis la tournée resserre le trio autour d’un même goût du jeu et de l’écriture comique.
Sedaris et Dinello obtiennent l’occasion de créer « Exit 57 » pour HBO Downtown Productions. Colbert quitte alors Second City et part pour New York afin de les rejoindre sur cette série, diffusée de 1995 à 1996 sur Comedy Central.
La sitcom compte 12 épisodes et reçoit cinq nominations aux CableACE Awards en 1995. Après son arrêt, Colbert passe six mois comme acteur et scénariste du « Dana Carvey Show », aux côtés de Steve Carell, Robert Smigel, Charlie Kaufman et Louis C.K., puis travaille brièvement comme pigiste pour « Saturday Night Live ».
Il écrit aussi pour VH1 et MTV, puis réalise de faux reportages pour « Good Morning America » sur ABC. Deux segments seulement sont retenus, un seul est diffusé, mais ce travail attire l’attention de Madeleine Smithberg, qui l’engage à l’essai pour « The Daily Show » en 1997.
Le personnage du Daily Show
Dans « The Daily Show », Colbert intervient d’abord comme correspondant filmé en extérieur. Il devient rapidement l’une des présences régulières de l’émission, d’abord sous l’ère Craig Kilborn, puis dans une version plus politique après l’arrivée de Jon Stewart en 1999.
Il y construit un personnage homonyme qui parle avec assurance de sujets qu’il ne maîtrise pas. Les échanges avec Stewart ou les invités reposent sur ce décalage, et les sophismes deviennent une mécanique récurrente de ses apparitions.
Plusieurs segments lui offrent un terrain de jeu durable. « Even Stev/phen » le réunit avec Steve Carell, « This Week in God » l’installe dans un faux bulletin religieux, et les conventions démocrate et républicaine des élections présidentielles de 2000 puis 2004 lui donnent l’occasion de couvrir la campagne dans les reportages d’Indecision.
Le personnage prend assez d’ampleur pour devenir un modèle d’imitation pour les nouveaux correspondants de l’émission. Des fragments de ses interventions sont ensuite rediffusés sous le titre « Klassic Kolbert ».
« The Colbert Report » et la mécanique d’un faux présentateur
Le 17 octobre 2005, Colbert lance « The Colbert Report » sur Comedy Central. L’émission reprend le principe du faux journal télévisé et pousse plus loin la parodie des talk-shows politiques de Fox News comme « The O’Reilly Factor » ou « Hannity ».
Il y présente son personnage comme une vedette conservatrice surexcitée par sa propre rhétorique. Le programme est créé et écrit avec Jon Stewart et Ben Karlin, puis s’appuie sur un ensemble de rubriques récurrentes qui visent la politique, la médecine, la religion, le cinéma, la justice, le sport, l’éducation et la science.
La chaîne cherche alors à prolonger l’audience de « The Daily Show ». La première semaine attire en moyenne 1,2 million de téléspectateurs, et l’émission devient presque aussitôt la plus regardée du réseau.
En 2006, Colbert anime le gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche devant George W. Bush. Le programme accumule aussi les récompenses, avec 4 Emmy Awards pour la période 2008, 2010, 2013 et 2014, un Grammy Award en 2010 et 2 Peabody Awards en 2008 et 2012.
Le format permet des émissions spéciales à forte visibilité. En 2008, il participe avec Jon Stewart et Conan O’Brien à « Who Made Huckabee? », puis signe le Noël télévisé « A Colbert Christmas: The Greatest Gift of All! ».
En 2009, l’opération « Operation Iraqi Stephen: Going Commando » l’emmène en Irak, depuis l’ancien palais de Saddam Hussein. Le général Ray Odierno lui rase la tête en direct sur ordre de Barack Obama.
Le virage Late Show, les livres et les voix
En 2015, Colbert prend la relève de David Letterman avec « The Late Show with Stephen Colbert ». Il y cumule les fonctions de présentateur, créateur, producteur exécutif et scénariste, dans un dispositif plus proche du talk-show classique que du faux bulletin satirique.
Avant ce changement, il a déjà publié plusieurs livres. « I Am America (And So Can You!) » atteint la première place de la liste des best-sellers du New York Times en 2007.
Son nom apparaît aussi dans plusieurs classements du magazine Time, qui le retient parmi les 100 personnes les plus influentes du monde en 2006 et 2012. Ces distinctions prolongent la visibilité acquise à la télévision, sans l’éloigner des studios d’enregistrement.
Colbert intervient également comme interprète de voix dans « Rick et Morty » en 2013, où il prête sa voix à Zeep Xanflorp, puis dans « American Dad! » en 2005 dans le rôle du Dr. Dandliker. Il passe aussi par « Conan » en 2010 et « Le Tonight Show » en 2014 comme lui-même.
Sa présence se prolonge dans les crédits d’écriture de « Saturday Night Live » et « Le Daily Show », puis dans la création de « The Colbert Report » et de « The Late Show with Stephen Colbert ». Le fil conducteur reste la télévision américaine, abordée par l’écriture, l’animation et la parodie.
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