Otto Heller: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Otto Heller en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
197
œuvres recensées
197 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1918
- Dernière année recensée
- 1970
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1919, Otto Heller signe Vzteklý zenich pour Karel Lamač, à Prague. Né le 8 mars 1896 dans la ville encore intégrée à l’Autriche-Hongrie, il entame là une activité de directeur de la photographie qui s’étire sur près d’un demi-siècle et traverse plusieurs cinématographies européennes.
Prague, les premiers films et l’ancrage tchèque
Les années 1920 le voient travailler surtout en Tchécoslovaquie, d’abord sur des films muets, puis sur des œuvres parlantes. Heller collabore avec Karel Lamač, Karl Anton, Gustav Machatý et Jan Sviták, au sein d’une production qui passe vite d’un format à l’autre et d’une langue à l’autre.
En 1922, il cadre Poslední polibek de Karl Anton, puis Únos bankére Fuxe l’année suivante. Dobrý voják Svejk, en 1926, confirme sa présence dans le cinéma tchèque de l’entre-deux-guerres, tandis que La Sonate à Kreutzer, en 1927, l’emmène vers Gustav Machatý.
Le passage au parlant ne change pas son rythme de travail. Suzy Saxophone en 1928, Le Dernier Masque en 1929, puis Anny chauffeur, Das Kabinett des Dr. Larifari et Anny... music-hall en 1930 montrent une activité répartie entre productions tchèques et allemandes, avec une circulation constante des équipes et des versions.
L’année 1931 le retrouve sur Monsieur le maréchal de Karel Lamač, dans ses versions française et allemande, puis sur Dactylo de Wilhelm Thiele. En 1932, il signe encore La Chauve-Souris de Pierre Billon et Karel Lamač, Simone est comme ça de Karl Anton, Lelícek ve sluzbách Sherlocka Holmese, Une nuit au paradis et Faut-il les marier?.
L’Europe des coproductions
À la fin des années 1920, Otto Heller quitte le seul cadre tchèque et travaille aussi sur des films allemands, autrichiens, néerlandais, britanniques et français. Cette circulation s’accélère à partir de 1936, avec Le Mari rêvé de Roger Capellani, où il retrouve Pierre Brasseur et Arletty.
Quelques mois plus tard, il signe L'Enfer des anges de Christian-Jaque, tourné en 1939 puis sorti en 1941. Le film s’inscrit dans une série de coproductions qui dessinent déjà une pratique du métier fondée sur les passages de frontières et les tournages partagés.
Face aux menaces d’invasion par les nazis, il quitte la Tchécoslovaquie en 1938. Il se partage alors entre la France et les Pays-Bas, puis se réfugie au Royaume-Uni en 1940, où il s’installe définitivement et obtient la citoyenneté britannique en 1945.
L’exil ne suspend pas le travail. Avant même son installation durable en Grande-Bretagne, Heller a déjà commencé à glisser vers d’autres cinémas nationaux. Son nom apparaît alors dans des productions qui ne relèvent plus d’un seul centre de fabrication, mais d’un réseau européen où la photographie doit s’adapter vite aux équipes et aux styles de mise en scène.
Le Royaume-Uni et les grands metteurs en scène
Au Royaume-Uni, Otto Heller travaille avec des réalisateurs qui occupent une place solide dans le cinéma britannique d’après-guerre. En 1955, il signe Richard III de Laurence Olivier, avec Olivier, Cedric Hardwicke et John Gielgud.
La décennie suivante le voit revenir vers des projets qui font appel à une mise en images très précise. En 1960, il cadre Le Voyeur de Michael Powell, puis La Victime de Basil Dearden en 1961. Ces deux films installent un dialogue durable avec des cinéastes qui travaillent le suspense, les visages et les espaces avec des exigences très différentes.
Le milieu des années 1960 le place au centre de collaborations plus visibles. Ipcress: Danger immédiat, en 1965, marque un point fort de sa période britannique, puis Alfie le dragueur en 1966 le réunit à Lewis Gilbert et Michael Caine. Il revient encore à la fin de la décennie avec Te casse pas la tête Jerry en 1968.
Entre ces jalons, il signe aussi Je suis un fugitif en 1947, Le Corsaire rouge en 1952, La Blonde et le Shérif en 1958, Manuela en 1957 et Les Maléfices de la momie en 1964. La suite de titres dessine un travail continu sur des films de genres différents, sans rupture visible dans la méthode.
Dernières années et récompense britannique
Ipcress: Danger immédiat lui vaut en 1966 le British Academy Film Award de la meilleure photographie. L’année suivante, il obtient une seconde nomination pour Alfie le dragueur, toujours dans la même catégorie.
La fin de sa période d’activité se fixe en 1969. Son dernier film, Bloomfield de Richard Harris, sort en 1971, plus d’un an après sa mort survenue le 19 février 1970 à Londres.
Entre Prague et Londres, Otto Heller a travaillé sur environ 240 films. Son nom reste attaché à une pratique très mobile de la photographie, capable de passer du muet au parlant, des studios continentaux aux productions britanniques, puis de suivre la cadence des cinéastes qui lui ont confié leurs images pendant près de 50 ans.
Filmographie de Otto Heller
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