Adolfo Lastretti: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Adolfo Lastretti en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
30
œuvres recensées
26 films · 4 séries
- Première année recensée
- 1968
- Dernière année recensée
- 2000
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Adolfo Lastretti naît le 18 novembre 1937 à Tempio Pausania, en Sardaigne, et s’impose comme acteur italien actif au cinéma, au théâtre, à la télévision et dans le doublage. Il s’installe très jeune à Rapallo, où il amorce son parcours artistique avant de rejoindre l’Accademia d’Arte Drammatica Silvio D’Amico, institution qui l’intègre à un premier projet filmé avec le court métrage La spiaggia en 1957. Au début des années 1960, il s’établit à Rome, dans un contexte de forte activité de l’industrie cinématographique italienne, ce qui lui permet d’accéder à des rôles de composition dans des films de genre. Il développe progressivement une spécialisation dans des personnages souvent associés à la figure du « méchant », tout en conservant une présence régulière sur les scènes théâtrales et dans la fiction télévisée italienne.
Dans ces premières années, Lastretti commence à apparaître sous divers pseudonymes, notamment Peter Lastrett, Aldo Lastretti, Alfonso Lastretti ou Guy Ranson, pratique courante pour les acteurs italiens de l’époque engagés sur des coproductions internationales ou des productions d’exploitation. Parallèlement à ses activités devant la caméra, il exerce aussi de manière occasionnelle comme acteur de doublage, ce qui témoigne d’une insertion dans l’écosystème plus large de la postproduction italienne. Cette polyvalence contribue à l’ancrer durablement dans le paysage audiovisuel, entre productions nationales et films tournés en collaboration avec des partenaires étrangers. Il reste associé, dès cette période, à une image de comédien de caractère, mobilisé pour des rôles secondaires marquants dans le cinéma de genre.
Carrière cinématographique : les débuts et les années 1960-1970
La carrière cinématographique de Lastretti se structure à partir de la fin des années 1960, à un moment où le cinéma italien explore intensément le polar, le western et le film politique. En 1968, il figure dans La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié, production française qui retrace le parcours anarchiste de la bande de Jules Bonnot, marquant l’une de ses premières participations à un film hexagonal. Cette même année, il apparaît dans le western italien Ringo cherche une place pour mourir (Joe... cercati un posto per morire!) de Giuliano Carnimeo, où il interprète le révérend Riley, confirmant sa présence dans le registre du western spaghetti. En 1969, il est distribué dans Venus in Furs de Jesús Franco, film fantastique aux accents psychédéliques dans lequel il incarne Hermann, s’inscrivant dans une production européenne de genre tournée en anglais.
Au tournant des années 1970, Lastretti participe à Le Dernier Guet-apens (Corbari) de Valentino Orsini, film qui revisite la Résistance italienne, puis à Confession d'un commissaire de police au procureur de la république de Damiano Damiani, polar politique emblématique du cinéma d’enquête italien. En 1971, il joue dans Scipion, dit aussi l'Africain (Scipione detto anche l’africano) réalisé par Luigi Magni, production en costumes qui s’inscrit dans une relecture historique de la Rome antique. En 1972, il rejoint la distribution de La Horde des salopards (Una ragione per vivere e una per morire) de Tonino Valerii, western de guerre dans lequel il est crédité sous le nom de Guy Ranson, signe de sa circulation entre différentes identités professionnelles. Ces participations, ancrées dans des genres populaires, installent progressivement son visage dans l’imaginaire du cinéma de genre européen des années 1960-1970.
Polars, cinéma de genre et collaborations marquantes
Au milieu des années 1970, Adolfo Lastretti consolide sa présence dans le cinéma de genre italien et franco-italien, en particulier le polar et le thriller. En 1973, il apparaît dans L'Homme aux nerfs d'acier (Dio, sei proprio un padreterno!) de Michele Lupo, film qui mélange action et comédie dans la tradition du cinéma populaire italien. La même année, il est au casting de La faccia violenta di New York, réalisé par Jorge Darnell, confirmant son insertion dans des récits urbains marqués par la violence criminelle. En 1974, il rejoint deux productions importantes : Borsalino and Co de Jacques Deray, suite du succès Borsalino qui prolonge le cycle de films de gangsters français, et Spasmo d’Umberto Lenzi, giallo psychologique où il participe à un dispositif narratif fondé sur le suspense et le trouble identitaire.
En 1975, il tient un rôle dans Bracelets de sang (Il giustiziere sfida la città), également réalisé par Umberto Lenzi, polar italien qui explore les tensions entre justice institutionnelle et violence criminelle dans un cadre urbain. Cette même année, il apparaît dans Flic Story, autre film de Jacques Deray, qui s’inscrit dans la tradition du polar français inspiré de faits réels. En 1975 toujours, il est au générique de Les Quatre de l'apocalypse (I quattro dell'apocalisse) de Lucio Fulci, western aux tonalités crépusculaires qui lui permet de prolonger son travail dans le western italien tout en collaborant avec un cinéaste associé au cinéma de genre le plus reconnu. L’ensemble de ces films dessine un réseau de collaborations régulières avec des réalisateurs comme Jacques Deray, Umberto Lenzi, Lucio Fulci, Michele Lupo et Tonino Valerii, confirmant son statut d’acteur de caractère recherché pour des seconds rôles marquants.
Travaux pour la télévision et élargissement de carrière
Parallèlement au cinéma, Adolfo Lastretti occupe une place régulière dans les productions télévisées italiennes, notamment à partir de la seconde moitié des années 1970. Il apparaît dans la mini-série Il passatore, réalisée par Piero Nelli et diffusée par la RAI, qui retrace en trois épisodes les dernières années du bandit Stefano Pelloni, dit « Il Passatore », sur un scénario de Francesco Serantini, Tonino Guerra et Rina Macrelli. Dans ce cadre, il incarne le personnage de Farina, s’inscrivant dans une reconstitution historique du banditisme romagnol. Il tient également des rôles dans des téléfilms et mini-séries comme Patto con la morte, où il interprète un fonctionnaire de police, ou encore dans L'indizio (cinque inchieste per un commissario), confirmant sa présence dans le registre policier à la télévision.
Au cours des années 1970 et 1980, il participe à plusieurs fictions télévisées où il incarne des figures d’autorité ou des personnages ambigus, notamment dans Cuore di cane, adaptation télévisée du texte de Mikhaïl Boulgakov, où il joue le juge, ainsi que dans Una donna et Nel silenzio della notte. Il apparaît aussi dans Italia a mano armata (A Special Cop in Action) et Napoli si ribella (A Man Called Magnum), polars tournés pour le cinéma mais régulièrement diffusés à la télévision, ce qui renforce sa visibilité auprès du grand public. Cette activité télévisuelle accompagne la diversification de son parcours, lui permettant de passer des productions de genre à des séries et téléfilms plus institutionnels, souvent produits par la RAI. Elle prolonge en outre son travail entrepris sur scène, l’inscrivant dans une continuité entre théâtre, cinéma et fiction télévisée.
Rôles internationaux et collaborations avec des réalisateurs étrangers
La carrière d’Adolfo Lastretti s’étend au-delà des frontières italiennes grâce à plusieurs participations à des productions internationales. Il tourne ainsi en France dans La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié et dans Borsalino and Co ainsi que Flic Story, tous deux réalisés par Jacques Deray, qui font partie des polars français marquants des années 1970. Sa présence dans ces films illustre la circulation des comédiens italiens dans le cadre des coproductions franco-italiennes, particulièrement actives à cette période. Il est également distribué dans Venus in Furs de Jesús Franco, cinéaste espagnol travaillant principalement en langue anglaise, ce qui inscrit Lastretti dans un réseau de productions européennes destinées à un marché international.
En 1981, il joue dans Le Lion du désert (Lion of the Desert) de Moustapha Akkad, film de guerre historique consacré à la résistance libyenne contre l’Italie fasciste, où il interprète le colonel Sarsani. Cette production à large distribution internationale, réunissant Anthony Quinn, Oliver Reed, Irene Papas ou encore Rod Steiger, témoigne de son insertion dans des castings multinationaux. Dans d’autres films de la même période, il est parfois crédité sous des noms anglicisés, ce qui correspond à une stratégie de présentation destinée aux marchés étrangers. Ces expériences renforcent l’image d’un acteur capable de s’adapter à différents contextes linguistiques et de production, qu’il s’agisse de polars français, de westerns italiens ou de films historiques tournés pour un public international.
Fin de carrière, doublage et reconnaissance comme acteur de caractère
Au fil de ses 31 années de carrière, Adolfo Lastretti apparaît dans un ensemble conséquent de films et de productions télévisées, parmi lesquels Padre Pio, Cuore di cane et Scipione detto anche l’africano, fréquemment mentionnés comme titres représentatifs de son parcours. Il poursuit une activité régulière jusqu’à la fin des années 1980, avec des rôles dans des fictions comme Un uomo di razza ou Il disertore, qui prolongent sa présence dans le paysage audiovisuel italien. Par ailleurs, il prête occasionnellement sa voix au doublage, notamment pour la version italienne du film The Devil Strikes at Night (Ordine segreto del III Reich), où il assure le doublage de Walter Janssen, sans être crédité au générique original. Cette activité de doublage s’inscrit dans une tradition italienne où de nombreux acteurs de cinéma et de théâtre travaillent également en studio afin d’adapter des œuvres étrangères.
Adolfo Lastretti est identifié, dans les bases de données spécialisées comme IMDb, Unifrance ou les ressources italiennes telles que MYmovies, comme un acteur de cinéma, de théâtre, de télévision et de doublage, ce qui souligne la diversité de ses interventions au sein des arts du spectacle. Il décède le 5 mai 2018 à Loiano, dans la province de Bologne, à l’âge de 80 ans, selon les informations concordantes publiées par ces mêmes sources. Les répertoires cinématographiques le répertorient majoritairement à travers ses rôles dans le cinéma de genre – polars urbains, westerns italiens, films de guerre – où son visage et sa présence physique ont contribué à structurer une galerie de seconds rôles récurrents. Son nom reste associé à une génération de comédiens italiens de caractère, régulièrement sollicités pour donner relief et densité aux récits du cinéma populaire européen des années 1960 à 1980.
Films et séries avec Adolfo Lastretti
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Galerie photos de Adolfo Lastretti
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