Jean-Pierre Mocky: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Jean-Pierre Mocky en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
137
œuvres recensées
135 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1946
- Dernière année recensée
- 2019
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1959, Les Dragueurs passe des mains de Georges Franju à celles de Jean-Pierre Mocky. Le projet devait d’abord être réalisé par celui qui en avait écrit le scénario, après La Tête contre les murs en 1959. Mocky prend la caméra l’année suivante et ne la lâche plus jusqu’à sa mort, le 8 août 2019.
Jean-Pierre Mocky, de Nice au Conservatoire
Jean-Paul Adam Mokiejewski naît à Nice le 6 juillet 1929. Pendant la guerre, la famille quitte la villa du mont Boron pour Grasse. En 1942, son père cherche à le mettre à l’abri des persécutions antijuives et pense l’envoyer en Algérie, avant d’y renoncer. Le jeune homme apparaît déjà au cinéma comme figurant dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné.
Installé à Paris en 1947, il joue dans quelques films et travaille comme chauffeur de taxi. Une rencontre avec Pierre Fresnay lui ouvre le théâtre avec Pauline ou l’Écume de la mer de Gabriel Arout. Il rejoint ensuite le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, suit les cours de Louis Jouvet et croise Jean-Paul Belmondo. C’est là qu’il adopte le prénom Jean-Pierre pour ne pas rester confondu avec lui.
Au cinéma, il obtient un grand rôle dans Le Paradis des pilotes perdus en 1948. Quelques années plus tard, Michelangelo Antonioni le dirige dans Les Vaincus, tourné en 1952, qui rencontre un large écho en Italie. Jean-Pierre Mocky devient alors acteur pour les studios Ponti-De Laurentiis et travaille en Italie sur Le Comte de Monte-Cristo, Graziella et d’autres productions de cette période.
Le passage à la réalisation
Avant de passer à la mise en scène, il travaille comme stagiaire auprès de Federico Fellini sur La strada et de Luchino Visconti sur Senso, tous deux en 1954. Il écrit ensuite La Tête contre les murs en 1959, sans pouvoir en signer la réalisation, confiée à Georges Franju. L’année suivante, Les Dragueurs lui offre son premier film comme réalisateur.
Dans les années 1960, il tourne des comédies comme Un drôle de paroissien en 1963 et La Grande Lessive (!) en 1968. Il travaille vite, avec peu de moyens, et construit des films tirés de faits de société. Bourvil revient dans plusieurs titres, parmi lesquels Un drôle de paroissien, La Cité de l’indicible peur, La Grande Lessive (!) et L’Étalon. Fernandel figure dans La Bourse et la Vie, Michel Simon dans L’Ibis rouge, Michel Serrault dans douze films dont Le Miraculé.
Cette période voit aussi travailler Jean-Pierre Mocky avec Francis Blanche, Jacqueline Maillan, Jean Poiret, Catherine Deneuve dans Agent trouble, Claude Jade dans Bonsoir, Jane Birkin dans Noir comme le souvenir, Jeanne Moreau dans Le Miraculé et Stéphane Audran dans Les Saisons du plaisir. Le choix des interprètes dessine un cinéma de plateau rapide, souvent porté par des visages déjà installés.
Les années 1970 et le virage noir
Après Mai 68, Jean-Pierre Mocky s’oriente vers le film noir avec Solo en 1970. Le film montre un groupe de jeunes terroristes d’extrême gauche. L’année suivante vient L’Albatros, consacré à la corruption des personnalités politiques. La même logique satirique traverse L’Œuf, Les Saisons du plaisir ou Bonsoir, sans quitter un rythme de production soutenu.
Dans la décennie, il continue à fréquenter la télévision. Samedi soir apparaît en 1971, Le Grand Échiquier en 1972, Spécial cinéma en 1974 puis Les Rendez-vous du dimanche en 1975. Ces apparitions le maintiennent dans l’espace public tout en gardant le lien avec ses films. Il travaille aussi pour la série Myster Mocky présente, mentionnée parmi ses œuvres notables.
Cette circulation entre cinéma et télévision prend place dans une œuvre qui s’appuie sur la satire et le pamphlet. Le réalisateur tourne rapidement, souvent avec un budget restreint, et privilégie des récits qui visent les hypocrisies sociales. La Grande Lessive (!) et Solo montrent deux directions très nettes de ce cinéma, l’une comique, l’autre plus sombre.
Les années 1980 et les retours vers le public
En 1984, À mort l’arbitre relance l’attention autour de son cinéma. Le film dénonce les dérives de certains supporters de football un an avant le drame du Heysel. En 1987, Le Miraculé prolonge cette veine avec une comédie sur les hypocrisies entourant le pèlerinage de Lourdes. La télévision suit le mouvement avec Strip-Tease en 1985, Sacrée soirée en 1987 et Nulle part ailleurs en 1987.
Jean-Pierre Mocky traverse aussi les années 1990 avec Zone interdite en 1993 et Vivement dimanche en 1998. Le film L’Invité, en 2002, appartient à cette dernière période de création. À partir de là, il continue à intervenir à la télévision, avec On n’est pas couché en 2006 et C à vous en 2009, toujours sous le nom de Jean-Pierre Mocky.
Il reçoit en 2010 le prix Henri-Langlois pour l’ensemble de son activité. Trois ans plus tard, le prix Alphonse-Allais lui est attribué. Le festival Entrevues de Belfort lui consacre une rétrospective intégrale en 2012, puis la Cinémathèque française fait de même en 2014. Ces distinctions accompagnent une présence continue dans le paysage du cinéma français jusqu’à sa disparition à 90 ans, le 8 août 2019.
Filmographie et télévisions notables
Les œuvres retenues ici suivent les titres explicitement rattachés à Jean-Pierre Mocky dans les repères disponibles et dans les crédits vérifiés. Elles dessinent des points de passage entre cinéma, télévision et séries, sans prétendre à l’exhaustivité.
- Les Visiteurs du soir (1942)
- Les Casse-pieds (1948)
- Le Paradis des pilotes perdus (1948)
- Les Vaincus (1952)
- La strada (1954)
- Senso (1954)
- Les Dragueurs (1959)
- Un drôle de paroissien (1963)
- La Grande Lessive (!) (1968)
- Solo (1970)
- L’Albatros (1971)
- Samedi soir (1971)
- Le Grand Échiquier (1972)
- Spécial cinéma (1974)
- Les Rendez-vous du dimanche (1975)
- Strip-Tease (1985)
- À mort l’arbitre (1984)
- Sacrée soirée (1987)
- Le Miraculé (1987)
- Nulle part ailleurs (1987)
- Zone interdite (1993)
- Vivement dimanche (1998)
- L’Invité (2002)
- On n’est pas couché (2006)
- C à vous (2009)
Films et séries réalisés par Jean-Pierre Mocky
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Jean-Pierre Mocky
4 photos affichées.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.

































































