Roscoe Arbuckle: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Roscoe Arbuckle en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
237
œuvres recensées
237 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1909
- Dernière année recensée
- 1933
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1909, Roscoe Arbuckle entre au cinéma avec un contrat signé par la Selig Polyscope Company et tourne sous la direction de Francis Boggs. Il travaille alors encore sur les scènes, après des années de tournées aux États-Unis et jusqu’en Hawaï, en Chine ou au Japon. Le nom de « Fatty Arbuckle » commence déjà à circuler, associé à une présence physique immédiatement repérable et à un sens du numéro hérité du music-hall.
Des scènes foraines aux studios de la côte ouest
Né le 24 mars 1887 à Smith Center, dans le Kansas, Roscoe Conkling Arbuckle grandit d’abord en Californie après le déménagement familial vers Santa Ana à l’automne 1888. Très tôt, il chante en travaillant dans un hôtel de San José, se fait remarquer par un client puis gagne un concours amateur qui l’entraîne vers une troupe itinérante. Le contact avec le spectacle passe par les tournées, les chansons et les reprises comiques plutôt que par une école ou un cadre institutionnel.
En 1904, Sid Grauman l’invite à chanter au Unique Theater de Minneapolis, puis il rejoint le Pantages Theatre Group et traverse la côte ouest. En 1906, il entre à l’Orpheum Theater de Portland, dans l’Oregon. Le 6 août 1908, il épouse Minta Durfee et s’engage avec elle dans la troupe du Morosco Burbank Stock Company, qui sillonne les États-Unis. À ce stade, le va-et-vient entre théâtre, chant et numéros burlesques forge une présence scénique qui intéresse vite les producteurs de cinéma.
Keystone, puis la maîtrise de ses films
À Los Angeles, Arbuckle rejoint la Keystone Company après avoir été engagé à 5 dollars par jour. « Fatty et le Voleur » marque sa première apparition pour le studio. Mack Sennett l’oriente très vite vers les comédies de rythme, où son nom s’inscrit dans les titres aux côtés de celui de Mabel Normand. En quelques films, il devient l’un des interprètes les plus populaires de cette maison de production.
En moins d’un an, il tourne dans 45 films et demande à réaliser lui-même. « Fatty au poulailler » paraît en mars 1914, avec Arbuckle à l’écriture, à la direction et à l’image. Cette prise de contrôle s’accompagne d’une limitation de ses apparitions sous la direction d’autres cinéastes. Il joue pourtant dans 3 films que Charlie Chaplin réalise pour Keystone, signe d’une circulation encore souple entre les équipes du studio.
Fin 1915, la Triangle Film Corporation absorbe Keystone. Arbuckle y tourne encore une douzaine de films avant de quitter l’orbite de Mack Sennett. Le producteur Joseph M. Schenck lui confie ensuite le département burlesque de la Comique Film Corporation. Le contrat prévoit 1 000 dollars par jour, 25 % des bénéfices et le contrôle complet de ses films. Dans cette structure, il retrouve Al St. John et Alice Lake, venus eux aussi de Keystone.
La Comique et la rencontre avec Buster Keaton
Au moment de préparer « Fatty boucher », Arbuckle rencontre Buster Keaton. Il l’invite à rejoindre le tournage, puis l’associe rapidement à l’écriture et à la réalisation, comme dans « Fatty chez lui ». Cette collaboration donne à la série des Fatty une assise plus nette, avec un trio formé par Arbuckle, Keaton et Al St. John. Keaton dira plus tard avoir appris beaucoup de lui, au point de le considérer comme un mentor.
Les 22 derniers épisodes de la série Fatty sont tournés à la Comique. « Fatty cabotin » et « Le Garage infernal » appartiennent à cette période, où Arbuckle dispose d’une liberté artistique et financière plus large qu’à Keystone. Les courts métrages combinent vitesse, précision du gag et direction d’ensemble, sans séparer nettement l’interprète du chef d’équipe. Le travail sur la mécanique comique compte ici autant que la présence de l’acteur.
En 1918, « Fatty cuisinier » concentre ce double rôle, avec Arbuckle à l’écran, à la direction et à l’écriture de l’histoire. Le film résume une partie de sa méthode: partir d’un corps, d’un espace et d’une suite de gestes, puis organiser autour d’eux une action lisible. À cette époque, son nom attire déjà l’attention des studios plus puissants que la Comique.
Paramount et le passage aux longs métrages
En 1919, Arbuckle signe avec la Paramount et cède ses parts de la Comique à Buster Keaton. Le studio lui offre des longs métrages conçus pour lui, avec des rôles taillés sur mesure. « Fatty, l’intrépide shérif » de George Melford ouvre cette phase. Le western confirme que son public suit son nom jusque dans des formats plus amples que le court burlesque.
Six autres longs métrages suivent jusqu’en août 1921, réalisés par Joseph Henabery ou James Cruze. En un peu plus d’un an, Arbuckle tourne 9 longs métrages, parfois sur 3 productions en même temps. Les cadences imposées par Adolph Zukor ne laissent guère de répit, mais elles montrent aussi la confiance accordée au comédien par le studio. Le changement de format ne le fait pas disparaître derrière une logique de production; il devient le centre autour duquel s’organise le projet.
Cette période conduit à San Francisco pendant le week-end de la fête du Travail. Le 5 septembre 1921, une fête privée au douzième étage du St. Francis Hotel se termine mal pour Virginia Rappe, qui souffre de violentes douleurs abdominales. Elle meurt 4 jours plus tard d’une péritonite due à une rupture de la vessie. Le 11 septembre, Arbuckle est arrêté et accusé du viol et de l’homicide de l’actrice.
Acquittement, mise à l’écart et retour sous nom d’emprunt
Trois procès se succèdent entre novembre 1921 et mars-avril 1922. Les charges reposent sur des témoignages contredits par la défense, tandis que les experts médicaux concluent à une mort naturelle. Le 12 avril 1922, le jury l’exonère à l’unanimité après 6 minutes de délibération. Le texte de la décision insiste sur l’absence de responsabilité de l’accusé dans la mort de Virginia Rappe.
Le 18 avril 1922, Roscoe Arbuckle devient pourtant le premier acteur inscrit sur une liste noire. L’épisode met un terme brutal à sa place dans l’industrie telle qu’elle s’était construite autour de lui. Il intervient ensuite un temps comme scénariste, puis réalise une cinquantaine de films sous le nom de William Goodrich. Cette signature masque sans l’effacer le passage d’un statut à l’autre, du devant de la scène à la fabrication discrète des films.
En 1925, « Ma vache et moi » le fait apparaître en femme dans un grand magasin, crédité comme « Woman in Department Store ». En 1927, « Character Studies » le montre à la fois comme directeur et comme présence à l’écran. La même année, « Listen Lena » conserve une mention incertaine dans sa filmographie. Ces titres tardifs, pris isolément, n’ont rien d’un commentaire sur toute son œuvre; ils signalent seulement un retour fragmenté à l’écran après les années de retrait.
Il meurt le 29 juin 1933 à New York, à 46 ans, peu après avoir signé un contrat à long terme avec Warner, qui avait relancé sa présence sous son propre nom. En 1995, « The First 100 Years: A Celebration of American Movies » réutilise des images d’archive et rappelle son existence dans l’histoire du cinéma américain. Le nom de Fatty Arbuckle reste attaché à une période où le burlesque passait par des ateliers très identifiables, des studios précis et une maîtrise rarement laissée au hasard.
Films et séries avec Roscoe Arbuckle
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