Walter Matthau: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Walter Matthau en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
101
œuvres recensées
86 films · 15 séries
- Première année recensée
- 1948
- Dernière année recensée
- 2000
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Le 1er octobre 1920, Walter Matthau naît à New York. Il apparaît d’abord sur scène, puis à la télévision, avant que le cinéma ne lui donne des rôles de tête de ligne. Un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour La Grande Combine en 1966 fixe son nom dans le paysage hollywoodien.
Des planches de Broadway aux studios
À New York, Walter Matthau grandit dans le Lower East Side. Il fréquente le lycée Seward Park High School et, très tôt, enchaîne les petits emplois au Yiddish Theater District, où il fait aussi de la figuration pour 50 cents la soirée. Des camps d’été de la communauté juive lui offrent un premier contact régulier avec des spectacles montés chaque semaine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme décrypteur dans l’armée de l’air. Cette parenthèse militaire ne coupe pas le lien avec la scène. À Broadway, il travaille d’abord comme doublure dans Anne des mille jours, la pièce de Maxwell Anderson, en 1948, puis finit par occuper un espace plus visible dans le théâtre new-yorkais.
La télévision lui ouvre ensuite d’autres portes. Dès 1948, il figure au générique de The Philco Television Playhouse, où il joue notamment Iago et Stuart Benson. En 1950, Robert Montgomery Presents l’accueille à son tour, avant d’autres apparitions dans The Mike Douglas Show, The Merv Griffin Show, The Tonight Show avec Johnny Carson et Great Performances. Il présente aussi les Tony Awards en 1956 et tient le rôle d’hôte à plusieurs cérémonies télévisées.
Les années Billy Wilder et les seconds rôles nerveux
Le cinéma l’emploie d’abord dans des emplois secondaires à forte tension. En 1955, Burt Lancaster le choisit pour L’Homme du Kentucky. La même période le voit passer par La Rivière de nos amours, Derrière le miroir, Un homme dans la foule, Meurtres sur la dixième avenue et Bagarres au King Créole. Il y tient souvent des personnages ambigus, du rival fourbe au compagnon de route douteux.
En 1959, il passe une seule fois derrière la caméra avec Gangster Story. Le film le montre en Jack Martin, gangster en fuite qui braque une banque de petite ville et se retrouve traqué par la police comme par les criminels locaux. Ce détour par la mise en scène reste isolé, tandis que l’acteur retourne vite à des rôles de composition.
La rencontre avec Billy Wilder change l’échelle. Dans La Grande Combine en 1966, Matthau reçoit l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour son apparition dans le film. La même décennie lui offre Seuls sont les indomptés, L'Inconnu du gang des jeux, Charade, Point limite, Ensign Pulver, Au revoir, Charlie, Mirage et Petit Guide pour mari volage. Le cinéaste Billy Wilder lui fournit un terrain de jeu où le regard sec, les répliques sèches et l’art du contrepoint prennent le dessus.
Neil Simon, Gene Saks et la mécanique du duo
À Broadway, Matthau crée Oscar Madison dans Drôle de couple de Neil Simon. Ce rôle lui vaut un Tony Award du meilleur acteur dans une pièce en 1965, après un premier Tony reçu en 1962 pour L'Idiote. Le théâtre lui fournit un personnage de râleur méthodique, puis le cinéma s’en empare avec Drôle de couple en 1968 sous la direction de Gene Saks.
Avec Jack Lemmon, il forme un tandem que l’extrait documentaire chiffre à 10 films. Drôle de couple et Les Grincheux en dessinent les bornes les plus connues, mais la série comprend aussi plusieurs autres titres au long de la décennie suivante. Le jeu repose sur des frottements précis, une manière de faire durer le dialogue jusqu’à l’usure comique plutôt que de forcer l’effet.
Gene Saks le retrouve encore dans Fleur de cactus en 1969. Gene Kelly le dirige dans Hello, Dolly! la même année, puis Gene Saks l’accompagne dans l’adaptation de Drôle de couple au cinéma. Matthau travaille ainsi avec des metteurs en scène venus du théâtre comme de la comédie musicale, sans modifier la ligne de force de son interprétation.
Les années 1970, de la comédie au film choral
En 1971, Matthau apparaît dans Un nouveau départ d’Elaine May, Plaza Suite d’Arthur Hiller et Kotch le papy sitter. La même saison le montre aussi dans un registre de comédie loufoque qui repose sur le décalage plus que sur la démonstration. Son visage devient alors un instrument de tempo, capable de faire tenir un silence comme une réplique cassante.
Quelques mois plus tard, il tient le rôle de Charley Varrick dans Tuez Charley Varrick! de Don Siegel en 1973. Il passe ensuite par Les Pirates du métro en 1974, Ennemis comme avant en 1975, puis La Chouette Équipe en 1976, où il joue l’entraîneur d’une petite équipe de baseball malchanceuse. Ces films installent une présence plus sèche, moins décorative, au cœur de comédies fondées sur la friction.
La décennie se ferme avec California Hôtel d’Herbert Ross en 1978, puis Appelez-moi docteur la même année. En 1980, Jeux d'espions prolonge cette série de rôles où Matthau s’appuie sur une ironie de surface pour tenir des situations de désordre. Il reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame en 1982.
Les derniers films et les distinctions
En 1993, Matthau revient avec Denis la Malice, puis retrouve Jack Lemmon dans Les Grincheux la même année. Les dernières entrées citées par l’extrait le placent encore dans une continuité de comédie construite sur la contrariété, sans rupture de ton avec ses collaborations antérieures.
Sur le versant des distinctions, il cumule 2 Tony Awards, 2 BAFTA et un Golden Globe. Il est nommé aux Primetime Emmy Awards en 1963 pour son rôle dans The DuPont Show of the Week. La reconnaissance publique passe aussi par les cérémonies qu’il anime, des Tony Awards aux Golden Globe Awards, où il apparaît dès 1944 comme nominé et présentateur.
Walter Matthau meurt le 1er juillet 2000 à Santa Monica, en Californie. L’extrait le dit victime d’une seconde crise cardiaque, après un infarctus en 1966 durant le tournage de La Grande Combine et un double pontage en 1976. Sa filmographie citée va du drame de studio aux comédies de duo, avec une même manière de faire surgir le frottement là où d’autres cherchent l’accord.
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