Paolo Taviani: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Paolo Taviani en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
38
œuvres recensées
36 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1954
- Dernière année recensée
- 2022
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
Paolo Taviani naît le 8 novembre 1931 à San Miniato, en Toscane, dans un contexte italien encore marqué par l’entre-deux-guerres (Source : Frères Taviani, Wikipédia, 2005). Il suit des études de lettres à l’Université de Pise, où il se passionne progressivement pour le cinéma après avoir découvert notamment le travail de Roberto Rossellini, en particulier le film « Paisà » sorti en 1946 (Source : IMDb, 2024). Parallèlement à ses études, il commence à s’intéresser aux enjeux sociaux et politiques de l’Italie d’après-guerre, ce qui nourrira durablement sa sensibilité artistique (Source : Britannica, 1998). Avant de passer pleinement à la réalisation, il fait ses premiers pas comme journaliste, aux côtés de son frère Vittorio, explorant déjà des sujets liés à la vie culturelle et à la société italienne (Source : Frères Taviani, Wikipédia, 2005). Cette expérience initiale dans le journalisme influence sa manière d’aborder le réel et les témoignages, qui deviendront des matériaux centraux de son travail de cinéaste (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007).
Premiers travaux et passage au cinéma
Dans les années 1950, Paolo Taviani commence à travailler pour le cinéma en collaboration étroite avec son frère, s’orientant vers des formes documentaires puis vers la fiction (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 1954, ils réalisent le court-métrage « San Miniato, luglio ’44 », inspiré par des événements survenus dans leur ville natale pendant la Seconde Guerre mondiale (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 1960, ils coréalisent avec le documentariste néerlandais Joris Ivens « L’Italia non è un paese povero », film commandité par l’ENI qui dresse un portrait critique et complexe de l’industrialisation italienne (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Quelques années plus tard, ils signent, avec Valentino Orsini, leurs premiers longs métrages de fiction, « Un uomo da bruciare » en 1962, inspiré de la figure du syndicaliste sicilien Salvatore Carnevale, puis « I fuorilegge del matrimonio » en 1963, film à sketches traitant des limites du droit matrimonial italien (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Ces premières œuvres affirment l’intérêt de Taviani pour les sujets sociaux et politiques et installent durablement une méthode de travail en binôme avec Vittorio (Source : BFI, 2024).
Affirmation auteurale dans les années 1960 et 1970
À partir de la fin des années 1960, Paolo Taviani s’impose, avec son frère, comme l’une des voix importantes du cinéma italien d’auteur (Source : Britannica, 1998). Leur premier long métrage coréalisé sans Valentino Orsini, « I sovversivi » (« The Subversives », 1967), s’intéresse aux répercussions de la mort du dirigeant communiste Palmiro Togliatti sur plusieurs personnages, mêlant structures fragmentées et réflexion politique (Source : BFI, 2024). En 1969, « Sotto il segno dello scorpione » (« Under the Sign of Scorpio ») prolonge cette recherche formelle, avec un récit allégorique tourné sur une île volcanique, qui associe dimension mythique et lecture contemporaine des luttes collectives (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 1972, « San Michele aveva un gallo » (« St. Michael Had a Rooster »), adapté d’un texte de Léon Tolstoï, suit la trajectoire d’un révolutionnaire isolé, et interroge les limites de l’utopie à travers une mise en scène épurée (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Cette même période voit également la réalisation d’« Allonsanfàn » en 1973, film historique avec Marcello Mastroianni qui situe son récit dans l’Italie post-napoléonienne et met en scène les désillusions d’un militant révolutionnaire vieillissant (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007).
« Padre Padrone » et la reconnaissance internationale
En 1977, Paolo Taviani codirige « Padre padrone », adaptation du livre autobiographique de Gavino Ledda, qui retrace l’itinéraire d’un jeune berger sarde cherchant à s’émanciper de l’autorité paternelle et de l’isolement social (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Présenté au Festival de Cannes, le film obtient la Palme d’or et le prix FIPRESCI la même année, consacrant sur la scène internationale le travail de Taviani (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007 ; Padre Padrone, Wikipedia EN, 2005). Il reçoit également un Grand Prix à la Berlinale pour cette œuvre, ce qui renforce sa visibilité dans le circuit des festivals européens (Source : Padre Padrone, Wikipedia EN, 2005). En 1978, « Padre padrone » vaut aux frères Taviani un David di Donatello spécial, ainsi qu’un Nastro d’argento du meilleur réalisateur, confirmant l’impact critique du film en Italie (Source : Padre Padrone, Wikipedia EN, 2005). Ce succès s’inscrit dans la continuité d’une filmographie qui interroge la transmission, l’autorité et les structures sociales, en combinant motifs réalistes et dimension parfois symbolique (Source : Britannica, 1998).
« La notte di San Lorenzo » et la maturité artistique
En 1982, Paolo Taviani réalise avec Vittorio « La notte di San Lorenzo » (« The Night of the Shooting Stars »), qui revient sur les événements de 1944 en Toscane à travers le regard d’une narratrice évoquant ses souvenirs d’enfance (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Le film, conçu comme une reprise au long cours du matériau de « San Miniato, luglio ’44 », articule mémoire individuelle et mémoire collective, en mêlant séquences oniriques et scènes plus naturalistes (Source : Apple TV, 2024). Présenté à Cannes, il remporte le Grand Prix en 1982, puis reçoit, en 1983, le David di Donatello du meilleur film et celui du meilleur réalisateur, confirmant la place centrale de Taviani dans le paysage cinématographique italien (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). L’œuvre est également distinguée aux Golden Globes italiens, où elle obtient le prix du meilleur film en 1984, ce qui en fait l’un des titres les plus récompensés de leur carrière (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Cette période se prolonge avec « Kaos » en 1984, inspiré de nouvelles de Luigi Pirandello, qui reçoit à son tour un Golden Globe italien du meilleur film et un David di Donatello du meilleur scénario, renforçant l’association de Taviani à un cinéma littéraire et historique (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007).
Années 1980-1990 : diversité des récits et coproductions
Durant les années 1980, Paolo Taviani enchaîne plusieurs films qui circulent dans les festivals internationaux et dans les circuits d’art et essai (Source : IMDb, 2024). « Good Morning, Babilonia » (1987), coproduction internationale, suit l’itinéraire de deux frères toscans partis travailler à Hollywood au temps du cinéma muet, et se tourne vers l’histoire du cinéma tout en poursuivant la réflexion sur l’exil et la famille (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Au début des années 1990, « Il sole anche di notte » (« Night Sun », 1990), librement inspiré d’un texte de Tolstoï, explore une trajectoire spirituelle et morale dans un cadre historique, confirmant l’intérêt récurrent de Taviani pour les adaptations littéraires (Source : IMDb, 2024). En 1993, « Fiorile » s’organise autour d’une malédiction familiale se déployant sur plusieurs générations, combinant récits enchâssés et réflexion sur la mémoire des événements politiques (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Puis « Le affinità elettive » (« Elective Affinities », 1996), d’après Goethe, s’inscrit dans cette même logique d’adaptation, en transposant un texte classique dans une mise en scène qui interroge les liens entre choix individuels et déterminations sociales (Source : IMDb, 2024).
Travaux pour la télévision et collaborations internationales
Au tournant des années 2000, Paolo Taviani développe une activité significative dans le domaine de la fiction télévisuelle, en prolongement de son travail pour le cinéma (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 2001, il coréalise « Resurrection », adaptation pour la télévision du roman de Léon Tolstoï, produite sous forme de téléfilm, qui lui vaut le prix du Golden St. George au Festival de Moscou en 2002 (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Trois ans plus tard, la minisérie « Luisa Sanfelice » (2004), d’après Alexandre Dumas, poursuit cette exploration des récits historiques et romanesques sous un format sériel, tournée pour la télévision italienne (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Par ailleurs, Taviani participe en 2002 au film collectif « La primavera del 2002 – L’Italia protesta, l’Italia si ferma », réalisé avec quarante-six autres cinéastes, qui documente les mobilisations contre des réformes politiques en Italie (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 2007, « La masseria delle allodole », inspiré du roman d’Antonia Arslan et consacré au génocide arménien, est présenté à la Berlinale dans la section « Berlinale Special » et reçoit, l’année suivante, l’Efebo d’oro (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007).
« Cesare deve morire » et les dernières réalisations
En 2012, Paolo Taviani coréalise « Cesare deve morire » (« Caesar Must Die »), film tourné à l’intérieur de la prison de Rebibbia à Rome, où des détenus montent une adaptation de « Jules César » de Shakespeare (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). L’œuvre, qui mêle répétitions en noir et blanc et séquences théâtrales, explore les rapports entre jeu, parole et enfermement, tout en interrogeant la dimension politique du texte shakespearien (Source : Britannica, 1998). Le film remporte l’Ours d’or au Festival de Berlin en 2012, ainsi que le prix du Jury œcuménique, avant d’obtenir en Italie les David di Donatello du meilleur film et du meilleur réalisateur la même année (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Par la suite, les frères signent « Maraviglioso Boccaccio » (« Wondrous Boccaccio », 2015), libre adaptation du « Décaméron », qui revient à une structure de récits multiples situés dans l’Italie de la peste (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). Leur dernière collaboration scénaristique est « Una questione privata » (« Rainbow: A Private Affair », 2017), adaptation d’un roman de Beppe Fenoglio, dont Paolo assure seul la réalisation, ancrée dans l’Italie de la Résistance (Source : Britannica, 1998).
Distinctions et reconnaissance institutionnelle
Au fil de sa carrière, Paolo Taviani reçoit de nombreuses distinctions qui structurent son parcours dans le champ du cinéma d’auteur international (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 1977, la Palme d’or et le prix FIPRESCI pour « Padre padrone » à Cannes, complétés par les récompenses obtenues à Berlin, installent durablement son nom dans les grands festivals (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007 ; Padre Padrone, Wikipedia EN, 2005). Dans les années 1980, les David di Donatello et les Golden Globes italiens attribués à « La notte di San Lorenzo » et à « Kaos » confirment cette reconnaissance sur la scène nationale (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 1986, il reçoit un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière au Festival de Venise, qui consacre l’importance de son œuvre dans l’histoire du cinéma italien (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007). En 2008, l’Université de Pise lui décerne une laurea honoris causa en « cinéma, théâtre et production multimédia », soulignant l’influence de son travail sur la réflexion académique autour des formes filmiques (Source : Paolo and Vittorio Taviani, Wikipedia EN, 2007).
Place dans le paysage cinématographique
Films et séries réalisés par Paolo Taviani
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