Edward G. Robinson: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Edward G. Robinson en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
123
œuvres recensées
111 films · 12 séries
- Première année recensée
- 1916
- Dernière année recensée
- 1973
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1923, Edward G. Robinson passe du théâtre au cinéma avec « The Bright Shawl ». Né Emanuel Goldenberg le 12 décembre 1893 à Bucarest, il a déjà suivi une formation à l’Académie d’art dramatique de New York et joué au théâtre dès 1913. Son nom circule ensuite dans plus de 100 films et 30 pièces de Broadway, avec des rôles qui reviennent souvent vers le crime, l’autorité ou la menace.
De Bucarest à New York
Emanuel Goldenberg naît dans une famille roumaine juive qui parle yiddish. À l’âge de 10 ans, il quitte Bucarest avec les siens pour les États-Unis. La nouvelle vie s’écrit d’abord sur scène, puis à New York, où il suit une formation à l’Académie d’art dramatique avant de monter sur les planches en 1913.
Le nom de scène Edward G. Robinson s’impose peu après. Il accompagne un acteur qui travaille d’abord dans le théâtre puis dans les premiers films, sans rompre avec la scène. La mention de 30 pièces de Broadway dit assez la place du plateau dans sa carrière, bien avant que le cinéma ne l’installe durablement dans les mémoires.
En 1923, « The Bright Shawl » marque l’entrée de Robinson dans le cinéma. La suite, dès les années 1920, passe par « The Hole in the Wall » en 1929, où il figure au générique sous le nom de « The Fox », puis par « Night Ride » et « Outside the Law » en 1930. Ces titres annoncent une présence déjà solide dans le cinéma de studio, sans qu’il soit besoin d’en forcer la lecture.
Les années Mervyn LeRoy
En 1931, « Five Star Final » le place dans la peau de Joseph W. Randall, rédacteur en chef. La même année, « Le Petit César » de Mervyn LeRoy lui offre Caesar Enrico Bandello. Ce rôle fait de lui un visage associé au gangster, sans enfermer le reste de sa filmographie dans un seul motif.
Le titre de 1931 est suivi de « Smart Money », puis en 1932 de « L’Honorable Monsieur Wong », « Deux Secondes », « Le Harpon rouge » et « Valet d’argent ». La cadence est soutenue, mais elle ne se réduit pas à une suite mécanique de productions. Robinson circule déjà entre rôles d’hommes d’affaires, de figures de l’ombre et de personnages à la limite de la violence.
La même période le mène vers « I Loved a Woman » en 1933, puis « The Man with Two Faces » en 1934. En 1935, il tourne « Barbary Coast » avec Howard Hawks et « The Whole Town’s Talking » avec John Ford. Deux ans plus tard, « Bullets or Ballots » et « Kid Galahad » prolongent cette présence au premier plan du cinéma américain des années 1930.
Assurance sur la mort et Key Largo
« Assurance sur la mort », sorti en 1944 et réalisé par Billy Wilder, lui vaut le rôle de l’enquêteur d’assurance Walter Neff. Le film compte parmi ses titres les plus cités et fixe une nouvelle image de Robinson, moins liée au seul gangster que dans les années 1930. Dans « Le Criminel » en 1946, il joue un inspecteur de la commission des Nations unies chargé de poursuivre des criminels de guerre nazis.
En 1948, « Key Largo » de John Huston le retrouve dans un rôle de gangster. La même année, sa présence apparaît aussi à la télévision avec « The Ed Sullivan Show ». Robinson se tient alors dans plusieurs espaces de diffusion sans changer de cap, avec des apparitions qui gardent la même autorité de ton.
L’année 1949 apporte un tournant de reconnaissance avec « La Maison des étrangers » de Joseph L. Mankiewicz. Son interprétation d’un banquier autoritaire lui vaut le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. La même année, son nom circule aussi du côté du jury du festival, après une rencontre avec Jean Gabin en 1941, détail qui le relie déjà à un circuit international de cinéma et de langues.
Télévision, Césars bibliques, ultime apparition
Au début des années 1950, Robinson passe par plusieurs émissions et téléfilms, dont « What’s My Line? » en 1950, « The Ford Television Theatre » en 1952, « Cérémonie des Oscars » en 1953, « Climax! » en 1954 et « The Steve Allen Show » en 1956. Il apparaît aussi dans « Dick Powell’s Zane Grey Theatre » en 1956, puis dans « The Lucy Show » en 1962.
« Les Dix Commandements », en 1956, lui donne le rôle de Dathan. Le film de Cecil B. DeMille s’ajoute à une série de rôles de pouvoir ou d’opposition qui traversent son travail des années 1940 et 1950. Robinson revient à une forme d’apparition plus légère dans « Batman » en 1966, où il est crédité comme Edward G. Robinson sans être nommé au générique.
La fin du parcours filmé passe par « Night Gallery » en 1970, où il joue Abraham Goldman, puis par « Soleil vert » en 1973, où il apparaît pour la dernière fois à l’écran sous les traits de Solomon « Sol » Roth. L’Oscar d’honneur lui est décerné deux mois après sa mort, le 26 janvier 1973 à Los Angeles.
Prix et reconnaissance
Le prix d’interprétation masculine du Festival de Cannes pour « La Maison des étrangers » en 1949 occupe une place nette dans son palmarès. L’Oscar d’honneur attribué en 1973 vient couronner l’ensemble d’une présence au cinéma qui s’étend sur 50 ans. L’American Film Institute le classe aussi vingt-quatrième acteur de légende.
Sa renommée vient sans détour d’un jeu qui a traversé le cinéma de studio, le film noir, la fresque biblique et la télévision de variété. Robinson a été régulièrement cité parmi les grands acteurs n’ayant jamais reçu de nomination aux Oscars, remarque récurrente dans les histoires du cinéma américain. Sa place tient moins à une étiquette qu’à cette capacité à passer d’un inspecteur, d’un banquier ou d’un criminel à un témoin, un animateur ou un invité de plateau, sans jamais perdre la netteté de sa présence.
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