Dimitri Tiomkin: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Dimitri Tiomkin en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
131
œuvres recensées
131 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1930
- Dernière année recensée
- 1975
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1930, Cœurs impatients l’associe à Hollywood après ses années de formation au Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg. Né le 10 mai 1894 à Krementchouk, dans l’Empire russe, Dimitri Tiomkin arrive à la musique de film avec une solide école de piano et de composition, nourrie par les enseignements de Felix Blumenfeld, Ferruccio Busoni, Alexandre Glazounov, Isabelle Vengerova et Egon Petri. Sa mort, le 11 novembre 1979 à Londres, clôt une carrière commencée à partir de 1929.
Du Conservatoire à l’écran américain
Le piano tient chez lui la place d’un socle. Tiomkin sort du Conservatoire Rimski-Korsakov avec une formation qui le place dans la lignée des musiciens russes passés par Saint-Pétersbourg, avant de prendre le chemin des États-Unis. Son activité se fixe vite autour de la composition pour le cinéma, du travail d’arrangeur et de chef d’orchestre.
Resurrection, en 1931, le retrouve chez Edwin Carewe, puis Alice au pays des merveilles en 1933 chez Norman Z. McLeod. Ces premiers crédits américains le font entrer dans une industrie où la musique modèle le récit autant qu’elle l’accompagne. La suite confirme une présence régulière dans les productions de studio, avec Un drame au casino en 1935 pour Edwin L. Marin et Les Mains d’Orlac la même année pour Karl Freund.
Frank Capra s’intéresse à lui avec Les Horizons perdus en 1937, puis Vous ne l’emporterez pas avec vous en 1938 et Monsieur Smith au Sénat en 1939. Howard Hawks lui confie Seuls les anges ont des ailes en 1939. Dans ces années, Tiomkin traverse plusieurs genres sans se limiter aux mêmes équipes, tout en travaillant déjà avec des cinéastes qui comptent dans le paysage hollywoodien.
Les années Capra, Wyler et Hawks
Le Cavalier du désert en 1940, chez William Wyler, marque une nouvelle collaboration avec un réalisateur majeur de l’époque. La même période le voit revenir vers Frank Capra avec L'Homme de la rue en 1941. Tiomkin travaille alors sur plusieurs productions la même saison, parfois sans crédit, parfois sur des partitions liées aux standards du système hollywoodien.
La décennie suivante l’installe dans des partitions où la chanson prend une place décisive. Le train sifflera trois fois, en 1952, lui vaut la musique originale et la direction musicale. La chanson High Noon - Do Not Forsake Me, Oh My Darlin lui apporte l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1953. Le film devient l’un des points les plus visibles d’une œuvre qui associe souvent orchestration et thème chanté, sans dissocier l’image de la ligne mélodique.
William Wyler le retrouve avec Le crime était presque parfait en 1954, où Tiomkin signe la musique originale et assure aussi la direction d’orchestre. Deux ans plus tard, Géant en 1956 prolonge cette reconnaissance auprès d’un autre grand réalisateur de studio. Frank Capra reste présent dans cette période, et Howard Hawks revient avec Rio Bravo en 1959, où Tiomkin signe la musique, les chansons et la direction d’orchestre.
L’Oscar et la place des chansons
Tiomkin obtient trois fois l’Oscar de la meilleure musique de film: pour Le train sifflera trois fois en 1953, Écrit dans le ciel en 1955 et Le Vieil Homme et la Mer en 1959. À cela s’ajoute l’Oscar de la meilleure chanson originale pour High Noon - Do Not Forsake Me, Oh My Darlin. Le total de ses nominations aux Oscars atteint 14, chiffre qui le place parmi les compositeurs les plus régulièrement distingués de son époque.
Les Canons de Navarone, en 1961, s’inscrit dans cette même veine, avec musique originale et chansons. Le travail sur la chanson n’occupe pas ici une place secondaire. Il devient une part de la structure du film, au même titre que l’orchestre. Cette attention portée au thème chanté se retrouve aussi dans Rio Bravo, où les chansons font corps avec la partition.
La reconnaissance ne passe pas seulement par Hollywood. Tiomkin reçoit aussi l’Ordre d’Isabelle la Catholique, devient chevalier des Arts et des Lettres et officier de la Légion d’honneur. Ces distinctions accompagnent une activité qui dépasse le cadre strict du cinéma américain et qui touche à la circulation internationale de sa musique.
Télévision, production et dernières années
En 1957, Tonight Starring Jack Paar l’amène à la télévision. Cette apparition rappelle qu’il ne se limite pas au long métrage et qu’il intervient aussi dans d’autres formats audiovisuels. Son nom reste pourtant d’abord lié aux partitions de cinéma, à ces films où la musique porte la tension dramatique aussi sûrement que les dialogues.
Tiomkin occupe aussi des fonctions de producteur de cinéma, d’arrangeur musical et de chef de groupe musical. Ces activités complètent le portrait d’un musicien qui a souvent travaillé à la tête de ses propres partitions. Le piano demeure son instrument de base, et ses collaborations avec Frank Capra, Howard Hawks, William Wyler, John Huston, Alfred Hitchcock, Richard Fleischer ou John Sturges dessinent un réseau de commandes parmi les plus visibles du Hollywood classique.
Ses musiques ont laissé circuler des thèmes appelés à survivre aux films eux-mêmes, à l’image de The Green Leaves of Summer, extraite de Alamo en 1960. Tiomkin meurt à 85 ans, le 11 novembre 1979, à Londres. Il repose au Forest Lawn Memorial Park.
Filmographie essentielle et distinctions
- 1930: Cœurs impatients de Harry Beaumont
- 1931: Resurrection d’Edwin Carewe
- 1933: Alice au pays des merveilles de Norman Z. McLeod
- 1937: Les Horizons perdus de Frank Capra
- 1939: Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra
- 1940: Le Cavalier du désert de William Wyler
- 1941: L'Homme de la rue de Frank Capra
- 1952: Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann
- 1954: Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock
- 1956: Géant de George Stevens
- 1959: Rio Bravo de Howard Hawks
- 1961: Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson
- Oscar de la meilleure musique de film: 3 victoires, pour Le train sifflera trois fois (1953), Écrit dans le ciel (1955) et Le Vieil Homme et la Mer (1959)
- Oscar de la meilleure chanson originale: High Noon - Do Not Forsake Me, Oh My Darlin pour Le train sifflera trois fois (1953)
- 14 nominations aux Oscars
- Golden Globe de la meilleure musique de film: Alamo (1960)
- Golden Globe de la meilleure chanson originale: Town Without Pity (1961)
Filmographie de Dimitri Tiomkin
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