Gino Corrado: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Gino Corrado en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
251
œuvres recensées
251 films · 0 séries
- Première année recensée
- 1916
- Dernière année recensée
- 1976
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1916, Intolérance de D. W. Griffith fait entrer Gino Corrado dans le cinéma américain. Né à Florence en 1893 sous le nom de Gino Corrado Liserani, il quitte l’Italie durant ses études et s’installe aux États-Unis, où sa silhouette traverse près de 400 films jusqu’en 1954. Son nom circule souvent sans générique, dans des rôles brefs de serveur, de chef ou de responsable d’hôtel, au milieu des grands studios hollywoodiens.
Des studios muets aux premiers grands rôles
L’année 1916 le voit apparaître dans Intolérance, où il tient un messager. Le film ouvre une longue série de présences dans le cinéma américain, d’abord dans des productions du muet. Gino Corrado y travaille avec une régularité rare, passant d’un tournage à l’autre sans changer de terrain.
En 1926, La Bohème de King Vidor lui offre le rôle de Marcel. La même année, il figure dans Les Bateliers de la Volga de Cecil B. DeMille, puis dans Bardelys le magnifique. Quelques années plus tard, Le Masque de fer d’Allan Dwan le place dans Aramis, un rôle nommé qui tranche avec la masse de ses interventions muettes. Cette période lui donne aussi L’Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau en 1927, où il apparaît comme directeur d’un salon de coiffure.
À cette époque, sa présence épouse la mécanique des seconds plans, des salons, des hôtels, des couloirs, des cuisines. Il passe d’un personnage à l’autre sans que la machine hollywoodienne ait besoin d’insister sur lui. Le muet lui ouvre pourtant un espace stable, occupé sur plusieurs années par des rôles courts mais nombreux.
Les années 1930 et le règne des seconds rôles
Dans les années 1930, Gino Corrado passe sans difficulté au parlant. En 1932, Scarface le montre en serveur au Columbia Cafe. Trois ans plus tard, L’Élixir du docteur Carter l’inscrit dans un western de Carl L. Pierson, tandis que le nombre de productions américaines auxquelles il participe continue de grossir.
La décennie suivante le retrouve dans des films très différents. En 1937, La Révolte lui donne un rôle de serveur dans le Lorenz Review. En 1939, Autant en emporte le vent le fait apparaître brièvement dans un rôle mineur, la même année que Monsieur Smith au Sénat, où il joue un barbier. Ces emplois courts, souvent sans nom à l’écran, composent une présence continue dans les marges du cinéma de studio.
Par ailleurs, Gino Corrado intervient dans plusieurs titres qui comptent parmi les plus connus de cette période. Le Dictateur de 1940 le montre en sculpteur. Rebecca le place à la tête du Princess Hotel. Les Raisins de la colère lui confie un chef. Dans chacun de ces films, sa présence tient en quelques scènes, mais elle s’inscrit dans une chaîne de petites fonctions qui structurent les décors sociaux du cinéma américain de l’époque.
Les visages de l’arrière-plan
En 1941, Citizen Kane lui donne un personnage nommé, Gino. L’année précédente, Casablanca l’avait placé comme serveur chez Rick. En 1946, Les Tueurs le retrouve en chef de restaurant. Entre ces apparitions, Gino Corrado reste fidèle aux métiers de service, de cuisine ou d’accueil, que Hollywood distribue à des acteurs de complément venus d’Europe.
Son visage apparaît aussi dans Pour que sonne la cloche en 1945, sous le nom de Zapulla. Le choix de ces rôles raconte moins une progression qu’une spécialisation. Il entre dans les lieux, s’y tient un instant, puis disparaît au profit des stars et des intrigues principales. Les grands films s’appuient sur ces présences discrètes pour donner du relief aux scènes de passage.
La même logique traverse ses participations à des westerns. Le contexte documentaire en signale une vingtaine, dont L’Élixir du docteur Carter. Gino Corrado y occupe le fond des saloons et les emplois secondaires, sans que sa filmographie se laisse réduire à un seul type de production. Le western n’efface pas les drames urbains, les comédies ou les films historiques où il apparaît aussi.
Une présence jusqu’en 1954
Le dernier des 3 films américains qu’il tourne se situe en 1954. Entre Intolérance en 1916 et cette date, Gino Corrado a traversé plusieurs âges du cinéma sans quitter les plateaux de façon durable. Son nom change parfois de forme, sous les alias Gino Corrado Liserani, Eugene Corey, Gene Corey, Geno Corrado ou Mr. Liserani, mais sa fonction reste celle d’un acteur de présence immédiate.
Il meurt le 23 décembre 1982 à Woodland Hills, en Californie, à 89 ans. La distance entre Florence et Hollywood dessine une vie de circulation plus que de vedette. Chez lui, la mémoire cinéphile retient moins une vedette qu’une constellation de passages dans des films de Griffith, Murnau, DeMille, Hawks, Curtiz, Welles ou Vidor.
Cette filmographie, qui va du muet aux années 1950, laisse apparaître une manière très précise d’occuper l’écran. Gino Corrado entre dans les scènes par les métiers qu’il joue, par les espaces qu’il traverse, par la continuité d’une silhouette devenue familière aux grands studios américains.
Films et séries avec Gino Corrado
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