Cinéma & Divertissement

The Social Reckoning : Portia Doubleday aux racines du complotisme

Pour jouer Kaylee, l’actrice s’est appuyée sur des proches radicalisés : un glissement progressif, pas un interrupteur idéologique.

Publié le 3 min de lecture

Pour jouer Kaylee, l’actrice s’est appuyée sur des proches radicalisés : un glissement progressif, pas un interrupteur idéologique.

Portia Doubleday a puisé dans son entourage pour construire son personnage dans The Social Reckoning : elle dit avoir connu des personnes radicalisées. Son point de départ n’est pas le complotiste comme numéro de foire, mais le chemin qui mène à ses convictions.

Sommaire3 sections
  1. 01La radicalisation n’a pas de bouton marche-arrêt
  2. 02Deux jours pour trouver le fil
  3. 03Après les réseaux, l’IA dans le viseur

Dans le long métrage réalisé par Aaron Sorkin, Kaylee passe d’un engagement militant à gauche à une participation à l’insurrection du 6 janvier. Ce parcours donne au rôle sa difficulté : il faut incarner un déplacement politique, pas seulement afficher les convictions du personnage à l’arrivée. Le récit pose deux extrémités; les explications de Doubleday éclairent le travail entrepris pour les relier.

Le sujet, pour l’actrice, est moins la bascule spectaculaire que l’accoutumance.

La radicalisation n’a pas de bouton marche-arrêt

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Doubleday décrit chez les personnes qu’elle connaissait une exposition répétée à des vidéos complotistes. À ses yeux, leur adhésion s’est construite progressivement, tandis que des idées extrêmes devenaient normales. Elle ne raconte donc pas une conversion instantanée, mais une évolution observée dans la durée. C’est ce matériau personnel qu’elle dit avoir mobilisé pour son rôle.

La distinction compte dans la manière d’aborder Kaylee. Jouer quelqu’un déjà convaincu et chercher comment cette personne le devient ne posent pas la même question d’interprétation. Ici, les observations rapportées par Doubleday déplacent l’attention vers la répétition et la normalisation. Pas besoin d’un grand éclair idéologique : dans son récit, le glissement se fait à force de regarder.

Deux jours pour trouver le fil

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Ce travail s’est aussi précisé sur le plateau. Doubleday indique que la scène d’ouverture a été tournée en deux jours et qu’Aaron Sorkin l’a aidée à trouver la progression de Kaylee. Son témoignage relie donc deux appuis distincts : les personnes observées hors du cinéma et l’accompagnement du réalisateur pendant le tournage.

Ces indications portent sur la construction du rôle, pas sur le résultat à l’écran. Elles permettent de comprendre l’enjeu posé à l’interprète sans distribuer de bons points à une performance : rendre un parcours lisible ne revient pas à lui donner raison. Le passage de la militante de gauche à la participante à l’insurrection reste bien celui du personnage, et non une trajectoire que l’on peut attribuer en bloc aux connaissances de l’actrice.

Après les réseaux, l’IA dans le viseur

Scène officielle : The Social Reckoning
The Social Reckoning © Droits réservés

Doubleday prolonge cette réflexion au-delà de Kaylee. Elle rapproche l’influence des réseaux sociaux évoquée par le film des incertitudes qu’elle associe à l’intelligence artificielle. Il s’agit de son parallèle, pas d’une équivalence démontrée entre les deux technologies : l’actrice met en regard les conséquences des réseaux sociaux et ses interrogations face à l’IA.

Bande-annonce VF de The Social Reckoning

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Vincent Bazire
Écrit par

Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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