Cinéma & Divertissement

Ray Gunn : Brad Bird soigne le décor, moins son héros

Le polar animé rétro-futuriste mise sur une esthétique affirmée, mais son humour tire trop souvent à blanc.

Publié le 3 min de lecture

Le polar animé rétro-futuriste mise sur une esthétique affirmée, mais son humour tire trop souvent à blanc.

Avec Ray Gunn, Brad Bird livre un polar animé rétro-futuriste dont la maîtrise graphique mérite le détour. Pour les éclats de rire, en revanche, on repassera.

Sommaire2 sections
  1. 01Art déco, cœur au frigo
  2. 02Le rire reste au vestiaire

Présenté le 8 octobre 2026 à Londres, dans le cadre des galas du London Film Festival, ce long métrage de 119 minutes est une production Skydance Animation pour Netflix. Bird en signe la réalisation et partage le scénario avec Matthew Robbins, à partir de sa propre histoire. Le projet réunit donc sous une même signature son impulsion narrative et sa mise en scène, sans que ces deux dimensions produisent une réussite égale.

Le film trouve son expression la plus convaincante dans la construction de ses images. Son animation, ses décors et ses contrastes chromatiques composent une proposition esthétique précise. Ce n’est pas un mince mérite. Mais admirer un cadre ne suffit pas à s’intéresser à celui qui l’habite.

Art déco, cœur au frigo

Scène officielle : Ray Gunn
Ray Gunn © Droits réservés

Les décors Art déco donnent à Ray Gunn son caractère, tandis que la palette rouge et lilas affirme un goût du contraste. Le rétro-futurisme bénéficie ici d’un véritable travail de construction visuelle : l’image porte une identité, plutôt qu’un simple habillage destiné à signaler le genre. C’est sur ce terrain que le film convainc le plus nettement.

Cette réussite mérite d’être distinguée du jugement porté sur les personnages. Une animation techniquement séduisante peut procurer un plaisir autonome, et celle-ci en procure. On n’a pas besoin de minorer le travail graphique pour constater ses limites dramatiques. Le problème commence lorsque ce plaisir de regarder doit aussi devenir une raison de s’attacher.

Le rire reste au vestiaire

Scène officielle : Ray Gunn
Ray Gunn © Droits réservés

Les gags franchement efficaces sont trop rares. La réserve ne porte pas sur l’absence d’une avalanche de plaisanteries, mais sur leur capacité à produire un effet : l’énergie visuelle ne constitue pas, à elle seule, un ressort comique. Le film a de l’allure; il peine davantage à trouver le trait qui fait mouche. Belle carrosserie, moteur comique moins vaillant.

La distribution vocale rassemble notamment Sam Rockwell, Scarlett Johansson et Tom Waits. Ces noms ne règlent pourtant pas le défaut d’incarnation des personnages. Ray, en particulier, suscite trop peu d’attachement pour donner au spectacle le point d’ancrage affectif qui lui manque. On peut apprécier ce qui l’entoure sans éprouver grand-chose pour lui.

Le défaut le plus gênant n’est donc pas une image froide, mais un héros qui laisse à distance. Le manque de chaleur et la faiblesse des gags se rejoignent à cet endroit précis : Ray peine à devenir davantage que le personnage autour duquel s’organise une belle construction graphique.

Bande-annonce VF de Ray Gunn

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Vincent Bazire
Écrit par

Journaliste citoyen depuis plus de 20 ans, passionné de cinéma et réalisateur de courts-métrages sur mon temps libre.

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