Ironweed : Nicholson et Streep, loin de la garantie de succès

Un Pulitzer, deux têtes d’affiche et un accueil difficile : le drame de Héctor Babenco mérite mieux qu’une étiquette de flop.

Porté par Jack Nicholson et Meryl Streep, Ironweed : La force d’un destin conserve une réputation d’échec critique et commercial. Son ambition littéraire offre pourtant une autre porte d’entrée que le sempiternel tampon « flop ».

Au sommaire
  1. 01Le Pulitzer ne fait pas le box-office
  2. 02Kennedy garde la plume

Le long métrage de Héctor Babenco sort en 1987, trois ans après le Pulitzer de la fiction attribué au roman de William Kennedy. L’écrivain signe lui-même l’adaptation. Voilà le point décisif : entre le livre et l’écran, son auteur ne disparaît pas de l’équation, il prend en charge le scénario.

Affiche de Ironweed : La force d'un destin
Affiche de Ironweed : La force d'un destin

Le revers du film n’épuise pas la question de sa fidélité au roman.

Le Pulitzer ne fait pas le box-office

On peut réunir une œuvre littéraire distinguée, deux interprètes de premier plan et un cinéaste sans obtenir un succès. Ironweed en fournit un exemple : Nicholson incarne Francis, Streep joue Helen, mais cette affiche n’a pas empêché un accueil difficile. Le prestige n’est pas une assurance tous risques.

Scène officielle : Ironweed : La force d'un destin
Ironweed : La force d'un destin © Droits réservés

Faut-il pour autant faire de la fidélité au livre la cause de ce revers? Ce serait aller trop vite. L’hypothèse permet d’interroger le passage d’un roman au cinéma; elle ne démontre ni les raisons de la réception critique ni celles de l’échec commercial. Une ambition artistique et un mauvais accueil peuvent coexister sans que la première explique mécaniquement le second.

Kennedy garde la plume

La défense du film repose sur un argument précis : son adaptation respecte le roman, et sa réception a sous-évalué sa portée. Cette lecture invite à séparer deux questions trop souvent confondues, celle du succès rencontré et celle de ce que l’œuvre accomplit. Pas besoin de transformer un revers en médaille pour rouvrir la discussion.

Le projet possède aussi une ampleur concrète : ce drame dure 143 minutes. Derrière le duo Nicholson-Streep, la distribution réunit Carroll Baker, Michael O’Keefe et Diane Venora. À la réalisation, Babenco; au scénario, Kennedy, adaptant son propre roman couronné en 1984.

Scène officielle : Ironweed : La force d'un destin
Ironweed : La force d'un destin © Droits réservés

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