
À Zurich, le cinéaste relie sa comédie noire sur deux agents de la CIA à des préoccupations contemporaines.
Deux agents de la CIA sur l’île de Pâques, à la veille du coup d’État chilien de 1973 : c’est le point de départ de Wild Horse Nine, une comédie noire réalisée par Martin McDonagh. John Malkovich et Sam Rockwell incarnent le duo. Le cadre historique donne du poids aux propos tenus par le cinéaste au Festival du film de Zurich, où il présente ce long métrage comme probablement le plus politique de sa carrière, d’après Variety.

McDonagh ne réduit pas cette ambition politique à l’époque où se déroule l’intrigue. Il estime que certaines scènes liées aux interventions passées peuvent faire écho à des événements contemporains et cite le Venezuela et l’Ukraine. C’est un rapprochement qu’il propose, pas une équivalence établie entre ces situations.
Le décalage mérite qu’on s’y arrête : le film prend la forme d’une comédie noire, tandis que son réalisateur insiste sur la portée politique de ce qu’il raconte. Ses déclarations indiquent une intention, sans permettre encore de juger comment elle se traduit à l’écran.

Le voyage des personnages place Malkovich et Rockwell dans un moment précis : avant le coup d’État chilien. McDonagh choisit donc de situer son récit en amont de cet événement, tout en invitant à regarder au-delà de 1973. C’est sur ce lien entre passé et présent qu’il appuie, à Zurich, sa lecture de Wild Horse Nine.