Entre un showrunner viré avant même le lancement et une saison 2 déjà sous tension, Dutton Ranch continue de jouer la grande loterie des spin-off à la sauce Paramount+. Cole Hauser, lui, préfère voir le verre à moitié plein, et tant pis si le ranch ressemble parfois à un champ de bataille administratif.

Pour situer le bazar : Dutton Ranch, prolongement direct de Yellowstone de Taylor Sheridan, a débarqué le 15 mai 2026 sur Paramount+ et a immédiatement fait parler la poudre. Le studio a revendiqué 12,9 millions de spectateurs mondiaux sur les sept premiers jours, soit le plus gros lancement original de son histoire. Pas mal pour une série qui, en coulisses, a déjà connu son lot de secousses, avec le départ de Chad Feehan avant la diffusion et plusieurs récits de tensions entre créatifs, interprètes et production. Dans ce genre de machine à fantasmes, le succès public ne calme pas toujours les nerfs ; il les aiguise, au contraire. Quand la poule aux œufs d’or se met à boiter, tout le monde regarde d’abord les sabots.

Et c’est là que Benjamin Cavell entre en scène, avec la bénédiction de Cole Hauser, qui voit en lui un relais “très spécial” pour la saison 2.

Un nouveau shérif au saloon

Benjamin Cavell n’arrive pas de nulle part. Avant de tenir la barre de Dutton Ranch, il a écrit pour Justified, travaillé sur Homeland et Sneaky Pete, puis créé The Institute pour MGM+. Bref, un profil de scénariste-showrunner qui connaît les séries où la morale se négocie au couteau, au colt ou au chantage émotionnel. Son arrivée à la fin juin 2026 a aussitôt été lue comme une tentative de remettre de l’ordre dans une production qui a déjà mangé son pain noir. Et Cole Hauser, interrogé par People, a joué la carte de la confiance : il dit avoir échangé avec Cavell et le décrit comme quelqu’un de très particulier, avec un avenir prometteur pour lui, Beth, Carter et la série dans son ensemble. On sent bien l’envie de refermer la parenthèse des remous. Le ranch change de capitaine, mais pas de ligne de crête.

Affiche de Dutton Ranch
Affiche de Dutton Ranch

Ce qui amuse un peu, dans l’histoire, c’est que Cavell vient aussi de l’écosystème SEAL Team, tout comme Spencer Hudnut, le showrunner de Marshals, ce spin-off de Yellowstone qui a déjà traîné une réputation de série mal définie, un peu à la dérive, un peu en roue libre. Forcément, l’équipe de la rédaction lève un sourcil : est-ce vraiment le bon mouvement pour stabiliser Dutton Ranch ? Ou juste une manière de recycler les mêmes profils dans le même marigot ? La question vaut ce qu’elle vaut, mais elle dit bien le problème de ces franchises tentaculaires : à force de vouloir passer le flambeau, on finit parfois par se brûler les doigts.

Rip Wheeler, la brute qui se tient à carreau

Hauser a aussi glissé un mot sur Rip Wheeler, et là, on touche au nerf du truc. L’acteur laisse entendre que la saison 2 montrera une nouvelle facette du personnage, sans en dire davantage. En saison 1, Rip tentait déjà de se poser en homme de maison, presque en père tranquille qui veille sur son ranch. Sauf que Dutton Ranch n’est pas du genre à laisser ses personnages respirer longtemps : le drame revient toujours, comme un vieux chien qu’on croyait perdu. Du coup, on peut s’attendre à retrouver le Rip plus sec, plus frontal, plus animal, celui qui fait la réputation du personnage depuis Yellowstone. Le calme, chez lui, c’est souvent juste l’entracte avant la casse.

Il y a derrière ça une lecture méta assez savoureuse. Cole Hauser a longtemps incarné des hommes de l’ombre, des seconds rôles solides, des types qui encaissent avant de cogner. Rip, c’est un rôle taillé pour lui comme une botte sur mesure : même carrure, même économie de parole, même menace contenue. Quand il parle d’un “nouveau côté” du personnage, on entend aussi une promesse industrielle très claire : garder le public accroché en élargissant la palette sans trahir la marque. Dans les franchises télé, la nuance sert souvent de lubrifiant narratif. Et quand ça marche, tout le monde applaudit comme si la série avait inventé l’eau tiède.

Un tournage sous météo de western maudit

Hauser a également raconté les conditions de tournage de la première saison à People : chaleur, froid glacial, tempêtes de glace, bref, la totale. Rien de très glamour, mais c’est aussi ça, la fabrication d’un mastodonte télévisuel tourné en décors naturels, loin des plateaux climatisés où les studios aiment tant faire semblant que tout est simple. Le comédien dit que l’équipe était épuisée à la fin de l’épisode 9, prête à souffler avant de repartir l’année suivante. On le croit volontiers. Entre la météo, les changements en coulisses et les ajustements de casting, la première saison a visiblement eu des airs de rodéo administratif. À ce stade, le ranch avait moins besoin d’un cow-boy que d’un bon syndicaliste.

Reste que le bilan public, lui, est solide. Paramount+ a vu juste en misant sur l’appétit intact du public pour l’empire Sheridan, et la saison 2 doit commencer son tournage en février 2027. D’ici là, le temps ne manque pas pour recoller les morceaux, lisser les angles et espérer que la série garde ce qui fait sa force : un mélange de soap rural, de tragédie familiale et de virilité sous pression. Le genre de cocktail qui peut vite tourner au vinaigre si la mécanique se grippe, mais qui, bien tenu, continue de faire lever les yeux au ciel et revenir au prochain épisode. On verra bien si Cavell tient la bride ou si le ranch repart en vrille. Après tout, dans cette famille-là, le calme n’a jamais été un état naturel.

Bande-annonce VF de Dutton Ranch

Part.
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