Le MCU a longtemps traité Spider-Man comme une pièce rapportée. Avec Spider-Man: Brand New Day, Tom Holland cesse enfin d’être le petit nouveau qu’on case au fond du plan et devient un vrai moteur dramatique.

Depuis son arrivée dans Captain America: Civil War en 2016, Peter Parker a surtout servi de variable d’ajustement à la grande machine Marvel : un ado brillant, sympathique, bien casté, mais coincé dans des récits qui regardaient souvent ailleurs. Le problème n’était pas Holland, évidemment. Le garçon a toujours eu ce mélange de vivacité, de fragilité et d’élan qui colle au personnage comme un gant. Le souci, c’était l’architecture. Dans une franchise qui a parfois confondu continuité et respiration, Spider-Man a trop souvent eu l’air d’un invité de luxe à sa propre fête. Et quand le cinéma de super-héros commence à sentir l’auto-citation tiède, on sait que la poule aux œufs d’or s’est un peu assise sur ses lauriers.

Dans la critique publiée le 28 juillet 2026 par Jeremy Mathai pour Slashfilm, le constat est limpide : ce quatrième opus remet Peter Parker au centre, avec une vraie idée de mise en scène, un ancrage émotionnel plus net et un regard moins obsédé par le grand cirque multiversel. Le film, réalisé par Destin Daniel Cretton, dure 145 minutes et sort en salles le 31 juillet 2026. On y croise aussi Mark Ruffalo, Jon Bernthal, Zendaya, Jacob Batalon et Sadie Sink, autant dire un casting qui sent moins le simple caméo de prestige que la stratégie de domination douce. Et, miracle, le film ressemble enfin à un film plutôt qu’à un épisode hypertrophié de série premium.

Le vrai tour de force de Brand New Day, c’est de comprendre que Spider-Man n’a jamais été intéressant parce qu’il est invincible, mais parce qu’il encaisse.

Un héros qui prend des coups, enfin pour de bon

Jeremy Mathai insiste sur un point que beaucoup de blockbusters récents oublient en route : Spider-Man fonctionne quand il est ramené au sol, quand la ville lui résiste, quand ses choix ont un coût. Ici, Peter Parker est décrit comme seul, oublié, forcé d’assumer les conséquences de ce qu’il a déclenché. Ce n’est pas seulement une posture dramatique, c’est le cœur même du mythe. Spider-Man n’a jamais été un demi-dieu en armure brillante ; c’est un gamin qui se relève après chaque mandale, avec la tête pleine de doutes et les poches vides. Le film semble enfin avoir compris ça, et ça change tout.

Le critique salue aussi la façon dont Cretton filme New York comme un véritable organisme, presque une entité morale, avec une énergie qui rappelle par moments Sam Raimi. Là, on touche à quelque chose de précieux : la ville n’est plus un décor interchangeable, elle redevient un terrain d’épreuve. Les couleurs sont plus franches, les contrastes plus nets, les points de vue plus nerveux. Bref, il y a de la mise en scène, de la chair, du relief. Pas juste des pixels qui font semblant d’avoir une âme. Quand un film de super-héros se souvient qu’il peut avoir une géographie, on respire déjà mieux.

Affiche de Spider-Man : Brand New Day
Affiche de Spider-Man : Brand New Day

Le piège des clins d’œil, ou l’art de ne pas se noyer dedans

Le revers de la médaille, parce qu’il y en a un, tient à l’empilement. La critique pointe un scénario parfois trop explicatif, des thèmes martelés à l’excès et un rythme qui patine par endroits. Les apparitions de Bruce Banner et Frank Castle, incarnés par Mark Ruffalo et Jon Bernthal, semblent plus consistantes que de simples passages éclair, mais le film ne se débarrasse pas totalement de cette manie Marvel de vouloir tout raccorder à tout. On connaît la chanson : plus l’univers s’étend, plus il risque de se mordre la queue comme un ouroboros sous stéroïdes.

Pour autant, Brand New Day ne s’effondre pas sous le poids de ses ambitions. Le film garde le cap grâce à une ligne claire : Peter doit avancer, pas réparer le passé à coups de nostalgie molle. C’est là que le long métrage semble rompre avec l’obsession du MCU pour la mémoire, le clin d’œil et le recyclage affectif. On n’est plus dans le musée de la franchise, mais dans une histoire de perte, de sacrifice et d’identité. Et ça, dans une machine à fantasmes qui adore regarder dans le rétroviseur, c’est presque un acte de rébellion.

Holland, enfin à sa place sur l’Olympe

La critique de Slashfilm va jusqu’à parler du meilleur Spider-Man du MCU à ce jour. C’est une formule forte, mais elle tient debout si l’on regarde ce que le film semble réussir là où les précédents avaient parfois trébuché : faire exister Tom Holland non pas comme une version junior du héros, mais comme son interprète définitif dans cet écosystème-là. Le film lui donne de la matière, de la douleur, du temps de jeu. Il lui permet d’être drôle sans être réduit au gimmick, vulnérable sans être écrasé, héroïque sans être lisse. Le garçon n’avait pas besoin d’un costume plus voyant ; il lui fallait un récit qui lui rende sa gravité.

On peut toujours discuter la note finale de la critique, un 7 sur 10 qui dit bien l’équilibre entre admiration et réserve. Mais l’important est ailleurs : Spider-Man: Brand New Day semble avoir compris que le vrai spectacle, chez Peter Parker, n’est pas la surenchère. C’est la lutte pour rester humain quand tout pousse à devenir un logo. Et franchement, dans le grand bazar des franchises actuelles, ça fait du bien. Comme quoi, parfois, le salut d’un blockbuster passe simplement par une idée très bête : laisser son héros exister.

Reste maintenant à voir si le public suivra ce virage plus incarné, ou si l’industrie préférera ressortir la boîte à souvenirs dès le prochain tour de piste. Mais pour l’instant, Spider-Man a retrouvé son fil. Et il ne pend pas dans le vide.

Bande-annonce VF de Spider-Man : Brand New Day

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