Maggie, la vraie mère de la Force
Remettons les pendules à l’heure, parce que l’histoire mérite d’être racontée. La première occurrence documentée du jeu de mots May the 4th remonte au 4 mai 1979, quand le Parti conservateur britannique publie une demi-page dans le London Evening News pour célébrer l’élection de Margaret Thatcher à Downing Street. Le message : « May the Fourth Be With You, Maggie. Congratulations ». La galaxie toute entière doit donc son jour de fête à la Dame de Fer. Les fans ont mis trente ans à s’en souvenir officiellement : la journée mondiale Star Wars telle qu’on la connaît n’est instituée qu’en 2010, d’abord aux États-Unis et au Royaume-Uni, avant de conquérir les réseaux sociaux planet-wide.
Disney+, ou comment posséder toute la galaxie
Depuis le rachat de Lucasfilm par Disney en 2012 pour la modique somme de 4 milliards de dollars, la plateforme bleue est devenue le coffre-fort absolu de la saga. Toutes les trilogies sont là : la trilogie originale (1977-1983), la prélogie de George Lucas (1999-2005), la suite de J.J. Abrams et Rian Johnson (2015-2019), les films autonomes Rogue One et Solo. Côté séries, le catalogue est désormais colossal : The Mandalorian saisons 1 à 3, Andor saisons 1 et 2, Obi-Wan Kenobi, Le Livre de Boba Fett, Ahsoka, Skeleton Crew, L’Acolyte, les anthologies animées Tales of the Jedi, Tales of the Empire et Visions. C’est un empire. Le mot n’a jamais été aussi juste.
Maul : Seigneur de l’ombre, la série qui finit pile aujourd’hui
Le timing n’est pas anodin. Star Wars : Maul, Seigneur de l’ombre, la série en dix épisodes consacrée au Sith tatoué le plus iconique de toute la saga, diffuse ce 4 mai 2026 son épisode final sur Disney+. La série a été mise en ligne au rythme hebdomadaire depuis le 6 avril, et se conclut donc aujourd’hui, en plein Star Wars Day, pour refermer la trajectoire du double sabre rouge le plus mythique du cinéma de genre. On ne spoile pas, mais disons que l’idée de centrer une série entière sur Maul, personnage escamoté en deux films et pourtant devenu culte dès 1999 dans La Menace Fantôme, était la bonne décision depuis longtemps. Qu’on attende depuis vingt-sept ans ce genre de traitement pour ce personnage en dit long sur ce que Lucasfilm a mis du temps à comprendre.
Andor, ou quand Star Wars se prend enfin au sérieux
Si on devait ne garder qu’une seule chose du Disney+ Star Wars, ce serait Andor. La saison 2, 12 épisodes, 4 chapitres de 3 épisodes chacun, diffusés depuis le 23 avril 2025, a achevé de confirmer ce que la première saison avait posé sur la table : c’est la série la plus adulte, la plus politique, la plus dense jamais produite dans cet univers. Diego Luna porte le tout avec une économie de jeu qui tranche radicalement avec le spectacle de pacotille habituel. Selon The Wrap, la série a généré plus de 300 millions de dollars de revenus d’abonnés pour Disney+ depuis ses débuts en 2022, ce qui prouve qu’on peut faire intelligent et rentable dans la même phrase. Andor est le péché originel inversé : la preuve que la franchise peut se dépasser elle-même.
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Le programme du jour : par où commencer sans perdre la tête
Pour les néophytes qui auraient la folle idée de tout regarder d’une traite aujourd’hui (environ 25 heures de longs-métrages plus 80 heures de séries, histoire de tester les limites des vessies humaines), voici une lecture raisonnée du catalogue. En terme de porte d’entrée, deux options : soit la chronologie de publication, commencer par Un Nouvel Espoir (1977) pour retrouver la magie brute du film original, soit la chronologie fictive, à commencer par La Menace Fantôme (1999) et finir par Le Retour du Jedi (1983). La rédac penche pour la première option, et elle a raison. Pour les séries, l’ordre d’entrée idéal reste : The Mandalorian saison 1 pour le choc émotionnel, puis Andor saison 1 pour le choc intellectuel. Le reste s’emboîte.
Et dans seize jours, ça sort en salles
Parce que Disney n’allait pas laisser passer le Star Wars Day sans glisser un couteau publicitaire en douce : Star Wars : The Mandalorian and Grogu, réalisé par Jon Favreau avec Pedro Pascal, Sigourney Weaver et Jeremy Allen White au casting, sort le 20 mai 2026 dans les salles françaises (le 22 mai aux États-Unis), pour une durée de 2h12. Le film prolonge la série sur grand écran, avec un format IMAX et une ambition visuelle qui visent clairement à remettre Star Wars sur les rails du blockbuster de salle. Le 5 mai, les premières minutes seront déjà projetées au Grand Rex en présence de l’équipe. Pour une franchise qui se demandait encore il y a trois ans si elle avait encore quelque chose à dire, le calendrier 2026 répond avec un certain culot.
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La Célébration 2025 avait déjà mis le feu
Pour mesurer à quel point la machine est en ordre de marche, il faut rappeler ce qui s’est passé en avril 2025 à la Star Wars Celebration : présentation en avant-première de Star Wars : Tales of the Underworld, la série d’anthologie animée de Dave Filoni centrée sur la pègre galactique (Asajj Ventress, Cad Bane, du beau monde), annonce de la saison 2 d’Ahsoka, projections, panels, merchandising en cascade. Filoni, nommé président créatif de Lucasfilm, est désormais l’homme-orchestre de tout ça, le successeur autoproclamé de George Lucas que les fans ont décidé d’adopter. Certains trouvent ça beau. D’autres trouvent ça un peu trop propre. Les deux ont sans doute raison.
En attendant, ce 4 mai, la Force est avec Disney+. Et avec vos forfaits internet. Que le replay soit avec vous.
Un journaliste citoyen depuis plus de 20 ans qui alimente de nombreuses thématiques de magazine en ligne.


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