
Les révélations du festival de Rotterdam : le cinéma arabe en pleine effervescence
Une rencontre marquante au 55e Festival International du Film de Rotterdam (IFFR) a mis en lumière les défis et les espoirs du cinéma arabe. Ce lundi, une table ronde fascinante réunissait l’algérien Malek Bensmaïl, la libanaise Marie-Rose Osta, réalisatrice de Home Bitter Home, et l’égyptien Marwan Hamed, dont l’œuvre est au cœur d’une rétrospective cette année.
Un panorama audacieux de l’industrie cinématographique arabe
Intitulée « Le cinéma arabe en mouvement », cette discussion a exploré les réalités actuelles du septième art dans le monde arabe. Les intervenants ont mis le doigt sur des pratiques de production aussi variées qu’inspirantes, allant des blockbusters aux œuvres indépendantes. 500 millions de dollars, c’est la somme colossale que représentent les revenus générés par les plateformes de streaming, selon Hamed. Notamment, ces dernières prolongent la durée de vie des films tout en créant de nouvelles dynamiques de financement.
Le choc des titans : cinéma traditionnel vs streaming
Marie-Rose Osta a partagé son expérience personnelle. “J’ai eu la chance de commencer avant l’avènement des plateformes. Pour moi, cela signifie que je peux créer en toute liberté.” Elle évoque le monde imposé par les grandes productions américaines, qu’elle ne considère pas comme une menace. Mais les temps changent. Les plateformes s’infiltrent dans nos foyers, dictant parfois ce qui est acceptable à l’écran, comme l’a souligné Osta : “Quand quelque chose semble controversé, c’est souvent ignoré.” Est-ce que cela sonne comme un avertissement pour l’avenir du cinéma ?
Arthouse ou mainstream ? Un choix audacieux
Tandis qu’Osta choisit de se concentrer sur le public arthouse, elle affirme : “Je suis libre, et cela me rend heureuse.” Pour elle, la vraie question est de savoir si les gens ne se lasseront pas des contenus recyclés des plateformes. Imaginez un cinéma qui serait à nouveau une œuvre d’art, prêt à nous éblouir – voilà son rêve.
Un héritage lourd à porter : le parcours de Malek Bensmaïl
Du côté d’Alger, Bensmaïl évoque son héritage cinématographique, témoin des temps coloniaux où les citoyens étaient invisibles à l’écran. “Les films d’avant racontaient rarement la vie des Algériens,” il explique. Aujourd’hui, le réalisateur se bat pour créer dans un contexte difficile. “Soit vous faites un film de propagande, soit vous cherchez un financement ailleurs, et vous êtes accusé de soutenir l’ancien pouvoir colonial.” Les cicatrices de la guerre civile algérienne, connue sous le nom de la décennie noire, font encore écho dans l’industrie.
Vers un avenir radieux ?
Pour les jeunes réalisateurs, le défi est de taille. La production est rendue complexe par des contraintes de financement. Pourtant, Bensmaïl voit un potentiel dans l’avenir : “Le chemin le plus simple serait d’aller en France, où le soutien au cinéma est immense.” On sent l’optimisme dans ses propos, une lueur d’espoir pour toute une génération de cinéastes en quête d’une voix authentique.
Ils ont de la passion, des visions uniques et des histoires à raconter. Le cinéma arabe n’a pas fini d’étonner. Alors, qu’en pensez-vous ? Sommes-nous prêts à accueillir cette richesse artistique qui bouscule les normes et redéfinit notre manière de voir le monde ?
Passionné de cinéma depuis toujours, je consacre une grande partie de mon temps libre à la réalisation de courts métrages. À 43 ans, cette passion est devenue une véritable source d’inspiration et de créativité dans ma vie.