
Plongez dans l’univers troublant de Midori, cette œuvre d’animation japonaise qui défie les conventions et repousse les limites du supportable. Réalisé par Hiroshi Harada au début des années 90, ce moyen-métrage reste l’une des productions les plus controversées du cinéma d’animation. Adaptation du manga culte “Shôjo Tsubaki” de Suehiro Maruo, Midori nous entraîne dans un cirque de monstres où une jeune orpheline subit les pires atrocités. Censuré, interdit, détruit puis ressuscité, ce film a connu un destin aussi tourmenté que son héroïne. À travers son esthétique unique et son propos dérangeant, Midori s’inscrit dans le mouvement artistique ero-guro, oscillant entre érotisme et grotesque, pour livrer une critique sociale puissante qui résonne encore aujourd’hui.
Dans le Japon des années 1920, la jeune Midori, âgée de seulement 12 ans, traverse une période particulièrement sombre de sa vie. Après le décès tragique de sa mère et la disparition de son père, elle se retrouve totalement livrée à elle-même. Cette situation de vulnérabilité extrême la conduit à être recueillie par un cirque ambulant, un lieu qui s’avérera être le théâtre de ses pires cauchemars plutôt qu’un refuge.
Ce cirque n’est pas un établissement ordinaire – il s’agit d’une collection de “freaks”, de monstres de foire exhibant leurs difformités pour le plaisir morbide des spectateurs. Parmi ces personnages inquiétants, on découvre une galerie de créatures aussi fascinantes que terrifiantes : une momie dépourvue de bras qui se déplace de façon saccadée, un géant impressionnant dont la stature écrase tout sur son passage, un garçon à l’apparence étrangement féminine qui brouille les frontières du genre, une femme-serpent capable de contorsions impossibles, et un “ver humain” dont l’aspect répugnant provoque à la fois dégoût et fascination.
L’innocence brisée de Midori devient rapidement le jouet de ces êtres marginalisés qui, plutôt que de créer une solidarité avec elle, en font leur souffre-douleur. Le quotidien de la jeune fille se transforme en un véritable enfer sur terre, rythmé par une succession de brimades cruelles, de tâches ingrates qu’elle doit accomplir du lever au coucher du soleil, d’humiliations publiques destinées à briser son esprit, et pire encore, de sévices physiques et sexuels qui anéantissent progressivement son humanité.
Un épisode particulièrement déchirant illustre la cruauté sans nom de son environnement : cherchant désespérément un peu d’affection dans ce monde hostile, Midori recueille quelques chiots errants, espérant trouver en eux des compagnons fidèles capables de lui offrir l’amour inconditionnel qui lui fait tant défaut. Mais même cette modeste consolation lui est brutalement arrachée lorsqu’elle découvre avec horreur que ses précieux animaux ont été tués et cuisinés par les membres du cirque, dans un acte de cruauté gratuite visant à détruire ses dernières illusions.

La vie de Midori connaît cependant un tournant inattendu le jour où le patron du cirque, confronté à d’importantes difficultés financières menaçant la survie même de son établissement, se voit contraint d’engager un nouvel artiste : Wonder Masamitsu, également connu sous le nom de “Masamitsu le Magnifique”. Ce nain hypnotiseur possède un talent extraordinaire qui fascine les foules – il est réputé pour son tour de magie spectaculaire dans lequel il donne l’illusion que son corps entier peut se comprimer pour entrer dans une bouteille, avant d’en ressortir intact.
Contrairement aux autres membres de la troupe, Masamitsu remarque immédiatement Midori et, de façon surprenante, commence à la traiter avec respect et affection. Cette attitude tranche radicalement avec les abus constants que subit la jeune fille, créant une lueur d’espoir dans son existence cauchemardesque. Une relation ambiguë mais salvatrice se développe entre eux, offrant à Midori une forme de protection contre les horreurs quotidiennes du cirque.
Leur numéro commun rencontre un succès fulgurant auprès du public, transformant Midori d’objet de mépris en véritable vedette. Ce changement de statut, combiné à la gestion financière désormais assurée par Masamitsu, commence à attiser la jalousie puis la haine au sein de la troupe. Les autres artistes, habitués à dominer et maltraiter Midori, voient d’un très mauvais œil cette évolution qui menace leur emprise sur elle et bouleverse la hiérarchie établie du cirque.
Voici les éléments qui caractérisent la relation entre Midori et Masamitsu :
Le point culminant de cette relation survient lorsque Masamitsu annonce son intention de quitter le cirque et de retourner à Tokyo, proposant à Midori de l’accompagner et évoquant même un futur mariage. Cette perspective d’échapper enfin à son calvaire quotidien représente pour la jeune fille une possibilité de rédemption et de reconstruction qu’elle n’aurait jamais osé espérer.
Malheureusement, le destin en décide autrement. Lors d’un dernier spectacle, Masamitsu, perturbé par les tensions grandissantes, perd sa concentration habituelle et se fait huer par le public. Dans un accès de rage incontrôlable qui révèle la face sombre de ses pouvoirs, il lance un sort hypnotique puissant à l’encontre des spectateurs, leur faisant subir mentalement les déformations et les sévices les plus monstrueux, les transformant en miroirs des membres difformes de la troupe. Cette séquence hallucinatoire, parmi les plus marquantes du film, illustre la violence psychologique qui sous-tend l’ensemble de l’œuvre.
| Personnage | Caractéristiques | Relation avec Midori |
|---|---|---|
| Midori | Jeune orpheline de 12 ans, vulnérable mais résiliente | Protagoniste principale |
| Masamitsu | Nain hypnotiseur, artiste talentueux, protecteur ambivalent | Protecteur, mentor, figure amoureuse |
| M. Arashi | Propriétaire du cirque, préoccupé par les finances | Exploiteur, indifférent à ses souffrances |
| Membres du cirque | Difformités physiques, cruauté psychologique | Bourreaux, tortionnaires |
Alors que Midori et Masamitsu s’apprêtent à prendre le bus pour rejoindre Tokyo et commencer une nouvelle vie, un drame survient : Masamitsu se fait poignarder par un voleur en fuite. Ne le voyant pas revenir, Midori part anxieusement à sa recherche, assaillie par les souvenirs traumatisants des brimades subies au cirque. Le film se conclut sur un plan déchirant de Midori en pleurs, suggérant qu’elle vient de découvrir le corps sans vie de son fiancé, anéantissant ainsi son dernier espoir d’échapper à sa condition misérable.
L’univers visuel de Midori constitue l’un des aspects les plus fascinants et dérangeants de cette œuvre hors norme. S’inscrivant dans le courant artistique ero-guro nansensu (souvent simplifié en ero-guro), le film propose une esthétique singulière qui mêle érotisme suggéré et grotesque exacerbé. Cette approche visuelle, loin d’être gratuite, s’inscrit dans une tradition artistique japonaise bien spécifique qui trouve ses racines au début du 20e siècle.
Le terme ero-guro peut être traduit par “non-sens érotique et grotesque” – il s’agit d’un mouvement artistique qui cherche à représenter des éléments à la fois érotiques (sans toutefois basculer dans la pornographie explicite) et grotesques, souvent absurdes et dépourvus de sens apparent. Cette tendance artistique trouve un écho particulier dans les représentations du Grand Guignol, ce théâtre parisien du début du 20e siècle célèbre pour ses mises en scène macabres utilisant des accessoires de boucherie pour suggérer l’horreur sanguinolente.
Dans Midori, la déformation des corps occupe une place centrale, reflétant l’influence directe du mouvement ero-guro. Les personnages du cirque, avec leurs difformités exagérées et inquiétantes, incarnent cette esthétique à la perfection. L’invention de ce courant artistique est généralement attribuée à l’écrivain japonais Edogawa Ranpo, auteur d’œuvres comme “L’Île panorama” ou “La chenille”, dont Suehiro Maruo, le créateur du manga original, est un fervent admirateur.
Les principales sources d’inspiration esthétique de Midori incluent :
La technique d’animation employée dans Midori est aussi inhabituelle que son contenu narratif. Contrairement aux productions Studio Ghibli ou Toei Animation qui privilégient la fluidité et le mouvement, Midori opte pour une animation minimaliste, presque artisanale. La majorité des séquences sont constituées de plans fixes directement inspirés de l’œuvre originale de Maruo ou d’estampes traditionnelles japonaises.
Cette approche n’est pas le fruit du hasard mais résulte des contraintes de production exceptionnelles du film. Face aux refus des studios traditionnels de financer une œuvre aussi controversée, le réalisateur Hiroshi Harada a dû produire Midori par ses propres moyens, assumant pratiquement seul l’ensemble du travail des décors et la mise en couleur pendant cinq longues années. Cette production artisanale confère au film une texture unique, à mi-chemin entre l’animation traditionnelle et le diaporama artistique.
Les plans fixes qui composent l’essentiel du film sont entrecoupés de séquences animées de façon plus conventionnelle, créant un rythme visuel saccadé qui accentue le malaise du spectateur. Cette alternance entre immobilité et mouvement fait écho à la paralysie émotionnelle de Midori, prisonnière de sa situation mais contrainte de continuer à avancer dans son existence cauchemardesque.
| Technique d’animation | Utilisation dans Midori | Effet recherché |
|---|---|---|
| Plans fixes | Majorité des séquences, inspirés d’estampes | Immobilité oppressante, contemplation forcée de l’horreur |
| Animation limitée | Mouvements réduits à l’essentiel | Économie de moyens, concentration sur l’expression |
| Séquences hallucinatoires | Scènes d’hypnose de Masamitsu | Représentation du subconscient, distorsion de la réalité |
| Colorisation expressionniste | Palette sombre avec contrastes violents | Ambiance oppressante, symbolisme émotionnel |
Les couleurs employées dans Midori jouent également un rôle crucial dans l’établissement de l’atmosphère du film. Dominée par des tons sombres et désaturés, la palette chromatique s’illumine ponctuellement de couleurs vives, notamment le rouge sang, créant des contrastes violents qui accentuent l’impact émotionnel des scènes les plus perturbantes. Cette utilisation symbolique de la couleur, héritée des traditions picturales japonaises, transforme chaque plan en un tableau expressionniste chargé de sens.
Il est intéressant de noter que cette esthétique artisanale, initialement dictée par des contraintes budgétaires, a fini par définir l’identité visuelle unique de Midori, lui conférant une authenticité et une force que n’aurait peut-être pas eue une production plus conventionnelle. Cette approche a influencé nombre de créateurs indépendants par la suite, démontrant qu’il est possible de produire des œuvres visuellement puissantes avec des moyens limités – une leçon que les labels comme Kaze Animation ou Dybex ont su intégrer dans leur soutien aux créateurs émergents.
Pour comprendre pleinement la portée culturelle et artistique de Midori, il est essentiel d’explorer ses racines littéraires profondes. Le film est une adaptation fidèle du manga “Shôjo Tsubaki” (La jeune fille aux camélias) de Suehiro Maruo, publié en France par l’éditeur indépendant IMHO. Considéré comme une œuvre phare de cet auteur controversé, souvent décrit comme le “pape de l’ero-guro”, ce manga constitue une lecture particulièrement difficile d’accès en raison de son contenu explicite et dérangeant.
Suehiro Maruo a développé un style graphique immédiatement reconnaissable, fusionnant l’esthétique des estampes japonaises traditionnelles avec des éléments grotesques et perturbants. Son trait précis et élégant contraste volontairement avec les scènes troublantes qu’il dépeint, créant une tension visuelle caractéristique de son œuvre. Grand admirateur d’Edogawa Ranpo, il a d’ailleurs adapté plusieurs de ses romans en bande dessinée, notamment “L’Île panorama” et “La chenille”, poursuivant ainsi l’héritage littéraire de l’ero-guro.
Cependant, les racines de Midori s’étendent bien au-delà du manga de Maruo. Le personnage de la jeune fille aux camélias (Shôjo Tsubaki) est apparu pour la première fois au début de l’ère Showa (1926-1989) comme héroïne de kamishibai, une forme traditionnelle de théâtre ambulant japonais utilisant des illustrations peintes sur papier. Ces spectacles populaires, souvent présentés dans les rues par des conteurs itinérants, constituaient un divertissement accessible aux classes populaires avant l’avènement de la télévision.
Voici les principales étapes de l’évolution du personnage de Midori :
Dans la version originale du kamishibai, le personnage était présenté comme une adolescente ou une jeune fille au caractère ingénu, issue d’une famille pauvre, qui vendait des camélias dans les rues pour survivre. Son destin tragique – être vendue et contrainte de travailler dans un spectacle de revue – servait d’avertissement moral tout en satisfaisant le goût du public pour les histoires mélodramatiques. Cette version, bien que déjà sombre, était nettement moins explicite que les réinterprétations ultérieures de Maruo et Harada.
L’une des influences cinématographiques les plus évidentes sur Midori est le film culte “La Monstrueuse Parade” (Freaks) de Tod Browning, sorti en 1932. Ce long-métrage américain controversé mettait en scène de véritables phénomènes de foire, proposant une réflexion troublante sur la différence physique et l’exploitation des personnes handicapées dans les spectacles de curiosités. Tant dans le manga de Maruo que dans le film de Harada, cette influence est omniprésente, notamment dans la composition de la troupe de cirque et la dynamique sociale qui s’y développe.
Cependant, Midori opère un renversement fascinant de la perspective de Browning. Dans “La Monstrueuse Parade”, les phénomènes de foire sont présentés comme des victimes de la société, unis par une solidarité touchante face à la cruauté des “normaux”. À l’inverse, dans Midori, ce sont les monstres de foire qui deviennent les bourreaux d’une jeune fille “normale”, reproduisant sur elle la violence qu’ils ont eux-mêmes subie de la part de la société. Cette inversion narrative constitue l’un des aspects les plus dérangeants et provocateurs de l’œuvre.
| Œuvre | Créateur | Période | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Kamishibai original “Shôjo Tsubaki” | Seiun (attribué) | Début ère Showa (années 1920-30) | Mélodrame moral, divertissement populaire |
| “La Monstrueuse Parade” (Freaks) | Tod Browning | 1932 | Film américain avec véritables phénomènes de foire |
| Manga “Shôjo Tsubaki” | Suehiro Maruo | Années 1980 | Réinterprétation ero-guro, explicite et dérangeante |
| Film d’animation “Midori” | Hiroshi Harada | 1992 | Adaptation fidèle du manga, animation artisanale |
Le travail de Maruo, et par extension celui de Harada, se distingue également par sa capacité à fusionner les influences occidentales et japonaises. Si l’esthétique de Midori puise dans les traditions picturales japonaises comme le muzan-e, elle intègre également des éléments du surréalisme européen et du cinéma expressionniste allemand. Cette hybridation culturelle confère à l’œuvre une dimension universelle, transcendant les particularismes culturels pour explorer des thématiques profondément humaines comme la souffrance, l’exploitation et la résilience.
Les maisons d’édition comme Pika Édition et Ankama ont joué un rôle crucial dans la diffusion de ces œuvres alternatives en France, permettant au public francophone de découvrir des créateurs audacieux comme Maruo. Ces initiatives éditoriales ont contribué à élargir la perception du manga au-delà des productions grand public, révélant la richesse et la diversité de la bande dessinée japonaise contemporaine.
L’histoire de la production de Midori est presque aussi extraordinaire que le contenu du film lui-même. Cette épopée créative, marquée par d’innombrables difficultés et une détermination hors du commun, illustre parfaitement les défis auxquels peuvent être confrontés les créateurs d’œuvres radicales et sans compromis. Loin des circuits traditionnels de l’industrie de l’animation japonaise dominée par des géants comme Toei Animation, Hiroshi Harada a dû inventer un modèle de production totalement alternatif pour donner vie à sa vision.
Fasciné par l’œuvre de Suehiro Maruo depuis plusieurs années, Harada était déterminé à adapter “Shôjo Tsubaki” en animation. Cependant, le contenu extrêmement controversé du manga rendait impossible tout financement par les canaux habituels. Les grands studios d’animation, soucieux de leur image et conscients des problèmes potentiels de censure, ont systématiquement refusé de s’associer au projet. Face à cette situation apparemment sans issue, Harada a pris une décision radicale : produire le film par ses propres moyens, quitte à y consacrer toutes ses économies personnelles.
Les défis financiers et logistiques auxquels Harada a dû faire face étaient considérables :
Après avoir épuisé ses ressources personnelles, Harada a réussi l’exploit de convaincre divers acteurs marginaux de l’industrie culturelle japonaise de soutenir son projet. Parmi ces mécènes improbables figuraient des producteurs indépendants, des propriétaires de clubs S&M, des gérants de vidéoclubs spécialisés, des libraires spécialisés dans le cinéma de genre, ainsi que diverses personnalités du mouvement underground japonais. Ce patchwork de financements alternatifs témoigne de l’ancrage de Midori dans une contre-culture vivace, en marge des circuits commerciaux traditionnels.
La production effective de Midori s’est étalée sur une période exceptionnellement longue de cinq ans, entre 1987 et 1992. Durant cette période, Harada a assumé pratiquement seul l’ensemble des tâches techniques habituellement réparties entre des dizaines de spécialistes dans un studio d’animation conventionnel : conception des décors, mise en couleur, animation des séquences en mouvement, supervision du son… Cette approche artisanale, dictée par les contraintes budgétaires, a finalement conféré au film son esthétique si particulière, à mi-chemin entre l’animation traditionnelle et le diaporama artistique.
Le processus de création de Midori, tel que décrit par Harada lui-même, était d’une intensité presque monastique. Travaillant souvent plus de 16 heures par jour dans un petit appartement transformé en studio improvisé, le réalisateur a développé une relation quasi obsessionnelle avec son matériau, s’immergeant totalement dans l’univers sombre et troublant de Midori. Cette immersion totale transparaît dans le résultat final, qui dégage une cohérence artistique rare, fruit d’une vision singulière plutôt que d’un travail collectif.
Une fois le film achevé, le parcours de Midori ne s’est pas simplifié pour autant. Sa première projection publique s’est déroulée dans la cave d’un immeuble tokyoïte, devant un public confidentiel composé essentiellement d’initiés. Le bouche-à-oreille aidant, le film a progressivement gagné en notoriété dans les cercles underground, avant d’accéder à quelques salles de cinéma alternatives, où il a immédiatement été frappé d’une interdiction aux moins de 15 ans (relevée ultérieurement à 18 ans).
| Étape de production/distribution | Période | Difficultés rencontrées |
|---|---|---|
| Conception initiale | Milieu des années 1980 | Refus unanime des studios traditionnels |
| Production artisanale | 1987-1992 | Ressources limitées, travail solitaire |
| Premières projections | 1992-1993 | Lieux alternatifs, public restreint |
| Censure et interdiction | 1999 | Destruction de l’unique copie chimique |
| Résurrection internationale | 2006 (édition française) | Distribution limitée, statut d’œuvre culte |
Le destin de Midori a pris un tournant dramatique en 1999, lorsque l’unique copie chimique du film, de retour d’un festival étranger, a été saisie par le Comité de censure japonais et détruite. Cet acte de censure brutale aurait pu signifier la disparition définitive de l’œuvre, mais quelques copies sur vidéocassette avaient heureusement été réalisées auparavant. Pendant plusieurs années, ces copies clandestines ont circulé sous le manteau, conférant à Midori un statut quasi mythique d’œuvre maudite et inaccessible.
C’est finalement en France, en 2006, qu’est sortie la première (et à ce jour unique) édition DVD officielle de Midori, grâce à un petit distributeur spécialisé. Cette édition française, devenue objet de collection recherché par les cinéphiles du monde entier, témoigne du rôle crucial joué par les distributeurs indépendants comme Manga Distribution et Noevdia dans la préservation et la diffusion d’œuvres alternatives menacées de disparition. Sans leur travail passionné, des pans entiers de la création audiovisuelle japonaise resteraient inaccessibles au public occidental.
Au-delà de son esthétique troublante et
Je suis un écrivain passionné par la lecture et l’écriture. J’ai choisi d’exprimer mes opinions et mes observations sur mon blog, où je publie souvent des articles sur des sujets qui me sont chers. Je m’intéresse aussi beaucoup aux préoccupations sociales, que j’aborde souvent dans mon travail. J’espère que vous apprécierez mes articles et qu’ils vous inciteront à réfléchir vous aussi à ces sujets. N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me faire part de vos réflexions !