Sorti en 1979, Messidor est un long métrage réalisé par le cinéaste suisse Alain Tanner, qui y suit la dérive de deux jeunes femmes parcourant la Suisse dans une fuite sans destination précise, sur fond de désenchantement politique et social de la fin des années 1970 (Source : Unifrance, 2003 ; FrenchFilms, 2017 ; Wikipédia, 2005). Le film met en scène Jeanne, étudiante en histoire, et Marie, vendeuse, dont le voyage improvisé bascule progressivement du jeu à la violence, jusqu’à un final marqué par une rupture radicale avec l’ordre social (Source : Unifrance, 2003 ; Wikipédia, 2005). Sans recourir aux codes du thriller, le récit installe une tension diffuse, nourrie par la confrontation entre le désir de liberté des protagonistes et la rigidité d’une société perçue comme fermée (Source : FrenchFilms, 2017). Par son approche du road movie et son regard critique sur la Suisse contemporaine, Messidor s’inscrit dans la continuité du travail de Tanner sur l’aliénation et la quête d’émancipation individuelle (Source : FrenchFilms, 2017 ; IMDb, 2026).
Contexte de production et fiche technique
Messidor est réalisé et scénarisé par Alain Tanner, figure centrale du nouveau cinéma suisse, déjà connu pour des films comme La Salamandre (1971) et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000 (1976), où il explore les tensions entre individus et société (Source : IMDb, 2026 ; FrenchFilms, 2017). Le film est classé dans le genre dramatique et tourné en langue française, tout en circulant dans un espace helvétique marqué par la coexistence de plusieurs identités linguistiques et culturelles (Source : Rotten Tomatoes, 2024 ; Unifrance, 2003). La durée de l’œuvre est d’environ 2 heures et 3 minutes, ce qui permet à Tanner d’installer un rythme volontairement lent et contemplatif, centré sur les déplacements et les pauses du voyage (Source : Rotten Tomatoes, 2024). Le film est produit par Gaumont, SSR et Citel Films, et distribué notamment par New Yorker Films pour l’exploitation en salles, ce qui contribue à sa diffusion hors du territoire suisse (Source : Rotten Tomatoes, 2024).
La sortie en salles intervient à la fin des années 1970, période marquée en Europe par le reflux des mouvements contestataires issus des années 1960, contexte qui nourrit le climat de désillusion qui traverse le film (Source : FrenchFilms, 2017 ; Letterboxd, 2024). Le titre renvoie au « Messidor » du calendrier révolutionnaire français, évoquant à la fois une saison et un héritage politique, même si le film ancre ses personnages dans une errance plus intime qu’idéologique (Source : Wikipédia, 2005). Le dispositif formel privilégie les prises de vue en décors naturels, avec de longs plans sur les paysages suisses, utilisés non comme simples cartes postales mais comme espace où se rejouent les tensions entre ordre et marginalité (Source : FrenchFilms, 2017). Cette approche s’inscrit dans une esthétique réaliste et minimaliste, caractéristique du travail du cinéaste à cette époque (Source : FrenchFilms, 2017).
Intrigue et thématiques
Le récit s’ouvre sur la rencontre fortuite de deux jeunes femmes d’une vingtaine d’années, Jeanne, étudiante en histoire, et Marie, employée de magasin, qui se croisent alors qu’elles font de l’auto-stop en Suisse (Source : Unifrance, 2003 ; Wikipédia, 2005). Sans projet précis, elles décident de prendre la route ensemble et de parcourir le pays sans argent, transformant d’abord ce déplacement en jeu, fondé sur la transgression légère et la mise à distance des conventions sociales (Source : Unifrance, 2003 ; FrenchFilms, 2017). Au fil de leur errance, elles traversent différents cantons et contextes sociaux, mais se heurtent à la méfiance, à l’hostilité ou à l’indifférence, ce qui accentue leur sentiment d’exclusion (Source : Unifrance, 2003 ; FrenchFilms, 2017). Ce qui n’était qu’une quête de liberté devient progressivement une fuite sans retour, alimentée par une escalade de réactions impulsives et d’incompréhensions (Source : Wikipédia, 2005 ; FrenchFilms, 2017).
Le film interroge la possibilité d’échapper aux structures d’un pays présenté comme ordonné, prospère et contrôlé, où le moindre écart est rapidement réintégré ou sanctionné (Source : FrenchFilms, 2017). La Suisse y apparaît comme un espace clos, parfois décrit comme une forme de « prison » moderne, où la richesse et la stabilité coexistent avec une forte pression normative (Source : FrenchFilms, 2017). À mesure que l’itinéraire des deux protagonistes les conduit vers des situations de plus en plus tendues, le récit met en évidence la difficulté de maintenir une attitude ludique face à un environnement qui tolère peu l’imprévu (Source : FrenchFilms, 2017 ; Unifrance, 2003). L’issue tragique, marquée par la mort d’un inconnu abattu par les deux jeunes femmes, souligne la bascule du jeu vers la violence et l’impossibilité de revenir à la normalité (Source : Wikipédia, 2005).
)Personnages, interprétation et direction d’acteurs
Les rôles principaux sont tenus par Clémentine Amouroux, qui interprète Jeanne Salève, et Catherine Rétoré, qui incarne Marie Corrençon, toutes deux au centre de quasiment chaque scène (Source : IMDb, 2026 ; FrenchFilms, 2017). Les deux personnages représentent des parcours sociaux distincts, l’une étant issue de l’univers académique et l’autre du milieu des employés de commerce, ce qui confère à leur alliance une dimension à la fois improbable et révélatrice des fractures de la jeunesse de l’époque (Source : Unifrance, 2003). Autour d’elles se déploie une galerie de personnages secondaires, rencontrés au gré des étapes du voyage, interprétés notamment par Franziskus Abgottspon, Gérald Battiaz, Hansjörg Betschart, René Besson et d’autres acteurs suisses (Source : IMDb, 2026 ; FrenchFilms, 2017). Ces figures, souvent apparaissant brièvement, incarnent des réactions variées face aux deux voyageuses, de la bienveillance distante à la suspicion ouverte (Source : FrenchFilms, 2017).
La direction d’acteurs privilégie une forme de jeu naturel, proche du quotidien, qui renforce l’impression de réalisme dans les interactions et les silences (Source : FrenchFilms, 2017). Les critiques soulignent la manière dont les deux interprètes principales parviennent à rendre crédible la progression psychologique de leurs personnages, de la curiosité initiale à une radicalisation des gestes et des choix (Source : IMDb, 2026 ; FrenchFilms, 2017). Tanner opte pour une mise en scène qui s’attarde sur les regards, les déplacements et les pauses, plutôt que sur des dialogues explicatifs, ce qui laisse au spectateur la responsabilité d’interpréter les motivations des protagonistes (Source : FrenchFilms, 2017). Cette économie de signes, associée à une présence constante des deux actrices à l’écran, ancre le film dans une dynamique de duo où la relation entre Jeanne et Marie se révèle autant dans les non-dits que dans les rares éclats de conflit (Source : FrenchFilms, 2017).
Esthétique visuelle et inscription dans l’œuvre de Tanner
Sur le plan formel, Messidor s’appuie sur une photographie qui met en valeur les paysages suisses, des zones rurales aux routes de montagne, tout en évitant l’effet de carte postale (Source : FrenchFilms, 2017 ; IMDb, 2026). Les longs plans sur la campagne, les forêts et les reliefs créent un contraste avec l’impression de clôture sociale ressentie par les deux protagonistes, soulignant le décalage entre l’ouverture géographique et la fermeture institutionnelle (Source : FrenchFilms, 2017). Cette esthétique accompagne une mise en scène minimaliste, où les dispositifs spectaculaires sont écartés au profit de situations ordinaires qui dérivent lentement vers la tension (Source : FrenchFilms, 2017). La bande-son reste discrète, laissant une place importante aux bruits du quotidien et aux silences, en cohérence avec la tonalité contemplative du film (Source : FrenchFilms, 2017).
Dans la filmographie de Tanner, Messidor est souvent présenté comme l’une de ses œuvres les plus sombres, prolongeant une réflexion entamée dans ses films précédents sur la difficulté de trouver des « poches de liberté » dans une société de plus en plus structurée par la consommation et la rationalisation (Source : FrenchFilms, 2017). Les critiques rapprochent parfois le film des road movies américains ou de récits d’errance au féminin, tout en insistant sur sa tonalité plus sèche et dépourvue de romantisation (Source : FrenchFilms, 2017 ; IMDb, 2026). Plusieurs commentaires de spectateurs et d’analystes soulignent par ailleurs sa parenté thématique avec des œuvres ultérieures centrées sur des duos féminins en fuite, tout en rappelant son antériorité chronologique (Source : IMDb, 2026 ; Letterboxd, 2024). Ainsi, le film s’inscrit dans une période où le cinéaste explore de manière particulièrement pessimiste les effets de l’« ossification » sociale sur les trajectoires individuelles (Source : FrenchFilms, 2017).
Diffusion, accueil critique et distinctions
À sa sortie, Messidor bénéficie d’une diffusion internationale, portée notamment par la participation de Gaumont et de SSR, ainsi que par la distribution en salles hors de Suisse, ce qui permet au film d’atteindre un public cinéphile intéressé par les nouvelles vagues européennes (Source : Rotten Tomatoes, 2024 ; Unifrance, 2003). L’œuvre obtient une reconnaissance institutionnelle avec au moins une nomination officielle répertoriée dans les bases de données spécialisées, ce qui atteste de sa présence dans le circuit des festivals et des récompenses (Source : IMDb, 2026 ; FilmAffinity, s.d.). Les critiques mettent en avant la cohérence de la mise en scène de Tanner et la dimension politique implicite du film, même si le ton général est décrit comme particulièrement sombre et désenchanté (Source : FrenchFilms, 2017 ; IMDb, 2026). L’accueil public reste plus confidentiel, avec un nombre limité mais durable de retours, caractéristique d’un film d’auteur de la période (Source : IMDb, 2026).
Sur le long terme, Messidor est régulièrement cité comme l’un des titres importants de la filmographie de Tanner et du nouveau cinéma suisse, notamment pour sa manière d’articuler critique sociale et portrait de personnages féminins en rupture (Source : FrenchFilms, 2017 ; Letterboxd, 2024). Plusieurs analyses contemporaines soulignent sa capacité à capter le climat de désillusion post-1968, en montrant des jeunes qui ne croient plus aux grandes utopies, mais ne trouvent pas non plus de place dans l’ordre établi (Source : FrenchFilms, 2017 ; Letterboxd, 2024). Le film continue d’être programmé dans des cycles et rétrospectives consacrés au cinéma suisse ou à l’œuvre de Tanner, ce qui confirme sa place dans le patrimoine cinématographique européen de la fin du XXe siècle (Source : Unifrance, 2003 ; FrenchFilms, 2017). Dans les bases de données internationales, il conserve des notes favorables de la part d’un public restreint mais constant, qui met en avant la force de sa trajectoire narrative et l’interprétation de ses deux actrices principales (Source : IMDb, 2026 ; Rotten Tomatoes, 2024).
Critique sur Messidor
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Messidor figurent Jeanne Salève, interprété par Clémentine Amouroux et Marie Corrençon, interprété par Catherine Rétoré. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.





