“La vie ne consiste pas à gagner ou à perdre, mais à savoir comment vous la finirez.”
Nebraska est réalisé par Alexander Payne, cinéaste américain qui s’est fait connaître par des œuvres comme Election (1999), About Schmidt (2002) et Sideways (2004), toutes centrées sur des personnages ordinaires confrontés à des crises intimes dans un cadre réaliste (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). Le scénario est signé Bob Nelson, qui reçoit pour ce script sa première large reconnaissance internationale, notamment à travers une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original (Source : Wikipedia, 2013). La photographie en noir et blanc est assurée par Phedon Papamichael, dont le travail sur Nebraska lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure photographie, la direction visuelle soulignant les contrastes entre les grandes étendues rurales et les intérieurs modestes des personnages (Source : Wikipedia, 2013 ; AlloCiné, 2013). La production est assurée notamment par Paramount Vantage, le film étant d’ailleurs le dernier titre distribué sous ce label avant sa fermeture par Paramount Pictures, ce qui inscrit l’œuvre dans un moment de transition pour la branche spécialisée du studio (Source : The Numbers, 2013 ; Wikipedia, 2013). D’une durée d’environ 1 h 55 et classé R aux États-Unis, le film est présenté comme une comédie dramatique ou un road movie teinté d’humour noir, jouant sur un équilibre constant entre ironie et gravité (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013).
Le rôle principal de Woody Grant est interprété par Bruce Dern, acteur américain actif depuis les années 1960, qui incarne ici un père âgé, alcoolisé et obstiné, persuadé qu’une lettre publicitaire lui garantit un gain d’un million de dollars (Source : IMDb, 2014 ; Yahoo News, 2013). Will Forte prête ses traits à David Grant, le fils cadet, vendeur de matériel hi-fi, qui accepte de conduire son père jusqu’au Nebraska malgré son scepticisme, ce qui structure le film autour de leur relation progressivement redéfinie pendant le voyage (Source : IMDb, 2014 ; ELLE, 2014). June Squibb interprète Kate Grant, l’épouse de Woody, figure énergique et volontiers directe, dont la présence marque plusieurs scènes par un franc-parler qui contrarie autant qu’il éclaire le passé familial (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). Bob Odenkirk joue Ross Grant, le fils aîné, journaliste télé local, tandis que Stacy Keach incarne Ed Pegram, un ancien associé de Woody qui voit dans le prétendu gain une opportunité pour réclamer de vieilles dettes (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). Autour de ce noyau, le film convoque une galerie de parents et de connaissances de la petite ville natale de Woody, incarnés notamment par Mary Louise Wilson, Rance Howard et Devin Ratray, qui contribuent à dessiner un milieu social marqué par la répétition des destins et la modestie des ambitions (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013).
Intrigue, structure narrative et thématiques
L’intrigue de Nebraska débute à Billings, dans le Montana, où Woody Grant reçoit par courrier une notification promotionnelle lui laissant croire qu’il a remporté un million de dollars à une loterie commerciale, alors même qu’il s’agit d’un démarchage publicitaire sans valeur contractuelle (Source : ELLE, 2014 ; IMDb, 2014). Convaincu qu’il doit se rendre en personne à Lincoln, dans le Nebraska, pour réclamer ce gain, Woody tente à plusieurs reprises de partir à pied le long des routes, ce qui alerte sa famille et, en particulier, son fils David (Source : ELLE, 2014 ; Wikipedia, 2013). Face à l’obstination de son père, David finit par accepter de l’accompagner en voiture, transformant la situation en voyage encadré plutôt qu’en fugue hasardeuse, et espérant profiter de ce trajet pour comprendre mieux l’homme qu’il connaît mal (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). Sur la route, un accident les conduit à faire halte dans la ville natale de Woody, dans le Nebraska rural, où la nouvelle supposée de sa fortune se répand rapidement parmi parents, anciens amis et connaissances, déclenchant convoitises, reproches et demandes d’argent (Source : IMDb, 2014 ; ELLE, 2014). Le récit alterne scènes de réunions familiales, visites aux cimetières et confrontations avec le passé, dans lesquelles sont évoqués les anciens partenaires de Woody, ses habitudes d’alcool et les non-dits qui ont façonné la dynamique familiale pendant des décennies (Source : IMDb, 2014 ; AlloCiné, 2013).
Le film articule ses enjeux dramatiques autour de plusieurs thématiques récurrentes : la vieillesse et la perte progressive d’autonomie, la transmission entre générations et la manière dont une famille gère rancœurs et loyautés dans un contexte économique difficile (Source : AlloCiné, 2013 ; Wikipedia, 2013). En parallèle, Nebraska propose une observation du Midwest américain, avec ses petites villes marquées par le déclin industriel, la désertification commerciale et une population vieillissante, ce qui inscrit le récit dans une représentation d’une Amérique rurale souvent absente des productions des grands studios (Source : AlloCiné, 2013 ; ELLE, 2014). La forme de road movie permet ainsi une progression par étapes, chaque arrêt révélant un fragment du passé de Woody et reconfigurant le regard de David sur son père, sans recourir à des rebondissements spectaculaires mais en privilégiant une succession de scènes quotidiennes et de dialogues teintés d’humour discret (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). Le choix du noir et blanc accentue l’impression de temporalité suspendue, tout en conférant aux paysages et aux intérieurs modestes une dimension de chronique sociale, d’autant que la lumière et les cadres insistent sur les lignes de fuite des routes, les façades de maisons et les visages marqués par le temps (Source : AlloCiné, 2013 ; Wikipedia, 2013). La relation père-fils, qui s’éprouve au fil du trajet, devient enfin le fil conducteur d’une interrogation sur la manière dont les illusions, même fragiles, peuvent donner un sens tardif à une existence, sans que le film ne tranche explicitement sur la lucidité ou l’aveuglement de son personnage principal (Source : ELLE, 2014 ; IMDb, 2014).
Contexte de sortie, festivals et récompenses
Nebraska est présenté pour la première fois en compétition officielle au Festival de Cannes 2013, où il concourt pour la Palme d’or aux côtés d’œuvres de réalisateurs comme Abdellatif Kechiche, les frères Coen ou Hirokazu Kore-eda (Source : Wikipedia, 2013 ; Rotten Tomatoes/RT, 2013). À l’issue du palmarès, Bruce Dern reçoit le prix d’interprétation masculine pour son rôle de Woody Grant, distinction qui met en avant la dimension physique et intériorisée de son jeu, tandis que le film repart sans autre récompense officielle (Source : Rotten Tomatoes/RT, 2013 ; Yahoo News, 2013). Quelques mois plus tard, lors de la saison des prix américains, Nebraska obtient six nominations aux Oscars, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Alexander Payne, du meilleur acteur pour Bruce Dern, de la meilleure actrice dans un second rôle pour June Squibb, du meilleur scénario original pour Bob Nelson et de la meilleure photographie pour Phedon Papamichael (Source : Wikipedia, 2013). Le film ne remporte aucune statuette lors de la cérémonie mais s’inscrit dans la liste des titres remarqués de l’année 2013-2014, aux côtés de productions comme 12 Years a Slave et Gravity (Source : Wikipedia, 2013). Par ailleurs, il figure dans plusieurs classements de fin d’année de la critique internationale, ce qui contribue à renforcer sa visibilité en dehors des États-Unis, notamment en Europe (Source : Wikipedia, 2013).
Sur le plan commercial, Nebraska est produit pour un budget estimé à 12 millions de dollars et engrange environ 24,76 millions de dollars au box-office mondial, dont plus de 17,65 millions de dollars en Amérique du Nord et environ 7,1 millions de dollars à l’international (Source : The Numbers, 2013). Ce niveau de recettes, supérieur à son budget, s’inscrit dans une logique de rentabilité modérée pour un film de studio à ambition d’auteur, diffusé sur un nombre de copies limité par rapport aux grandes productions hollywoodiennes (Source : The Numbers, 2013). En France, le long métrage enregistre 114 363 entrées en salles, selon les chiffres compilés par AlloCiné, ce qui reflète une diffusion ciblée principalement dans les salles d’art et essai (Source : AlloCiné, 2013). La sortie du film coïncide avec une période où Alexander Payne est déjà identifié comme un auteur majeur du cinéma américain contemporain, fort du succès critique de The Descendants (2011), ce qui contribue à l’attention portée à ce nouveau projet par les festivals et les médias spécialisés (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013). La présence de Bruce Dern, figure du Nouvel Hollywood, et le choix du noir et blanc participent également à situer Nebraska dans un dialogue avec une tradition du cinéma américain plus ancien, tout en restant ancré dans les problématiques économiques et sociales de l’après-crise financière (Source : AlloCiné, 2013 ; Yahoo News, 2013).
Réception critique et positionnement esthétique
La réception critique de Nebraska est largement positive, de nombreux commentateurs saluant la mise en scène mesurée d’Alexander Payne, l’interprétation de Bruce Dern et la manière dont le film conjugue humour discret et observation sociale (Source : Wikipedia, 2013 ; IMDb, 2014). Sur le site agrégateur Rotten Tomatoes, le film obtient un taux élevé de critiques favorables, tandis qu’IMDb affiche une note moyenne de 7,7/10 basée sur des dizaines de milliers de votes de spectateurs, ce qui signale une appréciation soutenue du public cinéphile (Source : IMDb, 2014 ; Rotten Tomatoes/RT, 2013). En France, plusieurs médias soulignent la qualité du noir et blanc et la précision du regard porté sur l’Amérique rurale : AlloCiné reprend notamment un avis de Studio Ciné Live qui insiste sur le travail de Payne sur les paysages du Nebraska et sur l’équilibre entre cruauté et cocasserie (Source : AlloCiné, 2013). Le magazine ELLE qualifie le film de « road trip bouleversant », mettant en avant le personnage de Woody Grant et la manière dont son illusion de gain réactive des tensions anciennes au sein de la famille (Source : ELLE, 2014). Cette réception situe Nebraska dans la continuité du cinéma de Payne, souvent associé à un regard attentif sur les classes moyennes et populaires américaines, sans effet spectaculaire mais avec une attention aux détails du quotidien (Source : IMDb, 2014 ; Wikipedia, 2013).
Sur le plan esthétique, le film s’inscrit dans une tradition de chroniques familiales et de road movies introspectifs, mais son choix du noir et blanc et son rythme mesuré le distinguent au sein de la production hollywoodienne contemporaine (Source : AlloCiné, 2013 ; Wikipedia, 2013). La mise en scène privilégie des plans larges sur les routes et les petites villes, ainsi que des scènes de repas ou de réunions silencieuses où les corps et les silences en disent autant que les dialogues, ce qui est relevé par plusieurs critiques comme un élément central de l’identité du film (Source : AlloCiné, 2013 ; IMDb, 2014). Bruce Dern, en particulier, est décrit par la presse comme livrant une composition retenue, jouant sur la lassitude et la fragilité plutôt que sur des excès dramatiques, ce qui a été déterminant dans l’attribution de son prix d’interprétation à Cannes (Source : Yahoo News, 2013 ; Rotten Tomatoes/RT, 2013). En parallèle, la performance de June Squibb est souvent mentionnée pour son ton direct et corrosif, qui apporte un contrepoint plus vif aux silences et à la mélancolie de Woody, dimension soulignée par sa nomination à l’Oscar du meilleur second rôle féminin (Source : Wikipedia, 2013 ; IMDb, 2014). Dans ce cadre, Nebraska occupe une place singulière dans le paysage du cinéma américain des années 2010, en conjuguant un dispositif formel classique et une attention aux réalités socio-économiques du Midwest contemporain (Source : AlloCiné, 2013 ; Wikipedia, 2013).
Critique sur Nebraska
Récompenses et Nominations
Où regarder en streaming Nebraska
Nebraska est disponible à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Nebraska figurent Woody Grant, interprété par Bruce Dern, David Grant, interprété par Will Forte et Kate Grant, interprété par June Squibb. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.























