“Un sombre conte de fées.”
Gretel & Hansel est réalisé par Osgood Perkins, cinéaste américain déjà remarqué dans le registre horrifique avec The Blackcoat’s Daughter et I Am the Pretty Thing That Lives in the House, sur un scénario signé Rob Hayes, adapté du conte « Hansel et Gretel » des frères Jacob et Wilhelm Grimm. Le film est produit notamment par Orion Pictures et Bron Creative, et bénéficie d’un budget de production estimé à 5 millions de dollars, selon les données publiées par IMDb et The Numbers. La distribution en salles aux États-Unis est assurée par United Artists Releasing, avec une sortie datée au 31 janvier 2020 sur le marché nord-américain, positionnant le film en début d’année, période fréquemment occupée par des productions de genre à budget modéré. Sur le plan industriel, cette sortie s’inscrit dans le mouvement plus large de relectures sombres de contes classiques, déjà visible dans divers projets hollywoodiens au cours des années 2010, mais ici traité dans un format plus resserré et moins orienté vers le blockbuster. En termes de présence festival ou de parcours événementiel, le film se présente principalement comme une sortie commerciale de circuit traditionnel, sans communication majeure associée à un grand festival international identifiée dans les sources consultées. )
Du point de vue de l’exploitation, Gretel & Hansel enregistre un week-end d’ouverture à 6 154 007 dollars sur le territoire américain et canadien, pour un total domestique de 15 347 654 dollars, selon Box Office Mojo et The Numbers. À l’international, les recettes s’élèvent à environ 6,95 à 7 millions de dollars, portant le cumul mondial à un peu plus de 22,3 millions de dollars, soit un niveau de recettes équivalant à plus de quatre fois le budget de production estimé. La part domestique représente près de 69 à 70% du total mondial, ce qui souligne un ancrage prioritaire sur le marché nord-américain pour ce type de proposition de genre distribuée par un studio de taille intermédiaire. Cette performance situe le film dans la catégorie des productions d’horreur rentables mais non événementielles, à distance des franchises à très large audience, tout en confirmant la viabilité économique de récits indépendants à forte identité visuelle. Aucune récompense majeure de type Oscars, Golden Globes ou prix de grands festivals internationaux n’est mentionnée dans les bases de données consultées, ce qui inscrit l’œuvre dans un parcours essentiellement critique et public, plutôt que dans le circuit des distinctions.
Intrigue et ancrage dans le conte
Le film reprend la trame centrale du conte « Hansel et Gretel » en suivant deux enfants chassés de leur foyer qui se perdent dans une forêt et trouvent refuge chez une femme qui se révèle être une sorcière, mais il opère un déplacement en donnant la primauté narrative à Gretel, plus âgée, présentée comme une adolescente d’environ 16 ans. Hansel, plus jeune, apparaît comme dépendant de sa sœur, ce qui renforce l’angle du récit d’émancipation féminine et de responsabilité, sans que le film n’abandonne les motifs classiques de la faim, de la pauvreté et de la survie. La maison de la sorcière, motif central du conte, n’est plus décrite comme une demeure de sucreries telle qu’iconisée dans de nombreuses versions, mais comme un espace à la fois accueillant et inquiétant, où l’abondance de nourriture et de confort contraste avec l’austérité du monde extérieur. Cette transformation visuelle traduit un glissement du merveilleux vers l’inquiétante étrangeté, en cohérence avec l’approche de dark fantasy adoptée par le film.
Par ailleurs, la figure de la sorcière, incarnée sous la forme de Holda, est développée au-delà de la simple antagoniste cannibale du conte, en tant que personnage qui repère chez Gretel un potentiel latent et lui propose une forme de pouvoir. Ce rapport mentor–disciple, où l’offre de protection se double d’une incitation à se détacher de son frère, introduit un enjeu moral plus nuancé que dans le conte d’origine, centrant le conflit sur le choix entre lien familial et puissance individuelle. La narration conserve néanmoins les éléments de menace associés à la sorcière, notamment la dangerosité de la maison et le sort réservé aux enfants précédemment attirés dans cet espace, tels qu’évoqués par le film. En transposant ces motifs dans un univers visuel marqué par la brume, les clairières sombres et les intérieurs géométriques, Gretel & Hansel propose une relecture où le conte fonctionne à la fois comme matrice narrative et comme réservoir de symboles revisités.
Distribution artistique et personnages
Le rôle de Gretel est interprété par Sophia Lillis, actrice américaine révélée notamment par son interprétation de Beverly Marsh dans les adaptations de It de Stephen King, qui porte ici le point de vue principal du film. Hansel est joué par Sam Leakey (crédité parfois sous le nom Sam ou Samuel Leakey), pour qui ce rôle constitue un premier grand rôle au cinéma, décrit comme un enfant d’environ huit ans dans les informations de production. Alice Krige incarne Holda, la sorcière, figure centrale de la maison au cœur de la forêt, tandis que Jessica De Gouw interprète une version plus jeune de ce même personnage, dans un dispositif de flashbacks ou de récits qui enrichissent la représentation de la sorcière. Fiona O’Shaughnessy apparaît dans le rôle de la mère des deux enfants, présentée comme une figure marquée par la misère, contribuant à l’expulsion de Gretel et Hansel du foyer familial.
Autour de ce noyau, le casting comprend également Charles Babalola dans le rôle d’un chasseur qui croise la route des enfants, et diverses apparitions secondaires créditées, notamment Nessa Last et Harry O’Cualacháin dans les rôles d’une sœur et d’un frère dans une histoire racontée au sein du film. Le choix d’une distribution relativement restreinte et peuplée de visages reconnaissables mais non associés à de très grandes franchises renforce le caractère resserré et intimiste du récit. Les critiques mettent fréquemment en avant le jeu d’Alice Krige, soulignant la manière dont l’actrice transmet simultanément menace et forme de bienveillance ambiguë, ainsi que la présence de Sophia Lillis, décrite comme une figure de centre de gravité du film. Cette dynamique entre les trois personnages principaux – Gretel, Hansel et Holda – structure l’essentiel des enjeux dramatiques, réduisant les personnages périphériques à des fonctions plus strictement narratives.
Équipe technique et choix esthétiques
La mise en scène d’Osgood Perkins se caractérise par un recours appuyé à une imagerie stylisée, au service d’une atmosphère que plusieurs critiques qualifient de « folklorique » et de « cauchemardesque », privilégiant la suggestion à l’horreur explicite. La photographie est signée Galo Olivares, qui compose des cadres géométrisés et un travail marqué sur les couleurs, notamment les contrastes entre les intérieurs chaleureux de la maison et la froideur des extérieurs forestiers. Les critiques notent que le film s’appuie largement sur sa dimension visuelle, certaines analyses estimant que la mise en scène prend parfois le pas sur la narration, ce qui contribue à donner à l’œuvre un rythme contemplatif. Cette orientation est perçue comme un élément distinctif du film au sein de la production horrifique américaine contemporaine, souvent plus orientée vers les effets de surprise et de sursaut.
Le scénario de Rob Hayes est construit à partir de la structure du conte, mais étiré pour un long métrage de 87 minutes environ, ce qui conduit certains commentateurs à souligner une tension entre richesse visuelle et relative minceur de l’intrigue. La musique et le sound design, bien que moins commentés dans les synthèses disponibles, participent à ce dispositif en accentuant les moments de silence, de chuchotements et de bruits de forêt, dans une logique de cinéma sensoriel. La direction artistique et les décors insistent sur une temporalité volontairement floue, entre Moyen Âge fantasmé et univers de conte abstrait, ce qui permet au film d’éviter une datation précise. L’ensemble de ces choix contribue à faire de Gretel & Hansel un objet où l’image, le cadre et la lumière occupent une place centrale dans la construction du sens.
Accueil critique et perception du film
L’accueil critique de Gretel & Hansel apparaît contrasté mais globalement respectueux du geste de mise en scène, plusieurs publications saluant l’originalité visuelle du film tout en pointant des réserves sur son rythme et son écriture. Des critiques comme Chandler Levack dans The Globe and Mail soulignent le caractère plus singulier, plus cinématographique et plus réfléchi de l’œuvre que ce qu’elles attendaient d’une sortie horrifique de studio, insistant sur les choix de Perkins. Kate Rife, dans The A.V. Club, note que le film met à l’épreuve la patience du spectateur mais estime que la récompense visuelle et atmosphérique justifie ce parti pris, en lien avec la récurrence de la formule « trusting the darkness » dans le film. D’autres commentateurs anglo-saxons, comme Keith Phipps sur le site Keith & the Movies, évoquent un film qui dépasse les attentes initiales en termes de concept de dark fantasy, tout en reconnaissant une narration parfois secondaire par rapport à la composition des plans.
En parallèle, certaines analyses signalent que ce positionnement entre film d’horreur grand public et œuvre plus auteuriste peut dérouter une partie du public habitué à des codes plus conventionnels du genre. La réception sur les agrégateurs de critiques reflète cette ambivalence, avec des notes moyennes situées dans une zone intermédiaire, sans unanimité ni rejet massif, selon les données synthétiques recensées par des plateformes comme IMDb. Le film est par ailleurs souvent rapproché d’autres relectures contemporaines de contes, mais se distingue par sa durée contenue et sa volonté de se concentrer sur une poignée de personnages et de motifs visuels récurrents. Dans ce cadre, Gretel & Hansel s’inscrit comme une proposition singulière au sein du paysage horrifique de 2020, plus commentée pour sa forme et son atmosphère que pour son impact commercial ou sa place dans les palmarès de fin d’année. )
Filmographie sélective d’Osgood Perkins
- The Blackcoat’s Daughter (également connu sous le titre February), long métrage d’horreur réalisé par Osgood Perkins et sorti initialement en festivals en 2015, puis exploité plus largement en 2017, remarqué pour son atmosphère lente et son approche psychologique du surnaturel (Source : IMDb, 2017).
- I Am the Pretty Thing That Lives in the House, film d’horreur produit par Netflix et réalisé par Osgood Perkins, présenté en 2016 et centré sur une infirmière s’occupant d’une auteure de romans gothiques dans une maison hantée (Source : IMDb, 2016).
- Gretel & Hansel, troisième long métrage de fiction de Perkins, sorti en salles en 2020, qui transpose le conte des frères Grimm dans un registre de dark fantasy minimaliste (Source : IMDb, 2020).
Critique sur Gretel & Hansel
Où regarder en streaming Gretel & Hansel
Gretel & Hansel est disponible à la location sur Apple TV Store, Canal VOD, Rakuten TV et Orange VOD et à l'achat sur Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Rakuten TV et Orange VOD. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Gretel & Hansel figurent Gretel, interprété par Sophia Lillis, Hansel, interprété par Samuel Leakey et Witch, interprété par Alice Krige. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.



























