Kon Ichikawa: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Kon Ichikawa en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
105
œuvres recensées
103 films · 2 séries
- Première année recensée
- 1935
- Dernière année recensée
- 2008
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1946, Tōhō confie à Kon Ichikawa un premier film, « La Fille du temple Dojo », une animation de marionnettes adaptée du bunraku. Le cinéaste a alors 30 ans et vient de passer plusieurs années dans les ateliers de Jenkins-Osawa, à Kyoto puis Tokyo. Cette entrée par l’animation ne restera pas isolée dans son œuvre, mais elle fixe d’emblée un rapport précis au cadre, au mouvement et aux formes du théâtre japonais.
Kon Ichikawa et l’apprentissage des studios
Né le 20 novembre 1915 à Ise, dans la préfecture de Mie, Kon Ichikawa étudie le commerce à Osaka avant d’entrer, en 1933, dans la section animation de Jenkins-Osawa, à Kyoto. Il y devient assistant de Tamizō Ishida, Yutaka Abe et Nobuo Aoyagi. Le passage par ces postes techniques construit une connaissance précise de l’industrie japonaise au moment où les studios se réorganisent.
Au début des années 1940, Jenkins-Osawa fusionne avec Tōhō et P.C.L., et Ichikawa rejoint Tokyo. Il y rencontre Natto Wada, traductrice pour Tōhō, qui écrit ensuite les scénarios de la plupart de ses films réalisés entre 1949 et 1965. Cette collaboration d’écriture accompagne plusieurs titres des années 1950, de « L’Amant » en 1951 à « Les Amants » en 1953, puis « L’Étrange Obsession » en 1959.
La première mise en scène chez Tōhō passe par une forme courte et expérimentale avec « La Fille du temple Dojo ». Les bobines sont confisquées après la présentation du film, et l’œuvre demeure longtemps perdue avant d’être retrouvée et conservée par la Cinémathèque française. Ichikawa rejoint ensuite Shintōhō après la scission provoquée par les grèves de 1947, choix qui l’amène à travailler dans une société aux moyens limités. Jusqu’au début des années 1950, il tourne surtout des films destinés au circuit commercial, parmi lesquels « 365 Nuits I » et « 365 Nuits II » en 1948, puis « Poursuite à l’aube » en 1950.
Les années 1950, du studio aux grands titres
En 1951, « L’Amant » et « L’Homme sans nationalité » portent son nom au générique de plusieurs fonctions, avec l’écriture sur le premier. La même année, « L’Amour volé » et « La Marche nuptiale » s’inscrivent dans un rythme de travail soutenu. Cette cadence se prolonge en 1952 avec « Monsieur Lucky », « Les Jeunes Gens », « La Femme qui a touché les jambes » et « Par ci, par là ».
L’année 1953 marque un autre moment avec « Les Amants » et « La Jeunesse de Heiji Zenigata », puis « Tout sur moi », « Le Milliardaire » et « Douze chapitres sur les femmes » en 1954. La présence de Natto Wada au scénario accompagne plusieurs de ces films et donne à Ichikawa un partenaire d’écriture régulier. Les titres s’enchaînent sans uniforme de style, du mélodrame à la comédie, dans une production pensée pour un studio en recherche de rentabilité.
En 1955, il signe « Histoire de fantômes de la jeunesse » et « Le Pauvre Cœur des hommes », puis vient « La Harpe de Birmanie » en 1956, l’un des films les plus souvent associés à son nom. La même année paraissent « La Chambre des exécutions » et « Nihonbashi », deux films qui prolongent une activité déjà très dense. En 1957, « Le Train bondé » et « Le Trou » s’ajoutent à la filmographie de la période, avant « Le Pavillon d’or », « L’Étrange Obsession » et « Feux dans la plaine » en 1958 et 1959.
Le cinéma des années 1960
En 1960, « Testaments de femmes » poursuit une série de titres qui occupent le début de la décennie. La période reste liée à l’écriture de Natto Wada jusqu’en 1965, et plusieurs films des années 1950 portent déjà cette collaboration au premier plan. Ichikawa travaille alors dans un paysage de studios encore structuré par les grands producteurs japonais.
Par ailleurs, l’œuvre de cette époque reste associée à des festivals internationaux comme Cannes et Venise, où plusieurs de ses films obtiennent nomination ou récompense. Le texte disponible cite aussi un usage fréquent du grand angle et du cinémascope, employés pour restituer une esthétique visuelle proche du kabuki. Les thèmes pacifistes reviennent régulièrement, avec une place accordée à l’humour noir.
Le début des années 1960 voit encore « Akatsuki no tsuiseki » en 1950 dans la continuité de ses travaux sur la période, puis « The Lover » et « Aijin » au début des années 1950, titres pour lesquels il signe le scénario et la mise en scène. Cette double fonction accompagne une manière de travailler où l’écriture et la réalisation avancent ensemble plutôt que l’une après l’autre.
Une œuvre menée jusqu’en 2008
La fin de carrière de Kon Ichikawa reste ouverte jusqu’aux années 2000. En 2008, il signe « The Magic Hour », crédit qui montre une activité maintenue jusqu’au bout. La même année, il meurt le 13 février 2008 à Ise, à l’âge de 92 ans.
Son nom demeure lié à plus de 80 films réalisés du milieu des années 1940 au milieu des années 2000. Les titres retenus dans son cas dessinent un axe net: « La Harpe de Birmanie », « Le Pavillon d’or », « La Vengeance d’un acteur », « Dodes'kaden » comme producteur exécutif, et « Królowa pszczól » en 1978, où il assure aussi l’écriture. Chez lui, la mise en scène ne s’éloigne jamais complètement de l’écriture, ni des formes venues du théâtre, de l’animation ou du studio.
Les alias associés à son nom, de 市川崑 à Кон Итикава, disent moins un fractionnement qu’une circulation internationale des crédits. Kon Ichikawa traverse ainsi plusieurs langues, plusieurs circuits de diffusion et plusieurs régimes de production, sans quitter le terrain du cinéma. Son activité s’étend de 1946 à 2008, avec une régularité rare, des studios japonais d’après-guerre aux dernières années du siècle.
Films et séries réalisés par Kon Ichikawa
Découvrez ses principales réalisations au cinéma et à la télévision.
Galerie photos de Kon Ichikawa
1 photo affichée.
Filmographie détaillée
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Personnalités en relation
Personnalités créditées sur plusieurs œuvres communes présentes dans notre base.















































