Lucien Ballard: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Lucien Ballard en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
128
œuvres recensées
124 films · 4 séries
- Première année recensée
- 1929
- Dernière année recensée
- 1985
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1930, « Cœurs brûlés » place Lucien Ballard dans une Hollywood en mutation, au moment où l’image devient un terrain de style autant que de technique. Né le 6 mai 1908 à Miami, dans l’Oklahoma, il meurt le 1er octobre 1988 à Rancho Mirage. Entre ces deux dates, il signe des images pour Josef von Sternberg, Robert D. Webb, John Brahm, Archie Mayo, Robert Aldrich et Sam Peckinpah, avec une présence qui traverse le western, le polar et le film noir.
Des études à l’axe Sternberg
Lucien Ballard passe par l’Université de Pennsylvanie et l’Université de l’Oklahoma. Cette formation accompagne un regard déjà orienté vers le travail des cadres et de la lumière, dans une période où le cinéma américain affine ses codes visuels. À partir de 1930, son nom apparaît au générique de « Cœurs brûlés » (Morocco), puis dans « La Femme et le Pantin » (The Devil Is a Woman) et « Crime et châtiment » (Crime and Punishment) en 1935.
La même année 1936, il retrouve Josef von Sternberg pour « Sa Majesté est de sortie » (The King Steps Out). Le film le situe au plus près d’un cinéaste qui fait de la lumière un outil narratif, et Ballard s’inscrit dans cette exigence. On le retrouve aussi cette année-là sur « Le Rescapé » (The Final Hour) de D. Ross Lederman, puis sur « L’Obsession de madame Craig » (Craig’s Wife).
Les années 1930, du film noir aux séries B
En 1937, Lucien Ballard signe « La Danseuse de San Diego » (The Devil's Playground) puis « Échec au crime » (I Promise to Pay). La fin de la décennie le voit travailler sur « Prison centrale » (Penitentiary) en 1938, « L'Étrange Rêve » (Blind Alley) et « Garde-côtes » (Coast Guard) en 1939, toujours dans des productions où le rythme du récit dépend beaucoup de l’organisation visuelle.
L’année 1942 l’amène vers « La Péniche de l'amour » (Moontide) et « Ce que femme veut » (Orchestra Wives), signé par Archie Mayo. La décennie se poursuit avec « Jack l'Éventreur » (The Lodger) en 1944, « Laura » la même année, puis « Notre cher amour » (This Love of Ours) en 1945. En 1946, il assure l’image de « Tentation » (Temptation) d’Irving Pichel et, en 1947, celle de « La Chanson des ténèbres » (Night Song). Le cap de 1948 le mène à « Berlin Express », titre qui ferme cette séquence avec un film tourné vers l’après-guerre.
Le tournant du western
Au début des années 1950, Ballard travaille sur « La Maison sur la colline » (The House on Telegraph Hill) en 1951, puis sur « Chéri, divorçons » (Let's Make It Legal) et « Baïonnette au canon » (Fixed Bayonets!). En 1952, il signe « Courrier diplomatique » (Diplomatic Courier), « Troublez-moi ce soir » (Don't Bother to Knock), « La Sarabande des pantins » (O. Henry's Full House) et « Night Without Sleep ». La période installe une cadence de travail soutenue, avec des films qui vont du suspense au mélodrame.
À partir de 1953, le western prend une place plus visible avec « Les Rats du désert » (The Desert Rats), « La Brigade glorieuse » (The Glory Brigade) de Robert D. Webb, puis « La Piste fatale » (Inferno). En 1954 viennent « Prince Vaillant » (Prince Valiant) et « Le Raid » (The Raid). L’année suivante, il photographie « La Plume blanche » (White Feather), « Le Brave et la Belle » (The Magnificent matador) et « Seven Cities of Gold ». Cette concentration de titres confirme une pratique solide du décor ouvert, des corps en mouvement et des lignes d’horizon.
De The Killing à Peckinpah
L’année 1956 réunit plusieurs repères avec « Le Tueur s'est évadé » (The Killer is Loose), « L'Ultime Razzia » (The Killing), « Le Shérif » (The Proud Ones) et « Baiser mortel » (A Kiss Before Dying) de Gerd Oswald. The Killing occupe une place particulière dans cette série, par le contrôle des espaces et le découpage de l’action. En 1959, Ballard signe « Black Saddle » et « Law of the Plainsman », puis « The Westerner » en 1960.
Le début des années 1960 le voit sur « La Fiancée de papa » en 1961. En 1965, il photographie « Les Quatre Fils de Katie Elder », puis « Au théâtre ce soir » en 1966. La même année, il travaille encore sur « Au théâtre ce soir » dans une autre mention de crédit à l’image. Deux titres de 1968 et 1969 ferment cette séquence avec « La Party » et « Cent dollars pour un shérif », avant « La Horde sauvage » en 1969, film associé à la rencontre avec Sam Peckinpah.
Après The Wild Bunch, les derniers grands titres
En 1972, Lucien Ballard signe encore l’image de « Guet-apens » (The Getaway). Ce titre prolonge une relation de confiance avec un cinéma de tension sèche, où le cadre doit absorber les virages du récit sans perdre sa netteté. Le film s’inscrit dans une période tardive où sa présence reste liée aux œuvres de genre les plus visibles.
Sa mort intervient le 1er octobre 1988. Entre 1930 et 1972, la liste de ses crédits dessine une continuité rare dans le cinéma américain, avec des réalisateurs comme Josef von Sternberg, D. Ross Lederman, Archie Mayo, Irving Pichel, Robert D. Webb, Gerd Oswald et Sam Peckinpah. Lucien Ballard aura traversé les formes du studio classique, le film noir et le western, en restant attaché à un travail de chef opérateur dont les titres suffisent à mesurer l’ampleur.
Filmographie de Lucien Ballard
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