Fred Karlin: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Fred Karlin en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
151
œuvres recensées
142 films · 9 séries
- Première année recensée
- 1967
- Dernière année recensée
- 1997
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1962, Fred Karlin grave chez Columbia un disque bâti sur des extraits de « Snoopy », avec Kaye Ballard et Arthur Siegel, entièrement joué par ses soins à partir d’instruments pour enfants et de jouets. Cette expérience annonce une manière de traiter la musique comme matière concrète, puisée dans des timbres inattendus plutôt que dans le seul orchestre. Né à Chicago le 16 juin 1936, mort à Culver City le 26 mars 2004, il compose pour le cinéma, la télévision et les chansons de films, tout en menant une activité d’écriture sur la musique de film.
Les années de formation à Chicago et New York
Fred Karlin étudie la composition jazz avec William Russo avant d’obtenir un baccalauréat ès arts à Amherst College. Sa thèse d’honneur porte sur son Quartet à cordes n° 2, signe d’un passage précoce entre écriture savante et pratiques de studio. Il s’installe ensuite à New York, où il écrit des compositions et des arrangements pour Benny Goodman, Harry James et Chubby Jackson.
Durant cette période, il travaille aussi pour des documentaires, l’orchestre du Radio City Music Hall et des publicités télévisées. Le texte le décrit en outre comme un trompettiste accompli, capable de jouer le jazz, le blues, le rock, la musique classique et la musique médiévale. Cette diversité d’emploi façonne un musicien qui circule entre écriture, arrangement et exécution sans se limiter à un seul cadre.
En 1967, il compose pour « Escalier interdit », crédit qui le fait entrer au cinéma. L’année suivante, il signe la musique de « Les tiens, les miens, le nôtre », de « L’Homme sauvage » et de « The Sterile Cuckoo », trois films où sa présence s’installe dans des registres très différents. En 1968, « Les tiens, les miens, le nôtre » apparaît déjà comme une étape importante dans une série de partitions qui s’enchaînent vite au tournant des années 1970.
Le cinéma des années 1970
En 1970, Fred Karlin signe la musique de « Lovers and Other Strangers », de « Cover Me Babe » et de « The Baby Maker ». Dans « Lovers and Other Strangers », il écrit aussi la chanson « For All We Know », qui obtient en 1971 l’Academy Award de la meilleure chanson originale. La chanson devient un succès majeur du groupe The Carpenters, tandis qu’une autre de ses compositions, « Come Saturday Morning », trouve l’écho du groupe The Sandpipers.
L’année 1972 le voit travailler sur « The Little Ark », puis 1973 sur « Mondwest », où il figure comme compositeur de la musique originale et comme chef d’orchestre. Ce double crédit montre une pratique où l’écriture et la direction se rejoignent dans une même production. Il participe ensuite à « Du sang dans la poussière », « Zandy's Bride », « Chosen Survivors », « The Gravy Train » et « Mixed Company » en 1974, avant « Mastermind », « Baby Blue Marine », « Leadbelly » et « Les Rescapés du futur » en 1976.
La même année, il signe aussi « Born Innocent » pour la télévision. En 1977, il compose « Green Eyes », « The Death of Richie », « Minstrel Man », « L'Homme de l'Atlantide », « Alexander: The Other Side of Dawn », « Lucan » et « The Hostage Heart ». Cette concentration de titres pour la télévision, autour d’une seule année, révèle un travail soutenu sur le format des téléfilms et des séries, sans abandon du cinéma.
La télévision, terrain principal
Fred Karlin reçoit onze nominations aux Emmy Awards pour ses compositions et remporte la récompense en 1974 pour « The Autobiography of Miss Jane Pittman ». Le téléfilm « Born Innocent » figure aussi parmi ses travaux de cette période, tout comme « Mr. and Mrs. Bo Jo Jones » en 1971 et « The Man Who Could Talk to Kids » en 1973. Son nom revient ensuite sur « The Autobiography of Miss Jane Pittman », « Bad Ronald », « It Couldn't Happen to a Nicer Guy » et « Punch and Jody » en 1974.
En 1975, il compose pour « The Dream Makers » et « Death Be Not Proud ». Puis viennent « Woman of the Year » et « Wanted: The Sundance Woman » en 1976, avant « The Life and Assassination of the Kingfish », « The World of Darkness », « Billy: Portrait of a Street Kid », « The Pursuit of Happiness », « The Red Hand Gang » et d’autres titres télévisés en 1977. La répétition de ces commandes laisse voir un compositeur sollicité pour des récits dramatiques, policiers ou familiaux, sans que sa méthode s’enferme dans une formule unique.
Il signe encore « Blind Ambition » en 1979, « Ike, l'épopée d'un héros » la même année, puis « Ça glisse... les filles! » et « Ravagers ». En 1980, il compose « Cloud Dancer » et « L'Amour à quatre mains ». Plus tard, « Inside the Third Reich » arrive en 1982, puis « Vasectomy: A Delicate Matter » en 1986 et « Sutoroberi rodo » en 1991. Cette continuité atteste une présence durable dans l’audiovisuel sur plusieurs décennies.
Récompenses, écriture et livres
Fred Karlin reçoit aussi le NAACP Image Award pour « Minstrel Man ». Sa musique de film lui vaut trois nominations aux Academy Awards, dont celle liée à « The Little Ark » en 1972. En parallèle de ces distinctions, il publie trois ouvrages sur la composition pour le cinéma, dont On the Track: A Guide to Contemporary Film Scoring en 1990, Listening to Movies: The Film Lover's Guide to Film Music en 1994 et 100 Great Film Scores, publié après sa mort en 2005.
Il rédige aussi un ouvrage de référence consacré aux milliers d’enregistrements de la compagnie Edison, distribués entre 1914 et 1929. L’entreprise d’écriture prolonge un travail déjà visible dans sa pratique musicale: nommer, classer, décrire les formes sonores au lieu de s’en tenir à la seule commande de production. Chez lui, la musique de film ne se sépare jamais tout à fait de la réflexion sur ses usages, ses matériaux et ses modes d’enregistrement.
Sa mort à Culver City en 2004 met un terme à une activité qui avait traversé le cinéma, les téléfilms, les séries, la chanson originale et l’écriture théorique. Le détail le plus net demeure peut-être ce disque de 1962, construit avec des jouets et des instruments d’enfants, où s’entend déjà une façon d’écouter le son avant de l’habiller. Fred Karlin y apparaît comme un artisan attentif aux timbres, aux formats et aux usages concrets de la musique.
Filmographie de Fred Karlin
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