Lillian Gish: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Lillian Gish en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
138
œuvres recensées
129 films · 9 séries
- Première année recensée
- 1912
- Dernière année recensée
- 1993
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1912, Mary Pickford recommande Lillian Gish à D. W. Griffith. La jeune actrice entre alors dans une troupe où les interprètes suivent le metteur en scène de studio en studio, et où le nom du réalisateur pèse davantage que celui des comédiens. Née le 14 octobre 1893 à Springfield, dans l’Ohio, Lillian Diana Gish commence pourtant plus tôt, vers 1902, sur scène, dans des rôles d’enfants joués avec sa sœur Dorothy Gish.
Les années Griffith
Lillian Gish tourne très vite avec D. W. Griffith dans des œuvres qui comptent parmi les grands jalons du muet américain. Elle apparaît dans « Naissance d’une nation » en 1915, où elle joue Elsie Stoneman, jeune fille nordiste enlevée par des esclaves affranchis. L’année suivante, « Intolérance » la montre dans le segment moderne, sous les traits de The Woman Who Rocks the Cradle, image centrale du long film à épisodes. Ces deux titres suffisent à installer sa présence dans le cinéma de Griffith, au moment où les tournages façonnent des équipes soudées autour du metteur en scène.
Elle poursuit avec « Le Lys brisé » en 1919, puis « À travers l’orage » en 1920 et « Les Deux Orphelines » en 1921. Les notices qui accompagnent ces films disent assez la place qu’elle occupe alors dans le cinéma muet: héroïne juvénile, visage de mélodrame, partenaire familière des grandes entreprises de Griffith. La même période la voit aussi réaliser « Remodeling Her Husband » en 1920, avec Dorothy Gish à l’écran. Cette incursion derrière la réalisation compte parmi les faits marquants de sa carrière de studio, au sein d’un système encore très peu ouvert aux femmes.
Plus tard viennent « La Bohème » en 1926 et « Le Vent » en 1928, où elle tient le rôle de Letty. Le film de 1928 appartient aux derniers grands élans du muet pour elle. Ces titres, tous liés à la même décennie, fixent un ensemble de rôles qui restent associés à la période Griffith et à la fin d’un cinéma encore muet, centré sur l’expression du corps et du visage.
Du théâtre au parlant
Le passage au cinéma parlant la conduit à revenir sur scène, puis à n’apparaître qu’occasionnellement à l’écran. Cette nouvelle phase ne l’éloigne pas longtemps des studios, mais elle change la nature de ses apparitions. En 1946, elle tient l’un des rôles principaux de « Duel au soleil », le western de King Vidor, et reçoit une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film. Le choix du mot principal dans les sources suffit ici à mesurer sa place dans le dispositif du film.
Quelques mois plus tard, elle apparaît dans « Le Portrait de Jennie » en 1948. Puis viennent « La Nuit du chasseur » en 1955, où elle interprète Rachel Cooper, et « Le Vent de la plaine » en 1960, où elle joue Mattilda Zachary. Ces rôles dessinent une présence qui traverse plusieurs décennies de cinéma américain sans rompre avec le théâtre, et sans se limiter au seul souvenir des années muettes.
La télévision prend aussi une place régulière dans cette période. Elle figure dans « The Alcoa Hour » en 1955 dans le rôle d’Esther Crampton, puis dans « Playwrights ’56 » la même année. « The American Film Institute Salute to... » en 1973 et « Night of 100 Stars II » en 1985 prolongent encore cette présence à l’écran. À partir de là, sa filmographie se lit par touches, entre longs métrages, programmes télévisés et apparitions d’archive.
Théâtre, télévision, honneurs
Le théâtre reste un versant important de son activité, et l’American Theater Hall of Fame l’intronise en 1972. L’année précédente, elle reçoit un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Le Kennedy Center Honors suit en 1982, puis l’AFI Life Achievement Award en 1984. Ces distinctions, étalées sur plus d’une décennie, encadrent les dernières apparitions d’une actrice qui traverse tout le XXe siècle américain sans changer de nom ni d’autorité publique.
En 1987, elle obtient le National Board of Review Award de la meilleure actrice pour « Les Baleines du mois d’août ». Le film réunit Bette Davis et Vincent Price, et marque sa dernière apparition au cinéma. La même année se referme une activité commencée en 1902 sur scène, puis poursuivie à l’écran à partir de 1912. Son nom reste alors attaché à l’expression « The First Lady of American Cinema », formule devenue presque indissociable d’elle dans la mémoire du cinéma américain.
Elle figure encore en 1995 dans « The First 100 Years: A Celebration of American Movies », sous forme d’images d’archive, et réapparaît de la même manière dans « Bienvenue à Cannes » en 2007. Ces présences posthumes prolongent son image de pionnière du muet, tout en rappelant une carrière qui s’étend sur plusieurs formes, du plateau de théâtre aux programmes télévisés, des films de Griffith aux hommages institutionnels.
- 1915: « Naissance d’une nation », rôle d’Elsie Stoneman
- 1916: « Intolérance », rôle de The Woman Who Rocks the Cradle
- 1919: « Le Lys brisé »
- 1921: « Les Deux Orphelines », rôle d’Henriette Girard
- 1928: « Le Vent », rôle de Letty
- 1946: « Duel au soleil », nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle
- 1955: « La Nuit du chasseur », rôle de Rachel Cooper
- 1987: « Les Baleines du mois d’août », National Board of Review Award de la meilleure actrice
Une présence qui traverse le siècle
Le 27 février 1993, Lillian Gish meurt à 99 ans à New York. Sa sépulture se trouve à l’église du Repos-Céleste de Manhattan. Entre Springfield et Manhattan, entre les années de tournée enfantine et les dernières distinctions américaines, elle aura traversé l’histoire du cinéma sans quitter la scène des hommages publics.
Son activité s’étend sur 75 ans, de 1912 à 1987, avec des passages par le théâtre, le cinéma muet, le parlant et la télévision. Elle est membre des Filles de la révolution américaine et possède une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Les archives du cinéma gardent aussi son image dans des hommages comme « The First 100 Years: A Celebration of American Movies », où son visage revient comme celui d’une artiste restée liée aux débuts industriels d’Hollywood.
La postérité la retient sous son nom complet, Lillian Diana Gish, et sous ce surnom de « First Lady of American Cinema » qui dit moins une légende qu’une ancienneté tenue dans la durée. Son existence publique épouse celle du cinéma américain naissant, puis sa longue institutionnalisation. La chronologie, ici, se lit sans éclat forcé: une enfant de troupe devenue actrice de Griffith, une présence régulière sur scène et à l’écran, puis une figure honorée par les grandes institutions culturelles américaines.
Films et séries avec Lillian Gish
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