Toru Takemitsu: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Toru Takemitsu en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
111
œuvres recensées
108 films · 3 séries
- Première année recensée
- 1955
- Dernière année recensée
- 1995
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1962, Akira Kurosawa confie à Toru Takemitsu la musique de « Harakiri ». Le nom du compositeur apparaît alors sur un film qui le place au contact du cinéma japonais de premier plan, avec une écriture déjà tenue pour l’un de ses terrains essentiels. Quatre ans plus tard, « La Femme des sables » puis « Kwaïdan » installent durablement son nom dans les partitions qui accompagnent les grands titres des années 1960.
Tokyo, la formation et les premières inflexions
Né le 8 octobre 1930 à Tokyo, Toru Takemitsu étudie la musique avec Yasuji Kiyose à partir de 1948. La guerre lui fait découvrir la musique occidentale, avec une attirance marquée pour Claude Debussy, Erik Satie et Olivier Messiaen. Cette écoute ouvre une direction qui traverse ensuite ses partitions, sans effacer le rapport complexe qu’il entretient avec la tradition japonaise.
En 1958, une représentation de bunraku fait basculer cette relation. Il prend alors la mesure de la musique traditionnelle japonaise, après l’avoir d’abord rejetée. L’attrait pour la nature se mêle ensuite à cette réflexion musicale, dans des œuvres comme November Steps en 1967, In an Autumn Garden entre 1973 et 1979, puis I Hear the Water Dreaming en 1987 et How Slow the Wind en 1991.
Takemitsu se forme à l’Université des arts de Tokyo. Il travaille aussi comme guitariste classique, écrivain, pédagogue et compositeur de musique de film. Ces activités ne dessinent pas des mondes séparés, elles composent une pratique continue de la musique, étendue à plusieurs formes d’écriture et à plusieurs cadres d’exécution.
La musique de film comme terrain principal
« Le Visage d’un autre », réalisé par Hiroshi Teshigahara et sorti en 1966, lui donne un double rôle: compositeur de la musique originale et apparition non créditée dans le film. L’année précédente, « Kwaïdan » lui avait déjà offert une collaboration avec Masaki Kobayashi, dans ce qui est présenté comme la plus grosse production du cinéma japonais de l’époque. Takemitsu y revient à une architecture sonore qui accompagne le récit sans l’alourdir.
La même décennie le voit travailler pour Nagisa Ōshima avec « L’Empire de la passion » en 1978, après « Rébellion » en 1967. En 1970, il signe la musique de « Dodes’kaden », également pour Akira Kurosawa. La relation avec Kurosawa se prolonge bien plus tard avec « Ran » en 1985, puis avec « Soleil levant » en 1993.
Takemitsu a composé une quantité importante de musiques de film, et les titres cités dessinent un axe net autour de quelques réalisateurs japonais majeurs. La partition ne se contente pas d’accompagner l’image; elle engage une pensée de la forme qui traverse ses collaborations de 1962 à 1993. « La Femme des sables », « Kwaïdan » et « Ran » suffisent à montrer l’étendue de ce travail au cinéma.
Une écriture tournée vers les croisements
Takemitsu a souvent été perçu comme un compositeur lié au passage entre musique japonaise et occidentale, sans avoir lui-même souhaité occuper ce rôle de passeur. Son travail vise plutôt à dépasser cette opposition, pour tendre vers une universalisation des cultures. L’idée apparaît dans sa manière d’employer des instruments traditionnels, mais aussi dans la place qu’il accorde à la nature.
Sa relation au Japon ne se limite pas au matériau sonore. Elle passe par une attention aux textures et aux images mentales que suggèrent ses œuvres de concert. « November Steps », « In an Autumn Garden », « I Hear the Water Dreaming » et « How Slow the Wind » dessinent un espace d’écoute où la référence locale ne tourne jamais à l’illustration. À cette époque, il travaille aussi pour l’Université Yale et devient membre de l’Académie des arts de la RDA.
Le compositeur reçoit de très nombreux prix et devient en 1971 compositeur principal de la « Semaine internationale de musique contemporaine » à Paris, avec Igor Stravinsky. Cette reconnaissance institutionnelle accompagne une activité déjà solidement installée, tandis que sa musique circule entre salles de concert et cinéma. Takemitsu publie aussi des écrits, une autre forme d’intervention qui prolonge son travail de musicien.
Dernières partitions et héritage musical
En 1991, How Slow the Wind prolonge une série d’œuvres où la nature tient un rôle moteur. Deux ans plus tard, « Soleil levant » montre que Takemitsu reste sollicité au cinéma jusqu’aux dernières années de sa vie. La continuité entre l’écriture de concert et la musique de film demeure visible jusque-là, sans cloison entre les deux.
Takemitsu meurt le 20 février 1996 à Tokyo, à 65 ans. Son nom circule sous plusieurs graphies, de T. Takemitsu à Tooru Takemitsu, en passant par Tôru Takemitsu et 武満 徹. Ces variantes accompagnent une œuvre qui a laissé des traces dans la musique de film japonaise autant que dans l’écriture pour orchestre, pour guitare ou pour ensemble de chambre.
Dans son entretien rapporté autour de George Russell, il dit avoir été fortement influencé par le concept lydien, qu’il considère comme une philosophie et une poétique de la musique. Cette phrase éclaire un auteur pour qui la théorie n’est jamais séparée de l’écoute. Takemitsu aura placé la composition au centre d’un travail qui relie Debussy, Messiaen, le bunraku, le gagaku et le cinéma japonais dans un même geste.
Filmographie de Toru Takemitsu
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Galerie photos de Toru Takemitsu
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