Claude Rains: biographie, films et séries, crédits
Repères de carrière
La carrière de Claude Rains en bref*
D’après les crédits actuellement recensés dans notre base.
76
œuvres recensées
69 films · 7 séries
- Première année recensée
- 1920
- Dernière année recensée
- 1966
Années des œuvres ou épisodes recensés ; elles peuvent différer des dates de participation.
Biographie
En 1933, « L'Homme invisible » place Claude Rains au centre d’un dispositif où son visage n’apparaît qu’à la dernière scène. Le film de James Whale installe un acteur britannique né à Clapham le 10 novembre 1889, mort le 30 mai 1967, dont la voix devient aussitôt l’un des signes les plus reconnaissables du cinéma des années 1930.
Des planches anglaises à Hollywood
Claude Rains grandit dans une famille de douze enfants, dont seuls trois survivent. Son père, l’acteur Fred Rains, l’oriente vers la scène. Une gazée subie en novembre 1916, à Vimy pendant la Première Guerre mondiale, le laisse presque aveugle d’un œil.
Herbert Beerbohm Tree repère son potentiel et lui paie des leçons pour corriger son élocution. Rains porte alors un accent cockney marqué et ne parvient pas à prononcer le son « r ». La correction du phrasé ne gomme pas sa différence; elle transforme la contrainte en instrument de jeu.
Un premier crédit apparaît en 1920 avec « Build Thy House », de Fred Goodwins, où il tient le rôle de Clarkis. Puis vient « L'Homme invisible » en 1933, toujours sous la direction de James Whale. Le film repose sur une présence dissociée du visage, et cette absence visible impose sa voix comme matière première.
Les années Warner
À partir de 1936, la Warner lui confie une série de personnages sombres. Il devient Napoléon Bonaparte dans « Hearts Divided » de Frank Borzage, puis le marquis Don Luis dans « Anthony Adverse » de Mervyn LeRoy. La même période l’amène chez Michael Curtiz pour « Stolen Holiday » et « Le Prince et le Pauvre ».
En 1938, « Les Aventures de Robin des Bois » lui donne le prince Jean. Le rôle s’ajoute à « La Femme errante », « La Bataille de l'or » et « Rêves de jeunesse », tous tournés la même année. La mécanique des studios s’appuie sur son autorité de voix, sur un port de tête net, sur un visage qui garde une réserve utile aux figures de pouvoir.
L’année 1939 concentre plusieurs présences décisives. Il joue le sénateur Joseph Harrison Paine dans « Monsieur Smith au Sénat » de Frank Capra, puis le détective Monty Phelan dans « Je suis un criminel » de Busby Berkeley. Il interprète aussi Napoléon III dans « Juarez » et Haym Salomon dans « Les Fils de la Liberté ».
Figures de pouvoir, figures de trouble
Claude Rains devient Captain Louis Renault dans « Casablanca » en 1943. Le policier français véreux s’inscrit parmi les personnages les plus retenus de sa filmographie, et le film lui vaut l’une de ses quatre nominations aux Oscars mentionnées dans l’extrait. L’année précédente, il tient le Dr. Jaquith dans « Une femme cherche son destin ».
La même décennie le conduit vers « Le Loup-Garou » en 1941, où il joue Sir John Talbot, puis vers « Les Enchaînés » en 1946, sous la direction d’Alfred Hitchcock. Dans le rôle d’Alexander Sebastian, il passe de l’amoureux à l’homme menacé par la trahison, puis à la peur. François Truffaut a laissé cette remarque sur sa composition : « C’est assez touchant, ce petit homme amoureux d’une grande femme. »
L’extrait insiste sur sa capacité à faire passer le visage d’un état à l’autre. Le jeu repose sur les micro-comportements, sur la tension entre retenue et éclat, sur une manière de donner à un personnage une autorité fragilisée. Il apparaît aussi dans « Femme aimée est toujours jolie » en 1944, dans le rôle de Job Skeffington.
Les années 1950 et les derniers rôles
Dans les années 1950, Claude Rains continue de tenir des rôles jugés de qualité dans des films où l’humour, l’ironie et la malice trouvent place. L’extrait ne détaille pas toute la période, mais il le montre toujours attentif à des compositions qui reposent sur la parole, la tenue et l’ambivalence des figures d’autorité.
Il figure encore dans « Le Monde perdu » en 1960, où il joue le professeur George Edward Challenger. En 1962, il apparaît dans « Lawrence d'Arabie » en Mr. Dryden et dans Sam Benedict en tant qu’actor. La même logique l’amène vers « La Plus Grande Histoire jamais contée » en 1965, où il joue le roi Hérode.
L’extrait rappelle encore qu’il a incarné Jules César et Napoléon. Ces rôles tardifs prolongent une manière de tenir l’écran par la voix et la diction. Claude Rains meurt le 30 mai 1967 et est inhumé au Red Hill Cemetery, à Moultonborough, dans le New Hampshire.
Crédits essentiels
- 1920 : « Build Thy House » de Fred Goodwins, Clarkis
- 1933 : « L'Homme invisible » de James Whale, l’homme invisible
- 1938 : « Les Aventures de Robin des Bois » de Michael Curtiz, Prince Jean
- 1939 : « Monsieur Smith au Sénat » de Frank Capra, Sénateur Joseph Harrison Paine
- 1941 : « Le Loup-Garou », Sir John Talbot
- 1942 : « Une femme cherche son destin », Dr. Jaquith
- 1943 : « Casablanca », Captain Louis Renault
- 1943 : « Le Fantôme de l'Opéra », rôle-titre
- 1944 : « Femme aimée est toujours jolie », Job Skeffington
- 1946 : « Les Enchaînés », Alexander Sebastian
- 1960 : « Le Monde perdu », Prof. George Edward Challenger
- 1962 : Lawrence d'Arabie, Mr. Dryden
- 1965 : « La Plus Grande Histoire jamais contée », King Herod
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