La caméra disparaît, la facture reste : ces lunettes misent sur l’audio, avec un assistant encore loin de tout savoir faire.
Les Ray-Ban Meta Audio abandonnent la caméra, pas l’ambition de faire payer cher des lunettes connectées. Leur intérêt tient davantage à l’écoute quotidienne qu’aux promesses de leur assistant.
Déclinées en styles Clubmaster et Burbank, ces lunettes affichent un poids indiqué de 43 à 47 grammes. Le tarif de départ relevé le 13 octobre 2026 tourne autour de 350 dollars, sans verres correcteurs : un montant en dollars qui ne constitue pas un prix français. NR Magazine ne les a pas testées; cette analyse s’appuie sur les observations d’un essai tiers, et non sur des mesures de la rédaction.
Caméra coupée, malaise atténué
Retirer la caméra change d’abord le rapport aux personnes qui se trouvent en face. L’essai décrit un sentiment d’être observé moins présent, sans considérer pour autant que toutes les inquiétudes sur la vie privée disparaissent. La distinction compte : supprimer la prise d’images répond à une préoccupation précise, pas à l’ensemble des questions posées par des lunettes connectées.
Le microphone reste au cœur du fonctionnement de l’assistant. Les lunettes peuvent écouter un mot de réveil, mais cette détection est désactivable : on peut lui préférer un bouton personnalisable. C’est un choix concret pour qui veut décider du moment où il sollicite l’appareil, plutôt que conserver l’activation vocale.
Sans caméra, ces Ray-Ban doivent surtout convaincre par ce qu’elles font entendre. Et sur ce terrain, le bilan rapporté est plus nuancé que ne le laisse espérer la facture.
Monter le son fait descendre la note
À volume modéré, le rendu audio est jugé correct. Les réserves portent sur des aigus moins nets, des basses qui se déforment et des fuites sonores lorsque le volume augmente. Autrement dit, pousser le son n’apporte pas seulement davantage de présence : cela rend aussi les limites plus perceptibles, pour le porteur comme pour son entourage.
L’autonomie fournit un argument plus solide. L’essai rapporte deux journées de travail sans retour dans l’étui pour recharger les lunettes. Ce résultat reste une observation d’usage tierce, pas une mesure reproductible effectuée par NR Magazine. Il ne faut notamment pas le traduire en deux jours de lecture audio continue : ce n’est pas ce qui est établi.
Le compromis se dessine : une écoute à volume raisonnable, avec une endurance encourageante dans l’usage rapporté, plutôt qu’un appareil à choisir pour pousser les basses. À quelque 350 dollars hors correction, on est en droit de demander autre chose qu’un son simplement acceptable.
L’assistant a encore des devoirs à faire
Au moment de l’essai, les lunettes utilisent Muse Spark. Muse AI est annoncé pour plus tard, mais n’est pas encore disponible dans la version évaluée. Pas question, donc, de créditer le produit actuel des capacités d’un modèle à venir. Une promesse logicielle ne s’écoute pas dans les branches.
Les observations rapportées donnent à l’assistant un rôle assez modeste : les demandes courtes et les rappels passent convenablement, tandis que les requêtes complexes produisent des réponses moins fiables ou confuses. Pour ces usages simples, l’intérêt existe; pour déléguer des demandes plus élaborées, les limites sont déjà visibles.
Une autre fonction doit rester hors du bilan pratique : l’assistance auditive annoncée comme homologuée par la FDA n’était pas disponible au moment de l’essai. Elle ne peut donc pas justifier, à ce stade, le prix demandé.

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