Avec plus de 97 millions de dollars mondiaux, le film résiste, mais son équilibre financier reste une autre paire de manches.
Coyote vs. Acme quitte plus de 1 000 salles après plus d’un mois d’exploitation. Ses recettes mondiales dépassent pourtant 97 millions de dollars : une tenue commerciale qui mérite mieux qu’un verdict expéditif, sans autoriser à sabrer le champagne.

Le long métrage de Dave Green, avec Will Forte, Lana Condor et John Cena, avait commencé sa sortie élargie sur 3 575 écrans. Son implantation avait même progressé la semaine suivante, à 3 727 écrans, avant de redescendre à 1 905 dans le relevé ultérieur. La trajectoire ne se résume donc pas à un lancement suivi d’une disparition immédiate : le film a d’abord gagné du terrain.
Ces chiffres décrivent son exposition, pas ses bénéfices. Un nombre d’écrans mesure la place occupée dans les cinémas; les recettes mondiales renseignent sur les sommes encaissées au box-office. Les deux indicateurs éclairent la carrière du film, mais aucun ne donne, à lui seul, le montant qui revient à son distributeur. Le coyote a trouvé des spectateurs. Le compte bancaire, lui, demande un autre calcul.
Moins d’écrans, pas une gomme magique
Le retrait massif intervient après une carrière en salles qui a résisté pendant plus d’un mois. On peut constater la contraction de son exploitation sans effacer ce qui la précède : plus de 97 millions de dollars ont été engrangés dans le monde. La réduction du parc ne transforme pas rétroactivement cette somme en néant.
L’inverse serait tout aussi trompeur. Ce total ne suffit pas à qualifier le film de succès rentable, ni à rendre anodine la perte de plus de 1 000 salles. Il faut tenir ensemble les deux informations : une présence en salles désormais nettement réduite et un cumul de recettes qui témoigne du parcours déjà accompli. Pas besoin de choisir entre l’enterrement et les confettis.
Le box-office n’est pas la caisse du distributeur
Le budget de production est estimé à environ 70 millions de dollars. Le prix des droits de distribution mondiaux s’élève, lui, à 50 millions, avant les dépenses marketing supplémentaires. Ces montants correspondent à des postes distincts : fabriquer le film et acquérir le droit de le distribuer ne sont pas la même opération.
Comparer mécaniquement les 97 millions de recettes au seul budget de production produirait donc une lecture bancale. Le box-office mondial n’est pas intégralement reversé à Ketchup Entertainment : les exploitants en conservent une part. Cette répartition pourrait empêcher le distributeur d’atteindre son seuil de rentabilité en salles. Une recette brute n’est pas un bénéfice net, même quand le chiffre fait bonne figure.
La VOD entre en scène, pas dans le bilan
Le film a également rejoint la VOD après son lancement au cinéma. Il dispose donc d’un autre mode d’exploitation, mais les recettes correspondantes ne sont pas communiquées. Impossible de les mobiliser pour déclarer ses comptes équilibrés ou pour promettre qu’une seconde carrière effacera les incertitudes de la première.
Pour Ketchup Entertainment, le seuil de rentabilité en salles reste incertain, notamment en raison de la part des recettes revenant aux exploitants.

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.