Wonder Valley : le mégaprojet de data center vire à la bataille judiciaire

ValentinTech1 octobre 2026

Dans l’Utah, Kevin O’Leary promet du calcul à grande échelle, mais ses accusations contre les opposants finissent devant la justice.

Wonder Valley affiche des dimensions géantes : un campus de calcul de 40 000 acres et une centrale au gaz annoncée à 9 gigawatts. Mais autour du projet de Kevin O’Leary, la surenchère ne se limite pas aux infrastructures : des opposants ont engagé une action en diffamation.

Sommaire3 sections
  1. 01Neuf gigawatts, cinq semaines pour digérer
  2. 02La Chine invoquée, les preuves aux abonnés absents
  3. 03Du campus au tribunal

Dans le comté rural de Box Elder, dans l’Utah, les trois commissaires ont approuvé le projet à l’unanimité, environ une semaine avant les déclarations télévisées de son promoteur du 11 mai. Ce vote constitue une étape politique, pas la preuve d’une installation construite. Les dimensions annoncées restent celles du campus prévu.

L’affaire dépasse le simple conflit de voisinage américain. Au premier trimestre de l’année, au moins 75 projets d’infrastructures de calcul ont été bloqués ou retardés aux États-Unis. Wonder Valley s’inscrit dans cette course aux capacités, avec une difficulté que les chiffres de puissance ne règlent pas : faire accepter leur implantation.

Le calcul peut changer d’échelle; la concertation ne devient pas facultative pour autant.

Neuf gigawatts, cinq semaines pour digérer

Les commissaires du comté auraient été informés du projet seulement cinq semaines avant le vote prévu. Des rumeurs circulaient déjà parmi les habitants. Ce calendrier nourrit une question précise : combien de temps laisse-t-on aux responsables locaux pour examiner un aménagement de cette ampleur?

Les deux chiffres mis en avant doivent aussi être lus pour ce qu’ils sont. Les 40 000 acres décrivent l’emprise annoncée du campus; les 9 gigawatts, la puissance prévue de sa centrale au gaz. Ce n’est ni une mesure de consommation réelle ni un bilan d’exploitation. Confondre ambition et fonctionnement reviendrait à prendre la brochure pour la machine.

La Chine invoquée, les preuves aux abonnés absents

Le 11 mai, Kevin O’Leary a attribué à la Chine les critiques en ligne visant Wonder Valley, sans présenter de preuve étayant cette accusation. Le débat a alors quitté le terrain du projet pour celui de l’origine supposée de ses détracteurs. Une accusation géopolitique ne répond pourtant à aucune question sur le calendrier d’approbation.

Environ six semaines plus tard, O’Leary a précisé qu’il ne disposait d’aucune preuve que plusieurs opposants nommés soient financés par la Chine ou le Parti communiste chinois. Fox News Media a également présenté des excuses. Accuser n’est pas démontrer. Ce recul concerne bien les personnes visées, et non une validation de l’accusation initiale.

Du campus au tribunal

Moins de trois semaines après cette clarification, des opposants ont engagé une action en diffamation contre Kevin O’Leary et Fox. La contestation du campus et cette procédure restent deux sujets distincts : la seconde porte sur les accusations dirigées contre des opposants, pas sur une décision autorisant ou interdisant le centre de données.

Les excuses n’ont donc pas clos le différend. Fin septembre, les deux défendeurs ont demandé le rejet de la plainte. Cette démarche est leur position procédurale, pas une décision de justice : à cette date, aucune décision sur cette demande n’est rapportée.

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