
Gemini 4 est en cours de finition et Google veut le sortir bien avant la fin de 2026. On aimerait s’enthousiasmer. Sauf que la version 3.5 Pro, annoncée pour juin, manque toujours à l’appel.
Le 23 septembre 2026, Koray Kavukcuoglu, nouveau patron de Google DeepMind, a donné des nouvelles de Gemini 4 lors d’un événement organisé par The Information. Le modèle est entré dans une première phase de post-entraînement : les équipes disposent d’une base, mais travaillent encore à la rendre utilisable. Le lendemain, The Verge rapporte que Kavukcuoglu espère une sortie « bien avant » la fin de l’année. Une ambition, pas une date.
Le calendrier mérite qu’on s’y attarde. Google a lancé Gemini 3 Pro le 18 novembre 2025. Puis, dans une présentation aux investisseurs le 3 juin 2026, Sundar Pichai a annoncé Gemini 3.5 Pro pour le courant du mois. Nous voilà fin septembre. Toujours rien. Ce n’est pas le retard qui surprend ; c’est la facilité avec laquelle Google semble passer à la promesse suivante.
Le post-entraînement, c’est le moment où l’on affine un modèle déjà entraîné : qualité des réponses, fiabilité, garde-fous. Kavukcuoglu veut publier une première version de Gemini 4, puis continuer à l’améliorer. À The Information, il a promis de le faire « as soon as possible », soit « dès que possible ». Traduction moins élégante : Google veut aller vite, mais ne veut pas encore dire à quelle vitesse.
Le patron de DeepMind admet que Google a fait « a little bit of a step back », un petit pas en arrière, pour donner la priorité aux modèles Flash, conçus pour répondre plus vite et à moindre coût, plutôt qu’à Gemini 3.5 Pro. Le calcul se défend : à grande échelle, chaque réponse consomme des ressources. Mais cela ne répond pas à la question laissée sur la table depuis juin. Gemini 3.5 Pro sort-il encore, oui ou non ? Les propos rapportés par The Verge ne tranchent pas.
Google n’évolue pas seul dans son laboratoire. The Verge décrit un groupe pressé par les sorties de ses concurrents, notamment OpenAI et Anthropic. Kavukcuoglu assure que DeepMind restera à la pointe. Soit. Mais tant que Gemini 4 n’est pas accessible et évalué publiquement, proclamer son avance reviendrait à distribuer les médailles avant le départ.
La pression est aussi interne. En juin 2026, Alphabet revendiquait plus de 900 millions d’utilisateurs mensuels pour l’application Gemini et prévoyait entre 180 et 190 milliards de dollars de dépenses d’investissement sur l’année, principalement pour son infrastructure technique. À cette échelle, un modèle ne se contente pas de remporter un benchmark : il doit être assez solide pour alimenter des produits utilisés tous les jours. On s’était déjà penchés sur cette logique de déploiement dans notre article sur Apple et l’IA. Une démo impressionne ; un service fiable évite de se prendre la réalité dans la tronche.
Kavukcuoglu préfère parler d’agents IA auxquels on peut faire confiance plutôt que de promettre une intelligence artificielle générale pour demain matin. Ce n’est pas qu’une pirouette de communicant. Google a lancé sa plateforme de développement agentique Antigravity avec Gemini 3, en novembre 2025. Quand un modèle ne se limite plus à répondre mais peut utiliser des outils, ses erreurs risquent de produire autre chose qu’une phrase bancale. C’est aussi ce qui rend le sujet des agents concrets, comme OpenClaw, dont on détaillait les possibilités et les risques, bien plus intéressant que les grandes déclarations sur l’avenir de l’humanité.
Gemini 4 sera peut-être excellent. On le vérifiera quand il sera là. Pour l’instant, Google nous propose surtout un nouveau rendez-vous sans inscrire l’heure sur l’invitation.