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Les Aventures de Robert Macaire - Image de fond
Les Aventures de Robert Macaire (1925) - Affiche
Langue originale
French
Pays d’origine
FR
Sorties en France
  • Cinéma : 10/12/1925
Audio
No Language
Pays producteurs

Les Aventures de Robert Macaire(film) : casting, distribution, bande annonce et critique

10/12/1925
•
3heure 21min
8.3 / 10

Les Aventures de Robert Macaire est un film muet français de près de trois heures, réalisé par Jean Epstein en 1925 pour les studios Albatros, qui transpose à l’écran les tribulations d’un bandit de grand chemin et de son complice, inspirés du personnage théâtral créé au XIXe siècle par Benjamin Antier et ses collaborateurs, dans une veine d’aventure picaresque teintée de comédie et de romance, structurée en cinq épisodes successifs se déroulant dans la France de la Restauration (Source : La Cinémathèque française, 2014 ; IMDb, 2025 ; Wikipedia, 2024).

Contexte de production et genèse

Les Aventures de Robert Macaire est tourné entre juin et août 1925 au sein des studios Albatros de Montreuil, grande structure de production alors dirigée par des exilés russes installés en région parisienne et très active dans le cinéma français de l’entre-deux-guerres (Source : La Cinémathèque française, 2014). Ce long-métrage constitue le film le plus long de la carrière de Jean Epstein, avec plus de 4 000 mètres de pellicule, soit une durée avoisinant trois heures de projection en format muet standard de l’époque (Source : La Cinémathèque française, 2014). Il s’agit également de sa dernière collaboration avec les studios Albatros, après des titres comme Le Lion des Mogols, L’Affiche et Le Double amour, réalisés en 1924 dans un registre plus expérimental ou mélodramatique (Source : La Cinémathèque française, 2014 ; FrenchFilms.org, 2017). Le projet s’inscrit dans une période où Epstein, figure de l’avant-garde parisienne, se voit confier une superproduction à dimension populaire, conçue comme un « serial » historique en plusieurs volets plutôt que comme un film d’art d’inspiration strictement moderniste (Source : FrenchFilms.org, 2017 ; Le Monde diplomatique, 2020).

Le film s’inspire du personnage de Robert Macaire, apparu en 1823 dans la pièce L’Auberge des Adrets, écrite par Benjamin Antier avec Saint-Amand et Polyanthe, et popularisé sur scène par le comédien Frédérick Lemaître qui en fit un rôle emblématique du théâtre romantique français (Source : La Cinémathèque française, 2014 ; Wikipedia, 2024). Cette filiation littéraire et théâtrale inscrit l’œuvre dans une tradition de récit de bandit de grand chemin oscillant entre critique sociale et fantaisie, déjà largement diffusée dans l’imaginaire du XIXe siècle (Source : La Cinémathèque française, 2014). En adaptant cette figure au cinéma, Epstein mobilise un matériau dramatique connu du public français, tout en le transformant en aventure feuilletonesque dans l’esprit des grands serials des années 1910 (Source : FrenchFilms.org, 2017). Le choix de ce sujet, combiné aux moyens de production d’Albatros, permet à la fois un déploiement de décors historiques et une exploration des possibilités narratives de la série en cinq épisodes (Source : La Cinémathèque française, 2014).

Intrigue et structure feuilletonesque

L’intrigue se déroule en 1825 et suit Robert Macaire, voleur et escroc itinérant, accompagné de son fidèle complice Bertrand, alors qu’ils traversent la France en multipliant les arnaques et les vols au détriment de victimes rencontrées sur leur route (Source : FrenchFilms.org, 2017 ; La Cinémathèque française, 2014). Après un vol réussi, Macaire usurpe l’identité d’un noble, le vicomte de la Tour, afin d’obtenir l’hospitalité dans une ferme où l’on a refusé de lui donner l’aumône, ce qui lui permet d’exercer une forme de revanche sociale tout en terrorisant la fermière (Source : FrenchFilms.org, 2017). Dans ce même mouvement, il sauve la vie de Louise de Sermèze, jeune femme aristocrate, acte d’héroïsme inattendu pour un bandit, qui lui ouvre les portes de la demeure du père de la jeune femme et introduit un versant sentimental au récit (Source : FrenchFilms.org, 2017). Lors d’un bal, la véritable identité du faux noble est révélée, ce qui entraîne une traque policière et une fuite in extremis de Macaire et Bertrand, désormais compromis mais marqués par l’attachement naissant entre Macaire et Louise (Source : FrenchFilms.org, 2017 ; IMDb, 2025).

Emprisonné après avoir tenté de revoir Louise, Macaire réapparaît dix-sept ans plus tard, toujours accompagné de Bertrand, présenté cette fois comme un homme apparemment amendé, au terme de seize années passées derrière les barreaux (Source : FrenchFilms.org, 2017). Louise est morte entre-temps, mais Macaire découvre sur sa tombe une jeune femme lui ressemblant trait pour trait, ce qui réactive l’axe romantique du récit et ancre le film dans une logique de drame familial étendu sur plusieurs décennies (Source : FrenchFilms.org, 2017). L’ensemble du récit est découpé en cinq chapitres, dont les titres – « Une étrange nuit à la ferme de Sermèze », « Le bal tragique », « Le rendez-vous fatal », « La fille du bandit » et « Le châtiment de Cassignol » – renvoient à une progression narrative de type feuilleton, combinant rebondissements, révélations et temporalités éclatées (Source : IMDb, 2025 ; La Cinémathèque française, 2014). Cette construction polyépisodique, proche d’un hommage aux serials de Louis Feuillade, permet à Epstein d’alterner scènes de comédie, séquences de romance et passages plus dramatiques, notamment dans les retours en arrière qui relativisent ou distordent certains événements (Source : FrenchFilms.org, 2017).

Distribution, équipe artistique et caractéristiques formelles

Le rôle de Robert Macaire est confié à Jean Angelo, acteur déjà sollicité dans le cinéma français des années 1920, tandis que Suzanne Bianchetti incarne Louise de Sermèze et Marquisette Bosky interprète Jeanne, la fille du bandit, conférant à l’ensemble une distribution associant figures reconnues et visages plus rares (Source : YouTube – Movie Classics, 2025 ; Wikipedia, 2024). Le casting comprend également Alex Allin dans le rôle de Bertrand, complice de Macaire, ainsi que Nino Constantini en René de Sermèze, Gilbert Dulong en marquis de Sermèze et François Viguier en baron de Cassignol, personnages contribuant à articuler les dimensions criminelle et aristocratique du récit (Source : YouTube – Movie Classics, 2025). La direction artistique est assurée par Lazare Meerson, dont les décors, réalisés pour les studios Albatros, participent à l’ancrage romantique et historique de l’univers filmique, avec une attention portée aux paysages, aux intérieurs et aux éléments de costume (Source : YouTube – Movie Classics, 2025 ; La Cinémathèque française, 2014). Le film, tourné en noir et blanc et sans piste sonore synchronisée, relève du cinéma muet classique, avec un format d’image d’environ 1,33:1, comme de nombreux films européens de la période (Source : IMDb, 2025).

Sur le plan formel, le long-métrage se distingue par le recours à des extérieurs qui, selon certains commentateurs, évoquent l’imagerie romantique du XIXe siècle, tout en s’appuyant sur des compositions de plans très travaillées qui caractérisent le style d’Epstein (Source : FrenchFilms.org, 2017 ; La Cinémathèque française, 2014). Des séquences en flashback introduisent des ruptures dans la linéarité du récit et jouent sur des distorsions du point de vue, notamment lorsque certains souvenirs apparaissent volontairement exagérés ou partiellement faux, ce qui permet au cinéaste d’introduire un léger décalage ironique dans une trame par ailleurs romanesque (Source : FrenchFilms.org, 2017). La mise en scène alterne ainsi scènes d’action, moments de comédie et passages plus contemplatifs, où les décors, les gestes et les accessoires semblent chargés de valeurs symboliques, dans la continuité des réflexions théoriques d’Epstein sur le pouvoir expressif des objets et des détails filmés (Source : La Cinémathèque française, 2014). Le ton général reste cependant orienté vers l’aventure historique, avec une dimension parodique signalée par la presse de l’époque, qui parle d’une atmosphère légère proche de la farce, tout en conservant le cadre d’un récit de bandits et de nobles (Source : La Cinémathèque française, 2014).

Réception critique et place dans l’œuvre de Jean Epstein

Dans l’historiographie du cinéma français, Les Aventures de Robert Macaire est souvent présenté comme un film à part dans la filmographie de Jean Epstein, moins identifié à l’avant-garde pure que des œuvres précédentes, mais important pour comprendre ses relations avec la production commerciale des années 1920 (Source : FrenchFilms.org, 2017 ; Le Monde diplomatique, 2020). Certains critiques soulignent que ce long récit feuilletonesque montre moins de recherche formelle radicale que d’autres titres de la même période, tout en demeurant une réalisation maîtrisée par la qualité de sa composition et de sa direction d’acteurs (Source : FrenchFilms.org, 2017). L’accueil de la presse contemporaine, tel que relayé par des archives et analyses ultérieures, insiste sur le caractère parodique et ludique du film, avec des personnages comparés à des « marionnettes humaines » et une tonalité de comédie de bandits, ce qui le rapproche d’une veine populaire assumée (Source : La Cinémathèque française, 2014). Cette orientation vers un public large n’empêche pas l’œuvre d’être relue, plusieurs décennies plus tard, comme un jalon dans la trajectoire d’un cinéaste qui réinvestira ensuite un registre plus poétique et documentaire, notamment en Bretagne (Source : Le Monde diplomatique, 2020).

Le film est également considéré comme une expérience significative de collaboration avec les studios Albatros, dont il marque la fin pour Epstein avant la création de sa propre structure de production, ce qui lui permettra de retrouver une plus grande autonomie artistique (Source : La Cinémathèque française, 2014 ; FrenchFilms.org, 2017). Dans la critique contemporaine, certains commentateurs rapprochent le personnage de Robert Macaire d’icônes populaires telles qu’Arsène Lupin ou Don Quichotte, le premier pour la figure du voleur élégant, le second pour la dimension chevaleresque et décalée de ses aventures, souvent relayée par la présence comique du complice Bertrand (Source : FrenchFilms.org, 2017). Cette lecture souligne la manière dont le film renouvelle la figure du bandit de grand chemin en la situant au croisement de la tradition romantique, du feuilleton criminel et de la comédie d’aventure (Source : La Cinémathèque française, 2014). Aujourd’hui, la restauration et la diffusion du film par des institutions comme la Cinémathèque française contribuent à sa réévaluation dans le champ des études sur le muet français, en l’inscrivant à la fois dans l’histoire du serial, du film historique et de l’œuvre d’Epstein (Source : La Cinémathèque française, 2014).

Critique sur Les Aventures de Robert Macaire

8.3 / 10
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Casting et distribution

Parmi les rôles crédités de Les Aventures de Robert Macaire figurent Robert Macaire, interprété par Jean Angelo et Bertrand, interprété par Alex Allin. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

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