Étienne Pindère, employé d'usine fiancé à Anna, sombre dans un sommeil profond et se rêve transporté dans un royaume exotique gouverné par la princesse Mandane. Là, il vit une romance tumultueuse et une série d'aventures périlleuses aux côtés de la souveraine. Ce film muet français de 1928 mêle réalité prosaïque et fantastique orientaliste, sans révéler les rebondissements ultérieurs.
Genèse et production
Sorti le 23 novembre 1928 en France, Princesse Mandane est réalisé par Germaine Dulac pour la société Les Films Alex Nalpas. D'une durée de 74 minutes, ce long métrage muet en noir et blanc adopte un format 1.33:1 typique de l'époque. Il s'agit d'une adaptation du roman L'Oublié, publié en 1922 par Pierre Benoit, auteur connu pour ses récits d'aventures exotiques comme L'Atlantide (Source : IMDb, 2025 ; Wikipedia, 2023).
Germaine Dulac, née Charlotte Elisabeth Germaine Saisset-Schneider en 1882 à Amiens, avait déjà une filmographie conséquente avant ce projet. Par ailleurs, les décors sont conçus par César Silvagni, collaborateur régulier sur des productions françaises des années 1920. Tourné aux studios de Billancourt, le film marque la dernière grande production commerciale de Dulac à gros budget (Source : Wikipedia, 2023 ; IMDb, 2025).
En 1928, le cinéma français traverse une période de transition vers le parlant, mais les muets persistent avec des ambitions visuelles affirmées. Dulac, critique de cinéma reconvertie réalisatrice depuis 1915, opte ici pour un registre plus accessible que ses œuvres expérimentales antérieures. Cette adaptation transpose l'intrigue de Benoit dans un cadre mêlant usine moderne et exotisme rêvé, fidèle à l'esprit du roman tout en y ajoutant une dimension onirique contemporaine (Source : AlloCiné, 2023).
Équipe artistique
Germaine Dulac dirige avec une maîtrise affirmée, après des titres comme La Souriante Madame Beudet (1923) ou La Coquille et le clergyman (1928). Pierre Benoit signe l'adaptation, transformant son roman d'aventure straussien en scénario cinématographique. Les décors de César Silvagni soulignent l'opposition entre décors réalistes et exotiques fantasmés (Source : Wikipedia, 2023).
La distribution réunit des acteurs familiers du muet français :
- Edmonde Guy dans le rôle de Mandane
- Ernst Van Duren (crédité parfois Edmond van Duren) en Étienne Pindère
- Jacques Arnna comme Gerys-Kahn
- Mona Goya en Simoun
- Yvonne Legeay, Paul Lorbert, Valenti Colino (Azime Electropoulos), Gérard de Wibo (Michel Voraguine), Christian Gérard, Brindusa Grozavescu (Lily de Thorigny), Sylvie Mai (Anna), Edmond Van Daële
Edmonde Guy incarne la princesse avec une présence de diva, tandis que Van Duren apporte une allure conquérante au héros. Ces choix reflètent les standards des productions Alex Nalpas, privilégiant des visages expressifs adaptés au muet. Dulac, sensible aux questions féminines, dirige une distribution paritaire dans les rôles secondaires (Source : IMDb user review, 2025).
Contexte et accueil
Produit en pleine effervescence du muet français, Princesse Mandane s'inscrit dans la vogue des adaptations littéraires exotiques, popularisée par Benoit. À l'époque, le cinéma explore les rêves comme échappatoire à la routine industrielle, thème central ici avec l'usine en ouverture. Germaine Dulac, figure du féminisme socialiste et du surréalisme naissant, délivre une œuvre plus populiste que ses courts métrages avant-gardistes (Source : Wikipedia Germaine Dulac, 2023).
Le film reçoit une note de 6.7/10 sur IMDb basée sur 20 votes, qualifié de "rusé et ingénieux" dans une critique soulignant son approche commerciale. Un commentaire note son détachement ironique envers les romances cinématographiques, avec des jeux visuels ludiques et une célébration de l'orientalisme mode 1920. Par ailleurs, il reste rare à la projection, absent des éditions DVD généralistes hormis festivals thématiques (Source : IMDb, 2025).
Dans l'œuvre de Dulac, ce long métrage de 1928 fait transition entre expérimental (Thèmes et variations, même année) et narratif. Pierre Benoit, membre de l'Académie française depuis 1931, voit son roman adapté fidèlement dans sa structure onirique, bien que simplifié. L'accueil critique contemporain manque de traces précises, mais des études postérieures le rattachent à l'avant-garde française des années folles (Source : Cineclubdecaen, 2024 ; Wikipedia, 2023).
Héritage et disponibilité
Restauré sporadiquement pour festivals comme Fashion in Film, Princesse Mandane illustre la polyvalence de Dulac, décédée en 1942. Peu diffusé, il survit via archives et bases comme IMDb (tt0189027). Son intrigue sur l'escapisme résonne avec les débats actuels sur cinéma et réalité (Source : IMDb, 2025).
Parallèlement à La Coquille et le clergyman, premier surréaliste selon certains, ce film montre Dulac capable de commande commerciale. Pierre Benoit, prolifique, influence d'autres adaptations comme L'Atlantide. Les sets de Silvagni préfigurent les ambitions visuelles des années 1930 (Source : Wikipedia, 2023).
Aujourd'hui, accessible via plateformes d'archives ou projections rares, il contribue à redécouvrir Dulac, pionnière féministe du 7e art. Des ouvrages comme ceux de Tami Williams analysent son passage du critique à la théoricienne via ces œuvres. Neutralité journalistique impose de noter son statut de curiosité muette, sans prétention à chef-d'œuvre (Source : Wikipedia Germaine Dulac, 2023).
Critique sur Princesse Mandane
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Princesse Mandane figurent Mandane, interprété par Edmonde Guy, Étienne Pindère, interprété par Ernst Van Duren et Gerys-Kahn, interprété par Jacques Arnna. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.







