Situé dans les quartiers les plus précaires de Beyrouth, Capharnaüm suit Zain, un garçon d’environ 12 ans qui assigne ses parents en justice pour « lui avoir donné la vie », alors qu’il grandit dans un environnement marqué par l’extrême pauvreté, l’absence d’état civil et la violence ordinaire. (Source : AlloCiné, 2018 ; CIFF, 2018) Au fil d’un récit structuré par le cadre du procès, le film revient sur le parcours de l’enfant, ses tentatives de survie dans la ville et les rencontres qui façonnent sa trajectoire, notamment avec une migrante éthiopienne en situation irrégulière et son nourrisson. (Source : CIFF, 2018 ; Seventh Row, 2019) Sans recourir au spectaculaire, l’œuvre déploie une chronique urbaine qui met en avant la marginalisation des enfants, des réfugiés et des travailleurs migrants au Liban contemporain. (Source : Seventh Row, 2019) Par ce dispositif narratif, le film interroge la responsabilité des adultes, des familles et des institutions face à des existences réduites à la survie quotidienne. (Source : Seventh Row, 2019)
Genèse du projet et contexte de production
Réalisé par la cinéaste libanaise Nadine Labaki, Capharnaüm constitue son troisième long métrage de fiction après Caramel (2007) et Et maintenant, on va où ? (2011). (Source : IMDb, 2018 ; Wikipedia Nadine Labaki, 2018) Le projet est développé à partir de 2013, lorsque la réalisatrice entame un travail d’écriture et de recherche autour de la pauvreté, de la crise des réfugiés et de l’enfance en marge dans la capitale libanaise. (Source : Wikipedia Nadine Labaki, 2018 ; Seventh Row, 2019) Le scénario est signé par Nadine Labaki avec Jihad Hojeily et Michelle Keserwany, sur une histoire élaborée collectivement avec Georges Khabbaz et le compositeur Khaled Mouzanar, également producteur du film via la société Mooz Films. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018 ; IMDb, 2018) La production associe plusieurs partenaires internationaux, notamment des sociétés basées au Liban, en France, aux États-Unis, à Chypre, au Qatar et au Royaume-Uni, ce qui inscrit l’œuvre dans une économie de coproduction transnationale fréquente pour le cinéma d’auteur de la région. (Source : IMDb, 2018)
Le tournage se déroule à Beyrouth, notamment dans le quartier de Cola et ses zones de bidonvilles, afin de s’ancrer au plus près de la réalité sociale observée par l’équipe. (Source : IMDb, 2018 ; Seventh Row, 2019) Labaki et ses collaborateurs revendiquent un travail d’immersion de longue durée, fondé sur des repérages, des rencontres avec des familles et des enfants vivant dans des conditions comparables à celles du film, et une écriture qui se nourrit de ces témoignages. (Source : Seventh Row, 2019) Cette méthode, mêlant matériaux documentaires et fiction, se prolonge dans la direction d’acteurs, largement non professionnels, ce qui influe sur le rythme du tournage et la souplesse du scénario. (Source : Vantage Film, 2018 ; Seventh Row, 2019) Par ailleurs, le dispositif de production vise à conserver une équipe resserrée pour pouvoir filmer dans des espaces exigus et fortement peuplés, tout en respectant les contraintes de sécurité liées au contexte urbain et politique local. (Source : Vantage Film, 2018)
Intrigue, personnages et enjeux narratifs
Le récit s’ouvre dans une salle d’audience où Zain, détenu, répond au juge qui l’interroge sur les raisons de la plainte qu’il dépose contre ses parents, déclarant qu’il leur reproche de l’avoir fait naître. (Source : AlloCiné, 2018 ; CIFF, 2018) À partir de ce point de départ, le film adopte une structure en flash-back, revenant sur la vie de l’enfant dans un logement surpeuplé, privé de papiers d’identité et contraint à divers travaux de rue pour subvenir aux besoins de sa famille. (Source : CIFF, 2018 ; Seventh Row, 2019) Au fil de ses errances, Zain croise le chemin de Rahil, une travailleuse migrante éthiopienne sans permis de séjour, qui tente d’élever seule son bébé dans des conditions précaires. (Source : Seventh Row, 2019 ; IMDb, 2018) Lorsque Rahil disparaît à la suite d’une arrestation administrative, Zain prend en charge l’enfant, ce qui entraîne une série de situations où il doit négocier, improviser et se confronter aux réseaux d’exploitation informels de la ville. (Source : Seventh Row, 2019)
Les personnages sont interprétés en grande partie par des non-professionnels dont les trajectoires de vie présentent des similitudes avec celles de leurs rôles, à l’image de Zain Al Rafeea, jeune réfugié syrien installé au Liban au moment du tournage. (Source : Seventh Row, 2019) Cette direction d’acteurs favorise une diction, des interactions et des gestes qui s’éloignent des codes de la performance classique, et rapprochent le film d’un certain réalisme social. (Source : Vantage Film, 2018 ; Seventh Row, 2019) En parallèle, le dispositif de procès offre un cadre dramatique structurant, où la parole de l’enfant vient mettre en cause, de manière frontale, la cellule familiale et les mécanismes institutionnels qui encadrent – ou n’encadrent pas – les vies des enfants sans papiers. (Source : CIFF, 2018 ; Wikipedia Capernaum, 2018) L’ensemble articule ainsi chronique individuelle et réflexion plus large sur la responsabilité sociale vis-à-vis des populations invisibilisées, sans recourir à un commentaire explicite. (Source : Seventh Row, 2019)
Équipe artistique, langage visuel et sonore
Nadine Labaki assure la mise en scène et apparaît également à l’écran dans un rôle secondaire, s’inscrivant dans une continuité avec ses précédents films où elle combine souvent fonctions de réalisatrice et d’actrice. (Source : IMDb, 2018 ; Wikipedia Nadine Labaki, 2018) La direction de la photographie est confiée à Christopher Aoun, qui opte pour un usage de la caméra portée et des focales anamorphiques Hawk C‑Series afin de capter les ruelles, les intérieurs exigus et la densité humaine des espaces traversés par le garçon. (Source : Vantage Film, 2018) Le film est tourné au format 2,35:1, ce qui permet de mettre en valeur les compositions de groupe et la profondeur des décors urbains, tout en conservant une proximité avec le visage et le corps de l’enfant. (Source : IMDb, 2018 ; Vantage Film, 2018) La lumière privilégie des tonalités naturelles, parfois crues, qui renforcent la dimension quasi documentaire de certaines scènes de rue. (Source : Vantage Film, 2018)
La bande originale est composée par Khaled Mouzanar, déjà collaborateur de Labaki sur ses films précédents, qui propose un accompagnement musical ponctuel, alternant motifs mélodiques et plages plus discrètes. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018) Le montage articule des séquences d’errance, des scènes domestiques et les moments de procès, ce qui construit un va-et-vient temporel entre le présent judiciaire de Zain et le passé récent de son parcours dans la ville. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018 ; CIFF, 2018) Les dialogues sont principalement en arabe, avec des éléments en amharique liés au personnage de Rahil, reflétant la diversité linguistique du Liban et des communautés migrantes qui y vivent. (Source : IMDb, 2018) Sur le plan sonore, le film intègre de nombreux bruits d’ambiance urbains, offrant une présence constante de la circulation, des voix et des activités de rue qui situent l’action dans un environnement en tension permanente. (Source : Vantage Film, 2018)
Diffusion, festival et palmarès
Capharnaüm est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2018, où il concourt pour la Palme d’or et reçoit le prix du Jury, l’une des principales distinctions de la sélection. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018 ; Vantage Film, 2018) La projection cannoise s’accompagne d’un accueil marqué par une longue ovation et attire rapidement l’attention des distributeurs internationaux. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018) Sony Pictures Classics acquiert ainsi les droits de distribution pour l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Afrique du Sud, tandis que Wild Bunch assure la vente internationale sur d’autres territoires. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018) En France, le film sort en salles le 17 octobre 2018, distribué sous le titre Capharnaüm, et s’inscrit dans la saison des sorties d’automne de films d’auteur primés en festival. (Source : IMDb, 2018 ; AlloCiné, 2018)
Le long métrage poursuit son parcours dans de nombreux festivals, notamment à Toronto en 2018, où il est sélectionné dans la programmation officielle, et à Rotterdam en 2019, où il obtient un prix du public. (Source : MUBI, 2021) Sur le plan des récompenses, il est nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 91e cérémonie des Academy Awards, représentant le Liban. (Source : MUBI, 2021 ; Wikipedia Capernaum, 2018) Il reçoit également le prix du Jury œcuménique à Cannes et diverses distinctions dans des festivals internationaux, ce qui contribue à renforcer la visibilité du cinéma libanais contemporain sur la scène mondiale. (Source : MUBI, 2021) Ces éléments de diffusion témoignent de l’inscription du film dans un circuit à la fois d’auteur et de reconnaissance institutionnelle, articulant enjeux nationaux et circulation globale. (Source : MUBI, 2021)
Réception critique et place dans le paysage cinématographique
À sa sortie, Capharnaüm suscite une large couverture médiatique dans la presse internationale, qui souligne la performance du jeune interprète principal et la dimension sociale du projet. (Source : CIFF, 2018 ; Seventh Row, 2019) Sur AlloCiné, le film obtient une note moyenne élevée de la part du public, accompagnée de plusieurs centaines de critiques de spectateurs, indiquant un intérêt soutenu en France. (Source : AlloCiné, 2018) Les analyses insistent sur la manière dont le film mobilise des outils de fiction classique – le procès, le récit initiatique – pour aborder des réalités contemporaines liées à la pauvreté urbaine, aux réfugiés et au travail des enfants. (Source : Seventh Row, 2019) Par ailleurs, certaines lectures interrogent le rapport entre pathos, mise en scène du corps de l’enfant et représentation de la misère, ce qui inscrit le film dans un débat plus large sur les formes de représentation des classes populaires au cinéma. (Source : Seventh Row, 2019)
Dans la filmographie de Nadine Labaki, Capharnaüm marque une étape en accentuant la dimension politique et sociale déjà présente dans ses œuvres précédentes, tout en adoptant une approche plus frontale de la violence structurelle. (Source : Wikipedia Nadine Labaki, 2018 ; Seventh Row, 2019) Le film s’inscrit également dans un ensemble de productions moyen-orientales récentes qui explorent, par le prisme de l’enfance, les conséquences des crises économiques, migratoires et institutionnelles. (Source : Seventh Row, 2019) Son parcours en festivals, sa nomination aux Oscars et sa diffusion internationale contribuent à installer durablement le nom de la réalisatrice sur la scène mondiale, tout en attirant l’attention sur des situations sociales souvent peu visibles dans les circuits médiatiques dominants. (Source : MUBI, 2021 ; Wikipedia Capernaum, 2018) À ce titre, l’œuvre occupe une place singulière dans le paysage du cinéma libanais contemporain, à l’intersection entre démarche d’auteur, coproduction internationale et circulation grand public. (Source : Wikipedia Capernaum, 2018 ; MUBI, 2021)
Critique sur Cafarnaüm
Casting et distribution
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