“La plus grande opération de contrefaçon de l'histoire.”
« Les Faussaires » (titre original : « Die Fälscher ») est un long métrage austro-allemand écrit et réalisé par Stefan Ruzowitzky, tourné en langue allemande et sorti en 2007 (Source : Wikipédia, 2007 ; AlloCiné, 2008). Le scénario s’inspire du témoignage d’Adolf Burger, ancien déporté et typographe slovaco-juif, dont le livre « Des hommes à la ressemblance de billets de banque » relate son expérience au sein de l’opération Bernhard, opération clandestine de contrefaçon orchestrée par les autorités nazies et mise en place depuis 1942 pour inonder le Royaume-Uni de fausses livres sterling (Source : Wikipédia, 2007). Coécrit par **Ruzowitzky** et Burger, le film combine matériaux documentaires et reconstruction dramatique, en s’autorisant des libertés de fiction tout en conservant la trame principale de cette opération menée dans le camp de Sachsenhausen, au nord de Berlin (Source : Wikipédia, 2007). Par ailleurs, la production est portée par des sociétés autrichiennes et allemandes, avec un financement et une diffusion orientés vers les circuits du cinéma d’auteur européen, ce qui situe le film dans un paysage marqué, au milieu des années 2000, par un regain d’intérêt pour les récits de la Shoah et les films de camps à forte dimension morale (Source : Variety, 2007). L’ancrage historique précis, la reconstitution des ateliers de contrefaçon et l’évocation détaillée des procédés d’impression et de contrôle de qualité contribuent à inscrire le projet dans une démarche de représentation du travail forcé spécialisé au sein de l’univers concentrationnaire, moins souvent montré que les formes de violence directe (Source : Variety, 2007 ; Wikipédia, 2007).
)Intrigue, thèmes et approche narrative
Le récit s’ouvre à Monte-Carlo, peu après la fin de la guerre, où Salomon Sorowitsch, devenu joueur fréquentant les casinos, laisse rapidement affleurer un passé marqué par la maîtrise de la contrefaçon, avant qu’un long flash-back ne ramène l’action au Berlin de 1936, lorsqu’il est arrêté par un policier nommé Friedrich Herzog et interné dans un camp de concentration (Source : Wikipédia, 2007 ; IMDb, 2008). Transféré de Mauthausen à Sachsenhausen, Sorowitsch est intégré à un kommando spécialisé où des artisans, banquiers, imprimeurs et typographes détenus sont chargés de produire de fausses devises pour le Reich, en bénéficiant de conditions de détention relativement meilleures que les autres prisonniers du camp, avec des dortoirs moins surpeuplés, des rations plus élevées et l’accès à certains loisirs (Source : Variety, 2007 ; Wikipédia, 2007). Cette situation crée des tensions au sein du groupe, partagé entre la volonté de saboter l’opération en ralentissant les travaux ou en compromettant la qualité des billets, et celle de survivre en répondant aux exigences des responsables SS, au premier rang desquels figure Herzog, devenu officier supervisant l’atelier (Source : Variety, 2007 ; IMDb, 2008). Le film met en avant des thèmes comme la responsabilité individuelle en régime totalitaire, la hiérarchie implicite entre détenus selon leur utilité économique, ainsi que les lignes de fracture entre un pragmatisme centré sur la survie et des logiques de résistance symbolique, par exemple à travers le sabotage de la mise au point du dollar américain, perçu comme un enjeu stratégique majeur pour l’effort de guerre nazi (Source : Wikipédia, 2007 ; Variety, 2007).
Distribution artistique et interprétations
Le rôle principal de Salomon Sorowitsch est tenu par l’acteur autrichien Karl Markovics, dont la performance a été régulièrement soulignée dans les analyses critiques internationales comme un élément structurant du film, notamment pour la manière dont il donne corps à un personnage à la fois habité par l’instinct de survie et traversé par des scrupules moraux (Source : Wikipédia, 2007 ; Variety, 2007). À ses côtés, August Diehl incarne un détenu idéaliste, Adolf Burger, qui défend la nécessité du sabotage et sert de relais explicite vers la dimension testimoniale de l’œuvre, tandis que Devid Striesow interprète Friedrich Herzog, officier SS dont la relation ambivalente avec Sorowitsch se joue sur un terrain mêlant ancien rapport policier/criminel et nouveau rapport de pouvoir au sein du camp (Source : Wikipédia, 2007 ; IMDb, 2008). Le casting inclut également des comédiens comme Dolores Chaplin, Marie Bäumer et August Zirner, qui occupent des rôles secondaires participant à la reconstitution de l’environnement social élargi autour de l’atelier de contrefaçon, qu’il s’agisse de figures de gardiens, de codétenus ou de personnages rencontrés dans les segments situés après-guerre (Source : FilmDeCulte, 2007 ; AlloCiné, 2008). Cette distribution, composée majoritairement d’acteurs germanophones, s’inscrit dans la tradition du cinéma historique d’Europe centrale, où le jeu reste généralement contenu et appuyé sur une écriture dialoguée sobre, ce qui permet de maintenir le projecteur sur la situation et les enjeux moraux plutôt que sur l’emphase émotionnelle ou les effets de mise en scène spectaculaires (Source : Variety, 2007).
Mise en scène, esthétique et traitement des camps
La réalisation de Stefan Ruzowitzky adopte une mise en scène resserrée, souvent centrée sur les espaces clos de l’atelier, avec une photographie qui privilégie des tonalités sobres et légèrement désaturées, afin de souligner l’atmosphère confinée et l’enfermement, tout en marquant le contraste avec les séquences plus lumineuses de Monte-Carlo, tournées comme des parenthèses de prospérité après la catastrophe (Source : Variety, 2007 ; Wikipédia, 2007). Le film se distingue par un traitement mesuré de la violence, les exactions et violences extrêmes restant pour l’essentiel hors champ ou suggérées par le son – cris, coups de feu, bruits d’exécutions – qui filtrent à travers les parois de l’atelier, ce qui renforce la perception d’un univers concentrationnaire dont l’horreur est présente en permanence mais rarement montrée frontalement (Source : Variety, 2007). Cette approche rejoint, dans une certaine mesure, des tendances observées dans d’autres œuvres européennes du début des années 2000 consacrées à la Shoah, qui privilégient la focalisation sur des microcosmes ou des espaces spécifiques plutôt que sur une représentation globale du système des camps (Source : Variety, 2007). La structure narrative alternant entre le présent d’après-guerre à Monte-Carlo et le passé en camp de concentration soutient une réflexion sur la persistance des traumatismes et sur la manière dont la richesse ultérieure de Sorowitsch est littéralement fondée sur les gains induits par des billets forgés pour le compte du régime nazi, ce qui inscrit le film dans un questionnement sur la mémoire, la culpabilité et la réappropriation de ces ressources après 1945 (Source : Wikipédia, 2007).
)Réception critique, carrière en festivals et distinctions
Présenté en 2007, « Les Faussaires » s’inscrit rapidement dans le circuit des festivals internationaux, où il attire l’attention tant pour son sujet que pour son traitement formel, et remporte notamment le Grand Prix au Festival du film de Gand, en Belgique (Source : IMDb Awards, 2025). Le film est choisi pour représenter l’Autriche à la 80e cérémonie des Oscars et obtient l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2008, marquant la première victoire de l’Autriche dans cette catégorie, ainsi que l’un des principaux marqueurs de visibilité internationale pour son réalisateur (Source : IMDb Awards, 2025 ; Wikipédia, 2007). Il cumule au total sept récompenses et dix nominations dans divers festivals et cérémonies, parmi lesquels, outre l’Académie américaine, des prix aux German Film Awards et à Valladolid, ce qui confirme sa circulation au-delà du seul espace germanophone (Source : IMDb Awards, 2025). Sur le plan critique, le long métrage reçoit un accueil largement favorable, avec une note de 7,5/10 sur IMDb, accompagnée d’un métascore de 78, ainsi qu’une forte appréciation de plusieurs critiques anglophones qui le classent parmi les meilleurs films sortis aux États-Unis en 2008, comme Josh Rosenblatt pour le « Austin Chronicle » et Ella Taylor pour « LA Weekly » (Source : IMDb, 2008 ; Wikipédia, 2007).
Place dans la représentation cinématographique de la Shoah
En s’intéressant à une opération de contrefaçon longtemps restée méconnue du grand public, « Les Faussaires » enrichit le corpus des films consacrés à la Shoah en déplaçant le regard vers une zone spécifique du système concentrationnaire : celle où certains prisonniers, sélectionnés pour leurs compétences, se voient attribuer des conditions d’existence relativement plus favorables en échange d’un travail directement utile à l’effort de guerre nazi (Source : Wikipédia, 2007 ; Variety, 2007). Ce choix permet d’explorer la thématique de la « zone grise », développée dans la réflexion historique et mémorielle, en montrant comment des détenus se trouvent pris dans une logique de compromis, de survie et de cohabitation forcée avec les ordres du pouvoir, sans que leur position atténue pour autant la violence du système dont ils dépendent (Source : Variety, 2007). L’articulation constante entre précision documentaire – autour de l’opération Bernhard et des techniques de contrefaçon – et construction dramatique centrée sur quelques figures-clés, dont Sorowitsch et Burger, inscrit le film dans une tradition de récits qui cherchent à conjuguer exigence historique et narration accessible au public international (Source : Wikipédia, 2007). Diffusé largement après son succès aux Oscars, le film est régulièrement cité dans la critique comme un exemple de production européenne ayant trouvé un équilibre entre film de camp, drame moral et thriller historique, et continue, près de deux décennies après sa sortie, à figurer dans les filmographies recommandées sur l’histoire de la Shoah au cinéma (Source : Wikipédia, 2007 ; Letterboxd, 2025).
Critique sur Les Faussaires
Où regarder en streaming Les Faussaires
Les Faussaires est disponible à la location sur Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner et à l'achat sur Canal VOD, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Les Faussaires figurent Sorowitsch, interprété par Karl Markovics, Burger, interprété par August Diehl et Herzog, interprété par Devid Striesow. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.

























