“Underground”
Le film Underground est une coproduction internationale associant notamment la RF Yougoslavie, la France, l’Allemagne, la Hongrie, la République tchèque et la Serbie, ce qui souligne d’emblée l’inscription de l’œuvre dans une dynamique transnationale, tant sur le plan artistique que financier (Source : Wikipédia, 2005). Réalisé par Emir Kusturica, le long métrage est coscénarisé par Dušan Kovačević, auteur de la pièce Proleće u januaru (Le Printemps en janvier), dont il constitue une adaptation cinématographique, ce qui ancre le projet dans une tradition dramatique déjà structurée (Source : Wikipédia, 2005). Le tournage implique plusieurs pays européens, notamment la Serbie et la Bulgarie, et s’inscrit dans un contexte de recomposition politique de l’espace yougoslave, alors que les guerres de Yougoslavie redessinent le paysage géopolitique de la région (Source : Wikipédia, 2005).
Le film est également connu sous le titre Il était une fois un pays, appellation utilisée pour la version longue, d’une durée d’environ cinq heures, diffusée sous forme de mini‑série en six épisodes d’environ cinquante minutes, notamment sur RTS et la chaîne culturelle Arte en 1998 (Source : Wikipédia, 2005). La version exploitée en salles affiche une durée de 165 à 167 minutes, tandis que la copie présentée au Festival de Cannes atteint 195 minutes, ce qui témoigne de l’ampleur du matériau narratif et de la volonté de déployer une fresque en plusieurs strates temporelles (Source : Wikipédia, 2005). Sur le plan industriel, la production est assurée par Pierre Spengler, Karl Baumgartner et Maksa Ćatović, et la distribution internationale passe notamment par la société New Yorker Video, ce qui participe à la circulation du film sur plusieurs marchés au-delà de l’Europe centrale (Source : Wikipédia, 2005).
Le contexte culturel est marqué par la reconnaissance déjà acquise de Kusturica sur la scène internationale, après la Palme d’or obtenue en 1985 pour Papa est en voyage d’affaires, ce qui confère au projet Underground une attente particulière dans les milieux festivaliers et critiques (Source : Wikipédia, 2005). Par ailleurs, la période de production coïncide avec une intensification des débats intellectuels autour de la représentation des conflits dans les Balkans, un environnement dans lequel le film sera bientôt pris dans une controverse politique et médiatique (Source : Wikipédia, 2005).
Intrigue et structure narrative
L’intrigue s’ouvre en 1941 à Belgrade, au moment où les premières bombes allemandes frappent la capitale yougoslave, tandis que Marko et Blacky, deux compagnons profitant du chaos pour s’enrichir, se retrouvent au cœur d’un dispositif clandestin visant à cacher des proches dans la cave du grand‑père de Marko (Source : Wikipédia, 2005). Dans cet espace souterrain sont notamment dissimulés Ivan, le frère de Marko, ainsi que Vera, la femme de Blacky, qui meurt en accouchant de Jovan peu après son arrivée, ce qui inscrit d’emblée le récit sous le signe d’une double tension entre survie et deuil (Source : Wikipédia, 2005). En 1943, Blacky enlève sur scène Natalija, comédienne qu’il aime, mais est arrêté par Franz, officier allemand et rival amoureux, avant d’être libéré et conduit à son tour dans la cave, où le groupe s’organise autour de la fabrication d’armes (Source : Wikipédia, 2005).
Lorsque la paix revient en 1944, Marko choisit de faire croire aux occupants de la cave que la guerre se poursuit, les convainquant de continuer à produire des armes, qu’il revend à prix d’or tout en gravissant les échelons du Parti communiste yougoslave jusqu’à devenir un proche de Tito (Source : Wikipédia, 2005). Pendant près de vingt ans, les clandestins restent ainsi prisonniers d’un mensonge structurant, tandis que Marko instrumentalise leur isolement pour consolider sa position politique, ce qui inscrit le récit dans une réflexion sur la manipulation et la fabrication des récits historiques (Source : Wikipédia, 2005). En 1961, à l’occasion du mariage de Jovan, âgé de vingt ans et n’ayant jamais quitté la cave, Blacky décide de sortir pour « aller se battre », entraînant son fils dans une fuite qui les conduit sur le plateau d’un film de propagande adapté des mémoires de Marko, où ils prennent la reconstitution de la Seconde Guerre mondiale pour la réalité et déclenchent une attaque meurtrière (Source : Wikipédia, 2005).
La trajectoire de Jovan se clôt tragiquement lorsqu’il se noie dans le Danube, conséquence d’une inattention de son père, tandis que Marko et Natalija fuient le pays après avoir fait exploser la cave, laissant les habitants enfermés à leur sort (Source : Wikipédia, 2005). Le récit fait ensuite un saut en 1992, au moment de la guerre de Bosnie : Blacky est devenu chef de guerre, toujours hanté par la disparition de son fils, alors que Marko, avec la complicité de Natalija et de casques bleus, est désormais un trafiquant d’armes au service des deux camps, ce qui prolonge la logique de duplicité amorcée pendant la Seconde Guerre mondiale (Source : Wikipédia, 2005). Cette structure en quatre temps historiques – 1941, 1944, 1961, 1992 – permet au film de déployer une chronologie imbriquée où le sous‑sol, réel et métaphorique, devient le lieu d’une mémoire réécrite et d’un pays en mutation permanente (Source : Wikipédia, 2005).
Fiche artistique, distribution et partitions musicales
La réalisation d’Underground est assurée par Emir Kusturica, qui signe également le scénario avec Dušan Kovačević, tandis que la direction de la photographie est confiée à Vilko Filac et le montage à Branka Ceperac, ce qui structure l’identité formelle du film autour d’un noyau de collaborateurs réguliers du cinéaste (Source : Wikipédia, 2005). La musique, conçue par Goran Bregović, occupe une place centrale dans le dispositif, avec la présence continue d’un groupe de musiciens à l’image, de la première à la dernière scène, donnant au film une dimension de chronique rythmée par des fanfares et des motifs récurrents (Source : Wikipédia, 2005). Deux fanfares serbes, le Slobodan Salijević Orchestra et le Boban Marković Orchestra, sont créditées au générique ; leurs interventions ont été enregistrées en direct lors du tournage puis synchronisées au montage final (Source : Wikipédia, 2005).
La distribution réunit Miki Manojlović dans le rôle de Marko Dren, Lazar Ristovski dans celui de Petar « Blacky » Popara, Mirjana Joković dans le rôle de Natalija Zovkov, Slavko Štimac en Ivan Dren, Ernst Stötzner en Franz, Srdjan Todorović en Jovan Popara, ainsi que Bora Todorović en Golub, tandis qu’Emir Kusturica apparaît brièvement en tant que dealer (Source : Wikipédia, 2005). Cette distribution, majoritairement issue des cinémas yougoslave et serbe, participe à l’ancrage régional de l’œuvre, tout en lui offrant une visibilité internationale par la circulation du film dans les festivals et les réseaux d’art et essai (Source : Wikipédia, 2005). Les langues originales utilisées – serbe, allemand et anglais – renforcent la dimension polyglotte du récit, à la fois reflet de la diversité linguistique yougoslave et des rapports de domination au sein de l’Europe en guerre (Source : Wikipédia, 2005).
Sur le plan musical, la bande originale combine des thèmes traditionnels des Balkans réarrangés par Goran Bregović et plusieurs morceaux issus du répertoire européen ou populaire : on y entend notamment Lili Marleen interprété par Lale Andersen, un mouvement de la Symphonie n° 9 de Dvořák, un extrait de la Symphonie n° 3 avec orgue de Saint‑Saëns, ainsi que Ya ya (ringe ringe raja), adaptation d’un standard du twist (Source : Wikipédia, 2005). Figurent également Ausencia interprété par Cesária Évora, Stani stani Ibar vodo par Milan Babić, un Underground Tango dérivé du Youkali de Kurt Weill, ou encore Kalašnjikov, adaptation de la Rhapsodie roumaine n° 1 de Georges Enesco, ainsi que la Csárdás de Vittorio Monti (Source : Wikipédia, 2005). Cette combinaison contribue à placer la musique au cœur de la narration, comme vecteur de circulation entre les époques, les espaces et les registres émotionnels (Source : Wikipédia, 2005).
Récompenses, diffusion et réception critique
Underground reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes 1995, distinction qui consacre le film comme lauréat de la 48e édition et offre à Emir Kusturica sa deuxième Palme, dix ans après celle obtenue pour Papa est en voyage d’affaires (Source : Wikipédia, 2005 ; INA, 2012). Le film est également distingué par plusieurs récompenses internationales : il obtient le prix du meilleur film étranger aux Prix Lumières en 1996, puis celui de meilleur film en langue étrangère décerné par la Boston Society of Film Critics en 1997, ainsi que le prix du meilleur film en langue étrangère aux Kinema Junpo Awards à Tokyo la même année (Source : Wikipédia, 2005). Par ailleurs, Underground est sélectionné comme candidature serbe à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour la 68e cérémonie des Academy Awards, sans être retenu parmi les finalistes (Source : Wikipédia, 2005).
La critique internationale souligne la singularité du film, souvent décrit comme une fresque yougoslave au ton satirique et à la narration foisonnante, ce que relaie notamment la couverture de la presse française et étrangère au lendemain de Cannes (Source : Le Monde, 1995 ; Mubi, 2023). Toutefois, la réception en France se trouve rapidement traversée par une polémique autour de la position supposée du film vis‑à‑vis du conflit en ex‑Yougoslavie : Emir Kusturica est accusé par certains commentateurs de soutenir, de façon implicite, le régime de Slobodan Milošević, ce qu’il conteste (Source : Wikipédia, 2005). Un débat particulièrement médiatisé oppose alors Kusturica au philosophe Alain Finkielkraut, qui publie dans Le Monde un texte intitulé L’imposture Kusturica, sans avoir vu le film au moment de sa première prise de position, ce qu’il reconnaît plus tard dans les colonnes de Libération (Source : Wikipédia, 2005).
Kusturica répond dans Le Monde par un texte intitulé Mon imposture, où il rejette les accusations de fascisme et de propagande pro‑Milošević et reproche à ses détracteurs de juger le film sans en avoir une connaissance directe, débat dans lequel interviennent également Bernard‑Henri Lévy et d’autres figures du champ intellectuel européen (Source : Wikipédia, 2005). Cette controverse s’inscrit dans un climat plus large de débats sur la représentation du conflit bosniaque dans les œuvres de fiction, et nourrit durablement la perception d’Underground comme un film à la fois primé et contesté, souvent cité en exemple dans les discussions sur les liens entre cinéma, mémoire et politique (Source : Wikipédia, 2005). Dans le même temps, la reconnaissance institutionnelle – à travers les prix et les rétrospectives – maintient le film au répertoire des œuvres marquantes des années 1990, régulièrement diffusées sur les chaînes spécialisées et dans les festivals consacrés au cinéma européen (Source : Unifrance, consulté via Wikipédia, 2005).
Autour du film, prolongements et traces culturelles
Au‑delà de sa carrière en salles, Underground connaît une déclinaison significative avec la version longue en six épisodes d’environ cinquante minutes, diffusée en France en 1998 sur Arte, qui permet d’explorer plus largement les arcs narratifs et d’installer le récit dans un format proche de la série télévisée (Source : Wikipédia, 2005). Cette même période voit se multiplier les analyses, dossiers radio et publications consacrés au film, comme en témoigne par exemple l’émission Affaires sensibles de France Inter, qui revient sur la trajectoire de l’œuvre et la polémique qui l’entoure (Source : Wikipédia, 2005). La controverse française laisse des traces dans l’imaginaire culturel, au point d’être évoquée de manière indirecte dans le film Rien sur Robert de Pascal Bonitzer, où un critique voit sa vie bouleversée après un texte négatif sur un film bosnien qu’il n’a pas vu, écho transparent au cas Kusturica/Finkielkraut (Source : Wikipédia, 2005).
Dans les années qui suivent, Emir Kusturica déclare un temps vouloir cesser le cinéma, avant de revenir sur cette décision en réalisant Chat noir, chat blanc en 1998, le cinéaste évoquant même, à propos du film Le Jour et la Nuit de Bernard‑Henri Lévy, l’idée que certains échecs justifient de poursuivre le travail de création (Source : Wikipédia, 2005). Par ailleurs, Underground s’inscrit dans une continuité de collaboration artistique entre Kusturica et Goran Bregović, après Le Temps des Gitans et Arizona Dream, qui contribue à identifier une signature sonore reconnue dans le paysage du cinéma européen (Source : Wikipédia, 2005). Plusieurs ressources institutionnelles, parmi lesquelles AlloCiné, le British Film Institute, le Centre national du cinéma et de l’image animée, la Cinémathèque québécoise, Filmportal ou Unifrance, répertorient le film dans leurs bases, attestant de son inscription durable dans les catalogues du patrimoine contemporain (Source : Wikipédia, 2005).
La réception critique, oscillant entre reconnaissance formelle et débat politique, fait de Underground un objet récurrent de réflexion pour les chercheurs et programmateurs travaillant sur la représentation de la Seconde Guerre mondiale, des guerres de Yougoslavie et des mécanismes de la propagande au cinéma (Source : Wikipédia, 2005). La référence régulière au film dans les panoramas des Palmes d’or les plus commentées souligne enfin la place singulière de cette œuvre dans l’histoire du Festival de Cannes, en tant que titre à la fois couronné et contesté, dont la réception continue d’alimenter les discussions sur le rôle des images dans la construction des récits nationaux (Source : Le Monde, 1995 ; INA, 2012).
- Filmographie sélective du réalisateur en lien avec Underground : Papa est en voyage d’affaires (Palme d’or 1985), Le Temps des Gitans (1988), Arizona Dream (1993), Chat noir, chat blanc (1998) (Source : Wikipédia, 2005).
- Principales distinctions pour Underground : Palme d’or, Festival de Cannes 1995 ; Prix Lumières du meilleur film étranger 1996 ; Boston Society of Film Critics Award du meilleur film en langue étrangère 1997 ; Kinema Junpo Award du meilleur film en langue étrangère 1997 (Source : Wikipédia, 2005).
Critique sur Underground
Récompenses et Nominations
Où regarder en streaming Underground
Underground est disponible en streaming par abonnement sur Molotov TV et Sooner, à la location sur Amazon Video, Apple TV Store, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, Apple TV Store, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Underground figurent Marko Dren, interprété par Miki Manojlovic, Petar 'Crni' Popara, interprété par Lazar Ristovski et Natalija Zovkov, interprété par Mirjana Joković. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.





























