“Une manipulation vertigineuse”
Mademoiselle est réalisé par Park Chan-wook, cinéaste sud-coréen déjà connu internationalement pour sa trilogie de la vengeance et son travail sur les genres, qui s’associe ici à la scénariste Chung Seo-kyung pour coécrire le film (Source : IMDb, 2016 ; Wikipédia, 2016). Le long-métrage est une adaptation du roman Du bout des doigts (Fingersmith) de l’écrivaine britannique Sarah Waters, publié en 2002, dont il conserve la structure en trompe-l’œil et le dispositif narratif en plusieurs parties (Source : Wikipédia, 2016 ; Œil sur l’écran, 2019). Park Chan-wook déplace toutefois l’action de la banlieue londonienne victorienne vers la Corée des années 1930, alors sous domination japonaise, transformant l’aristocratie anglaise en milieu colonial où coexistent élites japonaises et classes privilégiées coréennes collaboratrices (Source : Œil sur l’écran, 2019 ; SensCritique, 2016). Ce changement de contexte permet d’articuler l’intrigue de faux-semblants à des rapports de pouvoir linguistiques, culturels et politiques, la langue japonaise et la langue coréenne étant mobilisées dans le film pour marquer statuts sociaux et hiérarchies (Source : Wikipédia, 2016). Par ailleurs, l’œuvre se présente comme un thriller psychologico-érotique, associant une dimension de suspense criminel à une exploration de la sexualité féminine, en s’appuyant sur l’univers romanesque de Waters, dont le texte original abordait déjà des thématiques liées au désir, à la manipulation et à la marginalité (Source : Wikipédia, 2016 ; Yonhap, 2016).
Intrigue et structure narrative
Le récit de Mademoiselle se situe dans un manoir isolé où Hideko, riche héritière d’origine japonaise, vit sous la tutelle de son oncle Kouzuki, un collectionneur obsédé par les livres rares et la culture érotique, tandis que Sook-hee, jeune femme issue d’une famille de pickpockets, est engagée comme servante (Source : Box Office Mojo, 2016 ; SensCritique, 2016). Dès son arrivée, Sook-hee collabore secrètement avec un escroc se présentant comme un comte, dont le plan consiste à séduire Hideko, l’épouser puis la faire interner pour s’approprier ses biens, faisant de la servante une complice insérée au cœur de la maison (Source : Box Office Mojo, 2016 ; Letterboxd, 2016). La narration adopte une structure en plusieurs parties, rejouant certains événements selon des points de vue distincts, ce qui permet de recontextualiser des scènes déjà vues et de révéler progressivement la véritable place de chaque personnage dans le dispositif de tromperie (Source : Wikipédia, 2015-2016). En parallèle au complot initial, la relation entre Sook-hee et Hideko évolue vers une intimité de plus en plus forte, ce qui reconfigure les alliances et fragilise l’architecture de la manipulation orchestrée par les figures masculines du récit (Source : Yonhap, 2016 ; Wikipédia, 2016). Cette construction en chapitres, combinée à un usage marqué des ellipses et des retours en arrière, inscrit le film dans une tradition de thriller à narration fragmentée, où la révélation des enjeux véritables repose sur la relecture constante des scènes antérieures (Source : Wikipédia, 2015-2016).
Distribution, personnages et direction d’acteurs
Le film met en avant un quatuor d’interprètes principaux composé de Kim Min-hee dans le rôle de Hideko, Kim Tae-ri dans celui de Sook-hee, Ha Jung-woo en escroc se présentant comme un comte japonais et Cho Jin-woong en Kouzuki, l’oncle de l’héritière (Source : Wikipédia, 2016 ; IMDb, 2016). Kim Min-hee, actrice déjà reconnue en Corée du Sud, incarne une aristocrate marquée par une éducation stricte et un environnement patriarcal, tandis que Kim Tae-ri effectue l’un de ses premiers grands rôles au cinéma avec le personnage de Sook-hee, dont le parcours mêle instinct de survie, loyautés changeantes et découverte progressive de ses propres désirs (Source : Busan Film Critics Awards via Wikipédia, 2015-2016 ; IMDb, 2016). Kim Tae-ri reçoit d’ailleurs plusieurs distinctions de révélation pour ce rôle, notamment le prix de la meilleure nouvelle actrice aux Busan Film Critics Awards en 2016, ce qui contribue à la faire connaître sur la scène cinématographique sud-coréenne (Source : Wikipédia, 2015-2016). Ha Jung-woo, figure récurrente du cinéma coréen, compose un personnage d’escroc charismatique dont la cour contrôlée à Hideko s’inscrit dans une longue tradition de figures masculines manipulatrices au sein de la filmographie de Park Chan-wook (Source : IMDb, 2016 ; AlloCiné, 2016). Enfin, Cho Jin-woong interprète Kouzuki, personnage central pour la dimension de collection et de domination qui structure l’univers du manoir, participant à la mise en place d’un cadre où la parole et le corps des femmes sont minutieusement contrôlés (Source : Wikipédia, 2016 ; SensCritique, 2016).
Esthétique, mise en scène et direction artistique
Mademoiselle se distingue par un travail visuel particulièrement élaboré, porté notamment par la direction artistique de Ryu Seong-hie, récompensée par le Prix Vulcain de l’artiste technicien au 69e Festival de Cannes en 2016 (Source : Cannes, dossier officiel via Wikipédia, 2015-2016 ; Yonhap, 2016). La construction du manoir, l’attention portée aux décors mêlant influences architecturales occidentales et japonaises, ainsi que le soin apporté aux objets et aux livres, participent à l’ancrage du film dans un univers où le regard et la mise en scène de l’intime jouent un rôle central (Source : Yonhap, 2016 ; Wikipédia, 2016). La mise en scène de Park Chan-wook s’appuie sur des mouvements de caméra précis, un usage marqué des cadres dans le cadre et une gestion rigoureuse de l’espace, ce qui renforce l’impression d’enfermement et de surveillance pesant sur les personnages féminins (Source : Wikipédia, 2016 ; IMDb, 2016). Par ailleurs, la photographie exploite des contrastes entre les intérieurs du manoir, saturés de textures, et les extérieurs plus épurés, accentuant le clivage entre la vie contrôlée d’Hideko et les horizons de fuite que symbolise la relation avec Sook-hee (Source : Wikipédia, 2016 ; SensCritique, 2016). L’ensemble s’inscrit dans la continuité d’une œuvre où Park Chan-wook accorde une place centrale à la composition du cadre, à la couleur et au montage comme instruments narratifs, prolongeant des recherches formelles déjà à l’œuvre dans ses films précédents (Source : Wikipédia, 2016).
Contexte historique, thématiques et enjeux de représentation
En transposant le roman de Sarah Waters dans la Corée coloniale des années 1930, le film articule la question de la domination de genre à celle de la domination impériale, en situant ses personnages dans un espace marqué par la hiérarchie entre Japonais et Coréens (Source : Œil sur l’écran, 2019 ; Wikipédia, 2016). La présence de la langue japonaise, largement employée dans les dialogues d’Hideko et de son entourage, et celle du coréen, utilisée par Sook-hee et les domestiques, souligne des rapports de force où l’accès à la culture, à la lecture et à la parole publique devient un enjeu de pouvoir (Source : Wikipédia, 2016). Le film reprend la dimension de récit criminel et de désir entre femmes déjà présente dans le roman de Waters, mais la réinscrit dans un cadre où la circulation des corps, des livres et des récits est étroitement contrôlée par une figure patriarcale, celle de l’oncle Kouzuki (Source : Wikipédia, 2016 ; Yonhap, 2016). Cette organisation dramatique permet d’aborder des thématiques liées à la mise en scène de la pornographie, à la marchandisation de l’intime et au regard masculin, en les confrontant à l’émergence d’une complicité féminine qui reconfigure progressivement les alliances (Source : Diacritik, 2016 ; SensCritique, 2016). De ce fait, l’œuvre a souvent été commentée, dans la critique, comme un film qui interroge les structures de pouvoir patriarcales et coloniales tout en conservant les codes du thriller et du mélodrame, ce que reflètent plusieurs analyses publiées dans la presse spécialisée et généraliste (Source : Diacritik, 2016 ; Wikipédia, 2016).
Parcours en festivals, récompenses et accueil critique
Mademoiselle est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2016, où il concourt pour la Palme d’or et la Queer Palm, et où Ryu Seong-hie reçoit le Prix Vulcain de l’artiste technicien pour la direction artistique (Source : Cannes, 2016 via Wikipédia, 2015-2016 ; Yonhap, 2016). Le film connaît ensuite un parcours marqué par de nombreuses distinctions, notamment aux Blue Dragon Awards en Corée du Sud et aux Asian Film Awards, où il obtient plusieurs prix dans des catégories artistiques et techniques (Source : IMDb Awards, 2025 ; Wikipédia, 2015-2016). Kim Tae-ri est distinguée à plusieurs reprises comme révélation ou meilleure nouvelle actrice, notamment aux Busan Film Critics Awards, ce qui confirme l’impact de sa performance dans le paysage cinématographique coréen (Source : Busan Film Critics Awards via Wikipédia, 2015-2016). Sur le plan international, le film reçoit un accueil très favorable de la critique, avec un taux d’approbation de 96% sur le site Rotten Tomatoes, basé sur plus de deux cents critiques et une note moyenne élevée, ce qui en fait l’une des sorties marquantes de l’année 2016 dans la catégorie des films en langue étrangère (Source : Wikipédia, 2015-2016). Il figure également dans plusieurs palmarès de fin d’année de critiques et d’associations de presse, et obtient une nomination au BAFTA du meilleur film en langue étrangère ainsi qu’aux Critics’ Choice Awards dans la même catégorie, consolidant sa visibilité au-delà du seul circuit des festivals (Source : IMDb Awards, 2025 ; Wikipédia, 2015-2016).
Diffusion, réception publique et postérité
Distribué internationalement sous le titre The Handmaiden, le film connaît une carrière en salles qui reste modeste au regard des grandes productions hollywoodiennes, mais significative pour un film sud-coréen en langue étrangère, avec une diffusion dans plusieurs territoires européens, nord-américains et asiatiques (Source : Box Office Mojo, 2016 ; Wikipédia, 2016). Sur les plateformes de notation et de recommandations cinéphiles, l’œuvre obtient des évaluations élevées, avec par exemple une note moyenne supérieure à 8 sur 10 sur IMDb, ce qui témoigne d’un accueil globalement positif du public spécialisé et des amateurs de cinéma d’auteur (Source : IMDb, 2016). La combinaison de son esthétique travaillée, de sa structure narrative complexe et de son inscription dans un contexte historique précis a suscité de nombreux commentaires analytiques dans la critique écrite, certains articles mettant en avant la richesse de sa mise en scène, d’autres soulignant des réserves sur la durée ou la fragmentation du récit (Source : Diacritik, 2016 ; SensCritique, 2016). Au fil des années, Mademoiselle s’est imposé comme une référence récurrente dans les discussions sur les représentations du désir féminin et les récits queer en Asie de l’Est, apparaissant dans divers dossiers thématiques consacrés au cinéma coréen contemporain (Source : Wikipédia, 2015-2016 ; Diacritik, 2016). Par ailleurs, son succès critique et son parcours en festivals ont renforcé la position de Park Chan-wook comme l’un des cinéastes sud-coréens les plus visibles à l’international, confirmant l’importance de son œuvre dans la circulation mondiale du cinéma d’auteur asiatique au cours des années 2010 (Source : Wikipédia, 2016 ; IMDb, 2016).
Critique sur Mademoiselle
Où regarder en streaming Mademoiselle
Mademoiselle est disponible en streaming par abonnement sur HBO Max, FilmBox+, MUBI et SFR Play, à la location sur Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Rakuten TV, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, ARTE VOD et Sooner et à l'achat sur Apple TV Store, Google Play Movies, YouTube, Canal VOD, Rakuten TV, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, ARTE VOD et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Mademoiselle figurent Lady Hideko, interprété par Minhee Kim, Sook-hee, interprété par Kim Tae-ri et Count Fujiwara, interprété par Ha Jung-woo. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.




































