« Charter » constitue le deuxième long métrage d’Amanda Kernell, née en 1986 à Umeå et formée à l’École nationale de cinéma du Danemark, après « Sami Blood », présenté à la Mostra de Venise en 2016 (Source : Swedish Film Institute, 2020). Ce premier film avait été récompensé notamment par le prix Europa Cinemas Label, le Dragon Award du meilleur film nordique à Göteborg, le Lux Film Prize et plusieurs Guldbagge, installant Kernell dans le paysage européen du cinéma d’auteur (Source : Swedish Film Institute, 2020). Avec « Charter », la cinéaste délaisse le contexte historique et la question sámi pour se tourner vers un drame contemporain centré sur le droit de garde et les tensions intrafamiliales dans la Suède actuelle (Source : Cineuropa, 2021). Le projet est porté par une production suédoise soutenue par l’Institut du film suédois, en coproduction avec d’autres partenaires nordiques, dans la continuité d’un réseau de financement déjà mobilisé pour « Sami Blood » (Source : Swedish Film Institute, 2020). Par ailleurs, la sélection de « Charter » à Sundance et dans plusieurs festivals européens confirme la position de Kernell au sein d’une génération de cinéastes scandinaves travaillant sur les recompositions familiales et les fractures sociales par le biais d’un récit intimiste (Source : Sundance Institute, 2020 ; Cineuropa, 2021).
Synopsis détaillé et enjeux narratifs
Le film s’ouvre sur la situation d’Alice, installée dans le nord de la Suède, qui ne voit plus ses enfants depuis deux mois à la suite d’un divorce conflictuel, tandis que la justice doit trancher la garde définitive (Source : IMDb, 2020 ; European Film Academy, 2020). Lorsque son fils Vincent l’appelle en pleine nuit et laisse entendre que quelque chose ne va pas, elle se rend sur place mais se heurte au refus de son ex-mari Mattias et à la rigidité du dispositif judiciaire (Source : IMDb, 2020). Dans ce contexte, elle décide de prendre les enfants et d’embarquer sur un vol charter en direction de Tenerife, en dehors du cadre légal, afin de passer quelques jours avec eux loin de la pression familiale et sociale (Source : IMDb, 2020 ; European Film Academy, 2020). Le récit suit alors ce séjour en huis clos à ciel ouvert, entre hôtels, plages et espaces touristiques, où Alice tente de regagner la confiance de Vincent et de sa fille Elina, tout en sachant que la décision du tribunal approche et que son geste peut aggraver sa situation (Source : European Film Academy, 2020). En filigrane, « Charter » interroge les perceptions contrastées de la maternité, la culpabilité liée à la séparation, et la manière dont les procédures de garde résonnent dans la vie quotidienne des parents et des enfants (Source : Cineuropa, 2021 ; Rotten Tomatoes, 2020).
Distribution artistique et équipe technique
Le rôle principal d’Alice est interprété par l’actrice norvégienne Ane Dahl Torp, déjà remarquée dans plusieurs productions scandinaves, qui porte l’essentiel du film à l’écran (Source : IMDb, 2020 ; Cineuropa, 2021). À ses côtés, Sverrir Gudnason incarne Mattias, l’ex-mari, tandis que Troy Lundkvist et Tintin Poggats Sarri jouent les enfants, Vincent et Elina, au cœur du conflit de garde (Source : IMDb, 2020). Le casting comprend également Johan Bäckström dans le rôle de Simon et Eva Melander dans celui de Margit, figures secondaires qui gravitent autour du noyau familial et du cadre institutionnel (Source : IMDb, 2020). La **direction** de la photographie est signée Sophia Olsson, qui avait déjà collaboré avec Kernell et dont le travail sur « Charter » sera distingué aux Guldbagge Awards (Source : Cineuropa, 2021). Le film, d’une durée d’environ 94 minutes, repose sur une équipe principalement suédoise, avec un tournage partagé entre des décors naturels en Suède et aux îles Canaries, ce qui participe à la dualité visuelle entre climat nordique et espaces balnéaires (Source : IMDb, 2020 ; European Film Academy, 2020).
Production, distribution et sortie
« Charter » est produit dans le cadre de l’industrie cinématographique suédoise, avec le soutien de l’Institut du film suédois, dans un modèle de coproduction qui associe plusieurs partenaires européens habitués aux films d’auteur à budget maîtrisé (Source : Swedish Film Institute, 2020). Le film connaît sa première mondiale au Festival de Sundance en janvier 2020, dans la compétition World Cinema Dramatic, ce qui lui offre une visibilité internationale avant sa sortie en salles (Source : Sundance Institute, 2020). Sa première européenne a lieu peu après au Festival du film de Göteborg, où il figure en compétition pour le Dragon Award du meilleur film nordique, l’un des prix importants pour la production régionale (Source : Swedish Film Institute, 2020 ; Cineuropa, 2021). En Suède, la sortie en salles intervient en 2020, dans un paysage marqué par les contraintes sanitaires, ce qui influence les conditions d’exploitation de nombreux films cette année-là (Source : Swedish Film Institute, 2020). Par ailleurs, la sélection de « Charter » comme candidature officielle de la Suède à l’Oscar du meilleur film international lors de la 93e cérémonie renforce sa circulation sur les marchés internationaux, même s’il ne figure pas dans la liste restreinte finale (Source : Swedish Film Institute, 2020 ; Academy of Motion Picture Arts and Sciences, 2020).
Réception critique et distinctions
Sur le plan critique, « Charter » bénéficie d’un accueil favorable, avec un taux d’approbation de 100% sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, sur la base d’un nombre restreint mais unanimement positif de critiques recensées, pour une note moyenne d’environ 8,7 sur 10 (Source : Rotten Tomatoes, 2020). Des médias spécialisés comme IONCINEMA soulignent la continuité entre ce second long métrage et « Sami Blood », tout en relevant l’ancrage plus contemporain et les enjeux émotionnels liés à la garde d’enfants et à la mobilité géographique (Source : IONCINEMA, 2020). La performance d’Ane Dahl Torp est régulièrement mise en avant dans les comptes rendus, qui insistent sur la précision de son jeu dans un rôle exposé, presque constamment à l’écran (Source : Cineuropa, 2021 ; IONCINEMA, 2020). Aux Guldbagge Awards 2021, l’un des principaux rendez-vous du cinéma suédois, le film obtient trois récompenses majeures : meilleur réalisateur pour Amanda Kernell, meilleure actrice pour Ane Dahl Torp et meilleure photographie pour Sophia Olsson (Source : Cineuropa, 2021). En parallèle, la nomination de « Charter » au Prix du film du Conseil nordique et sa présence dans plusieurs festivals renforcent son positionnement dans le circuit des œuvres nordiques contemporaines traitant de questions sociales par des récits intimistes (Source : Swedish Film Institute, 2020 ; Nordic Council, 2020).
Place du film dans le paysage du cinéma nordique
Dans le contexte du cinéma nordique des années 2010 et 2020, « Charter » s’inscrit dans une série de films qui abordent les transformations de la famille, les recompositions conjugales et les tensions entre vie privée et cadres institutionnels (Source : Cineuropa, 2021). Le choix d’un récit centré sur une mère qui franchit la limite de la légalité pour passer du temps avec ses enfants s’articule avec des préoccupations contemporaines concernant les droits parentaux, la circulation transfrontalière et le poids des décisions judiciaires dans la vie quotidienne (Source : European Film Academy, 2020). La mise en scène, fondée sur des décors naturels et un usage mesuré de la musique, s’aligne sur une tradition scandinave de drames réalistes privilégiant le travail des acteurs et la tension psychologique à des dispositifs spectaculaires (Source : IONCINEMA, 2020). En étant sélectionné à Sundance, à Göteborg et comme représentant suédois aux Oscars, le film participe à la visibilité internationale d’un cinéma nordique qui, au-delà du polar ou du « Nordic noir », explore des sujets intimes en lien avec les évolutions sociales (Source : Sundance Institute, 2020 ; Swedish Film Institute, 2020). Cette même année, les distinctions reçues par « Charter » consolident la position d’Amanda Kernell parmi les cinéastes scandinaves suivis par les programmateurs de festivals et les institutions européennes, confirmant la continuité de son travail entre « Sami Blood » et ce second long métrage (Source : Cineuropa, 2021 ; Swedish Film Institute, 2020).
- Réalisation : Amanda Kernell (Source : IMDb, 2020 ; Swedish Film Institute, 2020)
- Scénario : Amanda Kernell (Source : IMDb, 2020)
- Interprétation principale : Ane Dahl Torp, Sverrir Gudnason, Troy Lundkvist, Tintin Poggats Sarri (Source : IMDb, 2020)
- Durée : 94 minutes environ (Source : Sundance Institute, 2020 ; IMDb, 2020)
- Première mondiale : Festival de Sundance 2020, World Cinema Dramatic Competition (Source : Sundance Institute, 2020)
- Distinctions majeures : Guldbagge Awards – meilleure réalisation, meilleure actrice, meilleure photographie (Source : Cineuropa, 2021)
- Soumission de la Suède à l’Oscar du meilleur film international pour la 93e cérémonie (Source : Swedish Film Institute, 2020 ; Academy of Motion Picture Arts and Sciences, 2020)
Critique sur Charter
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Charter figurent Alice, interprété par Ane Dahl Torp, Vincent, interprété par Troy Lundkvist et Elina, interprété par Tintin Poggats Sarri. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.












