“Ce qui ne te tue pas...”
Sans frapper est un film documentaire d’une durée d’environ 1 h 25, réalisé et scénarisé par la cinéaste belge Alexe Poukine, et produit par les sociétés Alter Ego, Centre Vidéo de Bruxelles et Take Five. (Source : IMDb, 2019 ; Wikipédia, 2025 ; Cineuropa, 2022) Le film est majoritairement identifié comme une production belge, coproduite avec la France, et s’inscrit dans le cadre d’un financement associant plusieurs institutions, dont le CNC, la Procirep, Angoa-Agicoa, Ciclic et le Centre du cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles. (Source : Cineuropa, 2022) Tourné en français, il porte à l’écran l’histoire d’Ada, rencontrée par la réalisatrice en 2013 à l’issue d’une projection de son premier film, lorsque cette dernière lui confie un récit survenu neuf ans plus tôt dont elle ne sait que faire. (Source : Cineuropa, 2022 ; Tënk, 2022)
Le film a été présenté dans les circuits de festivals avant d’obtenir une sortie en salles en France le 9 mars 2022, distribuée par La Vingt-Cinquième Heure, tandis que sa fabrication remonte à 2019, date souvent mentionnée comme année de production. (Source : Cineuropa, 2022 ; AlloCiné, 2022) Cette double temporalité – production en 2019, diffusion en salles en 2022 – reflète un parcours fréquent pour les documentaires d’auteur européens, qui circulent d’abord dans les manifestations spécialisées avant d’accéder au réseau de distribution. (Source : Cineuropa, 2022) À l’international, le film est présenté sous le titre anglais That Which Does Not Kill, ce qui insiste sur la dimension de survivance et de reconstruction suggérée par le projet, sans pour autant infléchir le dispositif documentaire centré sur le récit et sa circulation. (Source : Cineuropa, 2022)
Synopsis et enjeux narratifs
Le point de départ narratif de Sans frapper repose sur le témoignage d’Ada, 19 ans, qui raconte un dîner chez un garçon qu’elle connaît, au cours duquel elle subit des violences sexuelles répétées en l’espace de quelques jours. (Source : AlloCiné, 2022 ; IMDb, 2019) Le film décrit comment son corps est meurtri et comment son esprit se trouve fragmenté, dans l’incapacité immédiate de nommer ce qui s’est passé ni de se positionner face aux événements. (Source : AlloCiné, 2022 ; Tënk, 2022) En parallèle, le récit d’Ada se voit progressivement relayé, repris et incarné par d’autres personnes – hommes et femmes – qui lisent, disent et interprètent son texte, créant un chœur de voix qui fait apparaître une « même sale histoire », banale et pourtant insensée, sous différents angles. (Source : AlloCiné, 2022 ; Tënk, 2022)
Ce dispositif narratif détourne le schéma classique du témoignage direct face caméra, jugé inadapté par la réalisatrice et par Ada au moment de la conception du film. (Source : AlloCiné, article, 2022) Il met en lumière la manière dont un récit individuel peut résonner avec d’autres trajectoires, dans des contextes sociaux, de genre et d’âge variés, et comment la parole d’une personne trouve un écho dans un ensemble de récits qui la dépassent. (Source : AlloCiné, article, 2022 ; Tënk, 2022) Le film n’isole pas les faits dans une chronologie judiciaire ou policière, mais se concentre sur la perception intime de l’événement, sur les zones de doute, de non-dit et de sidération, ainsi que sur la difficulté à identifier une agression dans un contexte où l’agresseur fait partie du cercle de connaissances. (Source : Tënk, 2022 ; Cineuropa, 2022)
Dispositif formel et mise en scène
La mise en scène de Sans frapper se construit autour d’un dispositif hybride, qui emprunte à la fiction tout en restant ancré dans le documentaire. (Source : AlloCiné, article, 2022) Plutôt que de filmer Ada en prise de parole frontale, Alexe Poukine confie son texte à une série de comédiens et de participants, dont certains ont eux-mêmes des expériences en résonance avec le récit, afin de créer une polyphonie et de démultiplier les points de vue. (Source : AlloCiné, article, 2022) Lors du tournage, 28 personnes ont été filmées, même si seule une partie d’entre elles figure au montage final, ce qui souligne le travail de sélection et de construction orchestré en salle de montage par la réalisatrice et la monteuse Agnès Bruckert. (Source : AlloCiné, article, 2022 ; Cineuropa, 2022)
Le film joue sur les moments où les interprètes glissent de la lecture du texte d’Ada à l’expression de leurs propres émotions, lorsque le dispositif semble « déraper » et que les masques baissent. (Source : AlloCiné, article, 2022) Cette porosité entre le texte initial et les histoires personnelles nourrit l’ambition de rendre le récit plus universel, non pas en le diluant, mais en le faisant circuler entre des corps et des voix diverses. (Source : AlloCiné, article, 2022) La photographie, assurée par Elin Kirschfink, et le travail sonore accompagnent cette approche en privilégiant des cadres épurés et un rapport intime aux visages, qui mettent l’accent sur la parole, les silences et les réactions physiques des intervenants. (Source : Cineuropa, 2022) En conséquence, le film interroge aussi la notion même de dispositif documentaire, la réalisatrice estimant que toute captation filmée, même la plus classique, constitue déjà un dispositif à part entière. (Source : AlloCiné, article, 2022)
Contexte de production et diffusion
La fabrication de Sans frapper intervient dans un contexte marqué par la médiatisation croissante des violences sexuelles et par l’émergence du mouvement MeToo, même si la rencontre entre Alexe Poukine et Ada a lieu avant que ce mouvement ne devienne mondialement connu. (Source : AlloCiné, article, 2022 ; Tënk, 2022) Le tournage se déroule alors que l’affaire Weinstein occupe une place centrale dans l’espace public, créant ce que la réalisatrice décrit comme une urgence de parole pour de nombreuses victimes et témoins. (Source : AlloCiné, article, 2022) Les soutiens institutionnels obtenus auprès d’organismes français et belges témoignent d’un intérêt pour des formes documentaires abordant ces enjeux sociétaux à travers des dispositifs créatifs. (Source : Cineuropa, 2022)
Sur le plan de la diffusion, le film suit un parcours classique pour un documentaire d’auteur : circulation en festivals, visibilité sur des plateformes spécialisées comme Tënk, puis sortie en salles dans plusieurs territoires, dont la France à partir du 9 mars 2022. (Source : Tënk, 2022 ; Cineuropa, 2022 ; AlloCiné, 2022) Les informations publiées par Cineuropa indiquent un minutage de 83 minutes, tandis que d’autres sources, comme IMDb et Wikipédia, mentionnent 85 minutes, ce qui renvoie aux écarts fréquents entre durées annoncées selon les supports et versions. (Source : Cineuropa, 2022 ; IMDb, 2019 ; Wikipédia, 2025) À l’international, le film est relayé par le vendeur AndanaFilms, ce qui lui permet d’atteindre un public au-delà des frontières francophones, sous son titre anglais. (Source : Cineuropa, 2022)
Réception critique et place dans l’œuvre de la réalisatrice
La réception de Sans frapper dans la presse française apparaît globalement très favorable, AlloCiné indiquant une moyenne de presse de 4,0 sur 5, sur la base de plusieurs critiques de médias reconnus. (Source : AlloCiné, 2022) Les articles soulignent notamment l’originalité du dispositif, qui renouvelle le documentaire sociétal en recourant à la fiction pour porter la parole d’une victime, ainsi que la manière dont le film interroge les représentations du viol et de la domination masculine. (Source : AlloCiné, article, 2022) Sur IMDb, le film obtient une note de 6,9/10, sur un nombre modeste de votes, ce qui reflète une diffusion davantage ciblée vers un public cinéphile et festivalier. (Source : IMDb, 2019)
Dans la trajectoire d’Alexe Poukine, Sans frapper s’impose comme une étape importante, prolongeant un intérêt pour les récits intimes et les formes documentaires non strictement observationnelles, déjà perceptible dans ses travaux précédents. (Source : Cineuropa, 2022 ; Tënk, 2022) Le film se distingue par le choix de déléguer le récit à une pluralité de voix, en refusant de réduire l’expérience d’Ada à un témoignage isolé ou à une simple étude de cas. (Source : AlloCiné, article, 2022 ; Tënk, 2022) En s’inscrivant dans un moment où les récits de violences sexuelles occupent une place croissante dans le débat public, tout en conservant une approche formelle exigeante, l’œuvre occupe une place singulière dans le paysage du documentaire européen contemporain. (Source : Cineuropa, 2022 ; Tënk, 2022)
Critique sur Sans frapper
Où regarder en streaming Sans frapper
Sans frapper est disponible en streaming par abonnement sur DocAlliance Films et Tenk, à la location sur Amazon Video, VIVA by videofutur, Premiere Max, DocAlliance Films et Sooner et à l'achat sur Amazon Video, VIVA by videofutur, Premiere Max et Sooner. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Découvrez la distribution et l'équipe technique de Sans frapper, ainsi que les talents devant et derrière la caméra qui ont donné vie à ce film.










