“Ce que femme veut…”
Laurence Anyways retrace une décennie dans la vie de Laurence Alia, professeur de littérature à Montréal au début des années 1990, qui révèle à sa compagne Frédérique Bellair son désir de transition de genre pour vivre en tant que femme. Le couple affronte les préjugés familiaux et sociétaux au fil des ans, dans un contexte marqué par l'évolution des normes personnelles et collectives. Cette chronique intime explore les tensions d'une relation confrontée à une transformation identitaire profonde.
Synopsis détaillé
Le récit s'ouvre en 1989 à Montréal, où Laurence, écrivain et enseignant, confie à Fred, réalisatrice en herbe, son sentiment d'être une femme piégée dans un corps masculin. Leur union, jusque-là solide, se heurte aux défis de la transition : Laurence entame des démarches médicales et vestimentaires, provoquant rejets et incompréhensions chez leurs proches. Parallèlement, Fred poursuit sa carrière tout en naviguant entre amour et doutes personnels. (Source : IMDb, 2025)
La narration couvre dix ans, alternant moments d'intimité et conflits externes. Laurence perd son emploi suite à des remarques sur son apparence, tandis que Fred refuse initialement une vie publique ensemble. Des séparations et retrouvailles ponctuent leur parcours, jusqu'à une confrontation finale en 1999. Le film adopte un format fleuve de 168 minutes, privilégiant une fresque émotionnelle sur fond urbain québécois. (Source : Unifrance, 2024)
Des séquences stylistiques, comme une fête en robe extravagante pour Fred, soulignent les codes genrés bousculés. La bande-son, mêlant Tchaïkovsky à The Cure, accompagne les sauts temporels. Cette structure épique met en lumière les coûts relationnels d'une affirmation identitaire. (Source : Films Québec, 2012)
Équipe artistique
Xavier Dolan, né en 1989 à Montréal, réalise et écrit Laurence Anyways, son troisième long métrage après J'ai tué ma mère (2009) et Les Amours imaginaires (2010). À 22 ans, il assume également le rôle de producteur exécutif, avec un budget estimé à 8 millions de dollars canadiens. Le tournage s'étend de février à avril 2011 à Montréal et Charlevoix. (Source : Films Québec, 2012)
- Réalisateur et scénariste : Xavier Dolan
- Producteurs : Charles Gillibert, Nathanaël Karmitz, Lyse Lafontaine
- Directeur de la photographie : Yves Bélanger
- Monteuse : Xavier Dolan
- Musique : Divers artistes (Prokofiev, Moderat)
Melvil Poupaud incarne Laurence, Suzanne Clément prête ses traits à Fred, tandis que Nathalie Baye joue la mère Julienne. Monia Chokri et Jacques Lavallée complètent un casting majoritairement québécois et français. Dolan excelle dans la direction d'acteurs, extrayant des performances nuancées sur la complexité genrée. (Source : IMDb, 2025)
Production et technique
Financé par des entités françaises et canadiennes, le film bénéficie d'un soutien de MK2 et de Téléfilm Canada. Tourné en 35 mm au format 1.33:1, il privilégie une esthétique colorée et dynamique, avec Dolby Digital pour le son. Le budget de 8 à 10 millions de dollars reflète les ambitions visuelles de Dolan, incluant effets spéciaux et décors baroques. (Source : Films Québec, 2012)
La post-production, supervisée par Pierre Thériault, intègre une bande-son éclectique couvrant les années 1990. Des choix comme l'aspect ratio carré renforcent l'intimité claustrophobique des scènes familiales. Gus Van Sant figure parmi les producteurs exécutifs, signalant l'intérêt international précoce pour l'œuvre. (Source : IMDb, 2025)
Sorti en salles le 18 mai 2012 au Québec et en France, il engrange un recettes mondiales modestes de 399 784 dollars, malgré un investissement conséquent. Cette disparité souligne le positionnement festivalier du projet. (Source : The Numbers, 2013)
Présentation et distinctions
Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2012 ? Non, présenté en section Un certain regard, le film remporte la Queer Palm, décernée par un jury présidé par Julie Gayet. Suzanne Clément obtient le prix d'interprétation féminine dans la même section. Ces récompenses marquent la troisième présence cannoise consécutive de Dolan. (Source : Avoir-Alire, 2012)
- Queer Palm, Festival de Cannes 2012
- Prix d'interprétation féminine (Suzanne Clément), Un certain regard, Cannes 2012
- Autres mentions : Divers festivals LGBTQ+ internationaux
En parallèle, le film circule dans des rétrospectives, comme à la Cinémathèque québécoise. Ces honneurs soulignent son traitement des thèmes transgenres dans un cinéma d'auteur. (Source : Cinémathèque québécoise, 2025)
Accueil critique
Les Cahiers du Cinéma saluent une "double détente" entre style tapageur et ironie distante, notant l'universalité puisée dans l'intime. Le Monde évoque un "monstre déconcertant" mêlant baroque et mélo classique, avec primat du romanesque. Positif pointe une esthétique citant Almodóvar et Wong Kar-wai, tout en regrettant un excès de durée. (Source : Allociné Critiques Presse, 2012)
Première apprécie la "morgue bordélique" et le rythme renversant, tandis que Paris Match observe une sobriété ponctuée de fulgurances. Télérama décrit un "long poème d'amour fou" à combustion lente. Ces avis convergent sur le talent indécent de Dolan, malgré des excès stylistiques. (Source : Allociné Critiques Presse, 2012)
À l'étranger, Stanze di Cinema loue les performances de Poupaud et Clément pour leur minimalisme et intensité. L'accueil oscille entre fascination pour l'audace formelle et réserves sur l'indulgence autrice. (Source : Stanzedicinema, 2012)
Critique sur Laurence Anyways
Où regarder en streaming Laurence Anyways
Laurence Anyways est disponible en streaming par abonnement sur Molotov TV, Cine+ OCS Amazon Channel , SFR Play et Sooner, à la location sur Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek, ARTE VOD et Sooner et à l'achat sur Apple TV Store, Canal VOD, Pathé Home, Orange VOD, VIVA by videofutur, Premiere Max, LaCinetek et ARTE VOD. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Laurence Anyways figurent Laurence Alia, interprété par Melvil Poupaud, Fred Bellair, interprété par Suzanne Clément et Julienne Alia, interprété par Nathalie Baye. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.































