Une jeune femme sénégalaise quitte Dakar pour suivre ses employeurs français en France, emportant avec elle l'espoir d'une vie meilleure. Ce premier long métrage d'Ousmane Sembène met en scène le déracinement et les désillusions d'une migrante confrontée à un environnement hostile. Adapté d'une nouvelle de l'auteur, le film explore les tensions post-coloniales à travers une narration sobre et incisive. (Source : Wikipédia, 2024 ; IMDb, 2024)
Synopsis détaillé
Diouana, originaire d'un village proche de Dakar, cherche du travail dans la capitale sénégalaise peu après l'indépendance du pays. Elle est engagée comme bonne par un couple français, Monsieur et Madame, qui lui proposent de les accompagner à Antibes. Enthousiaste à l'idée de découvrir la France, elle offre un masque africain en signe de gratitude.
Sur place, la réalité s'avère bien différente : Diouana est confinée dans l'appartement, traitée comme une domestique exploitée, privée de sorties et exposée au mépris de ses patrons. Lors d'un dîner avec des amis du couple, elle est présentée comme une curiosité exotique, renforçant son sentiment d'aliénation. Isolée et désespérée, elle met fin à ses jours dans la salle de bains, laissant le masque comme symbole accusateur. (Source : Wikipédia, 2024)
Fiche technique
La Noire de... est réalisé, écrit et produit par Ousmane Sembène, avec une durée de 65 minutes. Tourné en noir et blanc au format 35 mm, le film est une coproduction franco-sénégalaise entre Filmi Domirev et Les Actualités Françaises. La photographie est signée Christian Lacoste, le montage par André Gaudier.
Sorti au Sénégal en 1966, sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes la même année, puis en France le 5 avril 1967. Une version restaurée est ressortie en salles le 9 octobre 2024. Le long métrage marque les débuts au cinéma du réalisateur sénégalais. (Source : Wikipédia, 2024 ; CinéCran, 2025)
- Réalisation et scénario : Ousmane Sembène
- Photographie : Christian Lacoste
- Montage : André Gaudier
- Production : André Zwoboda
- Distribution : Mbissine Thérèse Diop (Diouana), Anne-Marie Jelinek (Madame), Robert Fontaine (Monsieur), Momar Nar Sene (petit ami de Diouana)
Contexte de production
Ousmane Sembène adapte sa propre nouvelle extraite du recueil Voltaïque, publié en 1962 et inspiré d'un fait divers réel. Ce film, son premier en long métrage après des courts métrages comme Borom Sarret (1963), est tourné dans un contexte d'indépendance récente du Sénégal (1960). Sembène, ancien docker et autodidacte, vise à créer un cinéma africain engagé, accessible en wolof et français.
Financé partiellement par des fonds français, le tournage alterne entre Dakar et la Côte d'Azur, capturant les contrastes entre les deux mondes. Mbissine Thérèse Diop, mannequin découverte par Sembène, incarne Diouana dans sa première rôle. Par ailleurs, cette œuvre s'inscrit dans l'émergence du cinéma africain des années 1960. (Source : Wikipédia, 2024 ; Madinin'Art, 2024)
Réception et distinctions
La Noire de... obtient le Prix Jean-Vigo en 1966, récompensant son audace formelle et thématique. Il remporte également le Tanit d'or aux Journées cinématographiques de Carthage et le Prix du meilleur long métrage au premier Festival mondial des arts nègres (FESMAN) à Dakar. Sélectionné à Cannes, il marque les esprits par sa critique du néocolonialisme.
Sur IMDb, la note s'établit à 7,4/10 basée sur plus de 7 000 votes ; AlloCiné rapporte une moyenne spectateurs de 3,9/5. Une restauration récente en 2024 a permis une nouvelle diffusion, soulignant son actualité face aux débats migratoires. Les Cahiers du cinéma et Libération en ont salué la puissance intemporelle. (Source : IMDb, 2024 ; Wikipédia, 2024 ; OpenEdition Journals, 2024)
- Prix Jean-Vigo 1966 (Source : Wikipédia, 2024)
- Tanit d'or, Journées de Carthage 1966 (Source : Wikipédia, 2024)
- Prix meilleur long métrage, FESMAN 1966 (Source : Wikipédia, 2024)
Héritage et influence
Premier long métrage africain projeté en Europe, La Noire de... pose les bases du cinéma postcolonial sénégalais. Sembène y dénonce l'exploitation des femmes africaines par les élites et les anciens colonisateurs, un thème récurrent dans son œuvre comme Xala (1975) ou Ceddo (1977). Le film influence des réalisateurs comme Jean-Pierre Bekolo ou des documentaristes sur la diaspora.
En 2024, sa ressortie coïncide avec une reconnaissance accrue : projection à la Cinémathèque française et débats sur le racisme systémique. Critiques dans Téléciné (1967) et Cinémaction (1985) en soulignent la modernité narrative. Cette œuvre reste un jalon du patrimoine cinématographique africain, étudiée dans les universités. (Source : OpenEdition Journals, 2024 ; Madinin'Art, 2024)
Accueil critique contemporain
Les retours récents insistent sur la pertinence du film face à l'actualité migratoire et nationaliste. OpenEdition Journals note son regard acéré sur le colonialisme persistant, via l'opposition spatiale entre Dakar et Antibes. Madinin'Art y voit un réquisitoire contre l'hypocrisie des élites africaines imitant les colonisateurs.
Avec 93% de critiques positives sur Rotten Tomatoes (via Apple TV), il est salué pour sa sobriété et son impact émotionnel. La performance de Mbissine Thérèse Diop est unanimement louée pour sa profondeur. En France, Libération et Le Monde en 2024 rappellent son statut de classique intemporel. (Source : Apple TV, 2024 ; OpenEdition Journals, 2024)
Critique sur La Noire de...
Où regarder en streaming La Noire de...
La Noire de... est disponible en streaming par abonnement sur Outbuster Amazon Channel, MUBI et MUBI Amazon Channel, à la location sur LaCinetek et à l'achat sur LaCinetek. Consultez chaque plateforme pour connaître les offres et tarifs actuellement proposés.
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de La Noire de... figurent Diouana, interprété par Mbissine Thérèse Diop, Madame, interprété par Anne-Marie Jelinek et Monsieur, interprété par Robert Fontaine. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.











