Carne, moyen-métrage français réalisé par Gaspar Noé en 1991, suit un boucher chevalin de la banlieue parisienne qui élève seul sa fille muette. La vie quotidienne dans la boucherie et l'appartement adjacent bascule après un malentendu tragique lié aux premières règles de l'adolescente. Ce film de 38 à 40 minutes pose les bases d'une exploration des pulsions humaines dans un univers ouvrier grisâtre.
Fiche technique
Réalisé, écrit et produit par Gaspar Noé via sa société Les Cinémas de la Zone, Carne a été tourné en 16 mm CinemaScope, agrandi en 35 mm pour la projection. La photographie est signée Dominique Colin, le son par Olivier Le Vacon, et le montage par Lucile Hadžihalilović. Sorti en 1991, ce drame-thriller d'une durée de 40 minutes est interdit aux moins de 16 ans en France (Source : Wikipédia français, 2023 ; Wikipedia anglais, 2023).
Les sociétés impliquées incluent Flagrant Délit Productions et Canal+. Le film utilise des plans fixes anxiogènes et des sons martelés, évoquant le rythme des abattoirs. Une version instrumentale de Ahwak de Mohammed Abdel Wahab accompagne une scène clé (Source : Wikipedia anglais, 2023).
- Réalisation et scénario : Gaspar Noé
- Image : Dominique Colin
- Montage : Lucile Hadžihalilović
- Durée : 38-40 minutes
- Pays : France
Distribution
Philippe Nahon incarne le boucher, un rôle qui deviendra récurrent chez Noé. Blandine Lenoir, âgée de 15 ans au tournage, joue la fille muette. Frankye Pain interprète la maîtresse du boucher, tandis qu'Hélène Testud est la bonne (Source : Wikipedia anglais, 2023 ; IMDb, 2023).
Parmi les seconds rôles figurent Marie Berto en mère de Cynthia, Michel Berto en avocat, et Salem Abdoune en boucher musulman. Nahon impose une présence physique brute, adaptée au personnage isolé. Les apparitions sont minimales, centrées sur l'essentiel (Source : Wikipédia français, 2023).
- Philippe Nahon : Le boucher
- Blandine Lenoir : La fille du boucher
- Frankye Pain : La maîtresse du boucher
- Hélène Testud : La bonne
- Lucile Hadžihalilović : Infirmière
Synopsis
Un boucher chevalin de la Villette élève seul sa fille muette, née d'une relation brève avec une ouvrière. Il gère la boucherie et l'appartement voisin, lavant encore l'adolescente comme un bébé. Les années passent dans cette routine, jusqu'au jour des premières règles de la jeune fille (Source : Semaine de la Critique Cannes, 2023 ; Unifrance, 2016).
Paniquée, elle accourt chez son père, tachée de sang. Celui-ci, dans un accès de rage, croit à un viol par un ouvrier arabe et le poignarde. Emprisonné, il vend tout et perd contact avec sa fille, placée en foyer (Source : Wikipedia anglais, 2023).
Libéré, traumatisé par la prison, il travaille dans un café, entame une relation avec la patronne enceinte. Une visite à la fille en hôpital psychiatrique clôt cette descente. Le récit préfigure Seul contre tous de 1998 (Source : AlloCiné, 2023).
Production et genèse
Gaspar Noé réalise Carne peu après sa sortie de l'école Louis-Lumière, avec des moyens modestes fournis par sa société Les Cinémas de la Zone, cofondée avec Lucile Hadžihalilović. Tourné en 1990, le film capture les abattoirs parisiens et les banlieues ouvrières des années 1980-1990. Noé opte pour une esthétique crue, avec des gros plans sur la viande et le sang (Source : Arte.tv, Olivier Père, 2021 ; La Veilleuse du Festival, 2016).
Philippe Nahon est choisi pour sa "gueule" et sa voix uniques, marquant le début d'une collaboration fétiche. Blandine Lenoir, novice, apporte une présence muette essentielle. Le tournage privilégie l'authenticité, sans fioritures hollywoodiennes (Source : Wikipedia anglais, 2023).
Ce projet indépendant annonce les thèmes noéens : violence prolétaire, racisme latent, pulsions incestueuses. Produit hors circuit traditionnel, il bénéficie d'un soutien de Canal+ (Source : Wikipédia français, 2023).
Festivals et distinctions
Sélectionné à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 1991, Carne remporte le Prix SACD du meilleur court métrage, le Prix Georges Sadoul et le Prix Très Spécial. Ces distinctions propulsent Noé sur la scène internationale (Source : Semaine de la Critique Cannes, 2023 ; Wikipedia anglais, 2023).
Autres prix incluent le Prix Tournage au Festival d'Avignon 1991 et le meilleur acteur pour Philippe Nahon à Clermont-Ferrand 1992. Sélectionné à Fantasporto 1992, il connaît une sortie en salles en France, rare pour un moyen-métrage (Source : Wikipédia français, 2023 ; IMDb Awards, 2023).
- Prix SACD, Semaine de la Critique Cannes 1991
- Prix Georges Sadoul et Très Spécial, Cannes 1991
- Prix Tournage, Avignon 1991
- Meilleur acteur (Nahon), Clermont-Ferrand 1992
Réception et postérité
Carne suscite des réactions polarisées : dégoût ou admiration pour sa violence crue et son regard sur la misère sociale. Critiques saluent un "cinéma d'horreur prolétaire" filmant grisaille urbaine et instincts bas (Source : Arte.tv, Olivier Père, 2021).
Le film influence, cité dans l'épisode 4 saison 2 de The Wire. Il ouvre la voie à la distribution théâtrale de courts métrages en France et marque l'émergence de Noé. Réédité en lien avec Seul contre tous, il reste une référence du cinéma indépendant des années 1990 (Source : Wikipedia anglais, 2023 ; La Veilleuse du Festival, 2016).
En parallèle, Nahon gagne une notoriété, notamment au Japon. L'œuvre documente un France périphérique intolérante, sans prêche moralisateur (Source : Arte.tv, 2021).
Critique sur Carne
Casting et distribution
Parmi les rôles crédités de Carne figurent The Butcher, interprété par Philippe Nahon, Cynthia, interprété par Blandine Lenoir et Cynthia's Mother, interprété par Marie Berto. Consultez les fiches des personnages, puis l'ensemble de la distribution et de l'équipe technique.











